Metall FR
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Prévention de la
pollution dans le
sous-secteur de l'usinage
des métaux
production
PROPRE
Centre d'activités régionales pour la production propre (CAR/PP)
Plan d'action pour la Méditerranée
PNUE
PAM
Ministère de l’Environnement
Espagne
Gouvernement de la Catalogne
Ministère de l’Environnement
et du Logement
Prévention de la
pollution dans le
sous-secteur de l'usinage
des métaux
PNUE
PAM
Ministère de l’Environnement
Espagne
Gouvernement de la Catalogne
Ministère de l’Environnement
et du Logement
Note : Cette publication peut être reproduite intégralement ou
partiellement à des fins pédagogiques et non lucratives sans
autorisation spéciale du Centre d’activités régionales pour la
production propre (CAR/PP), à condition que sa source soit
proprement mentionnée. Le CAR/PP serait reconnaissant de
recevoir un exemplaire de toutes les publications qui ont utilisé ce
matériel comme source.
1. INTRODUCTION ..................................................................................................................................7
1.1. ANTECEDENTS..........................................................................................................7
1.2. LES OBJECTIFS ET LA STRUCTURE.......................................................................8
1.3. LA METHODOLOGIE..................................................................................................9
5
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
6
1. INTRODUCTION
1.1. Antécédents
Le sous-secteur de l’usinage du métal appartient à un secteur industriel plus vaste, celui de la
métallurgie dans lequel on distingue deux grandes activités, la production et première transformation
de métaux et la fabrication de produits métalliques.
La seconde grande activité, la fabrication de produits métalliques, élabore des produits qui constituent
la matière première d’autres secteurs industriels (produits métalliques intermédiaires), ou donne lieu à
des produits préparés pour la consommation (produits métalliques finaux). Les entreprises incluses
dans cette activité industrielle réalisent surtout des processus de déformation métallique, d’usinage et
de finissage.
Ce manuel se centre sur les activités de fabrication de produits métalliques et exclut les processus de
finissage ayant trait au traitement de surfaces.
Il faut tenir compte de l’impact environnemental lié à l’activité industrielle d’usinage du métal. Le plus
remarquable correspond à l’utilisation de fluide de coupe dans les processus de façonnage, ce qui
crée des fluides de coupe usés, des eaux huileuses, des résidus métalliques imprégnés de ce fluide,
etc.
L’augmentation de la prise de conscience sociale en matière d’environnement de ces dernières
années s’est traduite, d’une part, par une plus forte pression législative et, d’autre part, par une
poussée d’initiatives ayant pour objectif de promouvoir des actions en vue de la minimisation des
impacts environnementaux et, en général, pour la préservation de l’environnement.
C’est dans ce contexte que naît en 1975 le Plan d’action pour la protection et le développement du
bassin méditerranéen (PAM), afin de protéger et d’améliorer l’environnement et de promouvoir le
développement durable dans la région méditerranéenne. Les pays faisant actuellement partie du PAM
sont au nombre de 21 : l’Albanie, l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, Chypre, la Croatie, l’Égypte,
l’Espagne, la France, la Grèce, Israël, l’Italie, le Liban, la Libye, Malte, le Maroc, Monaco, la Serbie et
le Monténégro, la Slovénie, la Syrie, la Tunisie et la Turquie.
El Plan dispose de six Centres d’activité régionale (CAR). Chacun s’occupe d’un domaine thématique
déterminé. En 1996, le Centre per a l’Empresa i el Medi Ambient (Centre pour l’Entreprise et
l’Environnement) (CEMA) a été sélectionné comme Centre d’activité régionale pour la production
propre (CAR/PP) et, depuis lors, il fait connaître les meilleures pratiques environnementales et les
technologies adéquates afin de faire diminuer la pollution produite par les industries du bassin
méditerranéen.
Les faits précédents ont poussé le CEMA - CAR/PP à élaborer un manuel de prévention intégré de la
pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal, manuel qui reprend les mesures disponibles
dans ce secteur afin de promouvoir auprès des entreprises l’application de pratiques, de techniques et
de technologies orientées vers la prévention à la source des impacts environnementaux dérivés de
leur activité.
7
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Le manuel est divisé en six chapitres dont nous décrivons brièvement le contenu ci-dessous.
Chapitre 1. Introduction
Ce chapitre présente les antécédents qui justifient la rédaction de ce manuel, les objectifs et la
méthodologie suivie pour sa réalisation ainsi que sa structure.
8
Introduction
1.3. La méthodologie
9
2. LA DESCRIPTION DES PROCESSUS PRODUCTIFS DU
SOUS-SECTEUR DE L’USINAGE DU METAL ET LES
ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX ASSOCIES
Dans cette partie, nous décrivons les principaux processus productifs du sous-secteur, les matières
premières utilisées et les produits obtenus. À la fin de chaque point, nous mentionnons les aspects
environnementaux associés à chaque processus qui sont traités en profondeur dans le chapitre
suivant.
Les processus décrits dans ce manuel sont utilisés dans la phase de fabrication de produits
intermédiaires. De ce fait, dans le titre du manuel, nous employons le terme de « sous-secteur de
l’usinage du métal » au sens large du mot, c’est-à-dire en incluant aussi bien les techniques de
déformation que celles d’usinage. C’est ainsi que nous avons considéré intéressant de décrire aussi
les traitements thermiques (revenu, trempe et recuit) qui accompagnent généralement les processus
dont parle ce manuel.
La déformation consiste à modifier, par ductilité, la forme d’un corps solide afin d’obtenir une pièce
finie, sans qu’il y ait enlèvement de copeaux. Il existe différentes techniques pour façonner les métaux
par déformation. Les plus courantes sont les suivantes :
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Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Le laminage à froid
Le tréfilage à froid
L’étirage à froid
L’emboutissage et la découpe à l’emporte-pièce
Le façonnage de profils par pliage
D’autre part, l’usinage consiste à modifier la forme et la taille d’une pièce métallique en enlevant les
couches excédentaires et en utilisant pour cela des machines-outils dans le but d’obtenir une pièce
finie. Cette technique est utilisée lorsque l’on veut obtenir des surfaces de pièces très précises et
lisses. Les différents processus d’usinage sont traités de manière globale dans le point 2.8. du manuel
afin d’éviter des répétitions dans la description des matières premières utilisées et les aspects
environnementaux associés.
L’utilisation d’huiles et de lubrifiants, communément appelés fluides de coupe, est très étendue dans
les techniques de déformation métallique telles que le laminage à froid et le tréfilage à froid ainsi que
dans les opérations d’usinage en général. Concrètement, l’utilisation de ces fluides apporte au
système :
• La lubrification
Le fluide diminue la friction qui se produit entre la surface d’incidence de l’outil et la surface de
la pièce, il réduit ainsi la force nécessaire pour façonner la pièce et améliorer le finissage
superficiel.
• La réfrigération
Le frottement entre la pièce et la machine-outil crée une augmentation de température qui est
freinée par l’utilisation du fluide qui agit comme réfrigérant et qui, en même temps, évite la
détérioration prématurée de l’outil.
Les fluides de coupe sont composés d’huile (minérale, végétale ou synthétique) et de composés
chimiques (additifs) utilisés pour améliorer leurs propriétés. Les principaux additifs, ainsi que leurs
fonctions, sont énumérés sur le tableau ci-dessous.
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Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Source : Données extraites du Libro Blanco para la minimización de residuos y emisiones. Mecanizado del Metal,
IHOBE, S. A. et du site web de la Fundación sindical autónoma de la Confederación Sindical de Comisiones
Obreras (CCOO) (Fondation syndicale autonome de la Confédération syndicale de Commissions ouvrières).
Outre les huiles et les additifs, les fluides de coupe peuvent aussi être émulsionnés avec de l’eau. En
fonction de leur contenu en eau, les fluides de coupe sont classés en fluide de coupe aqueux et en
fluides non-aqueux ou huiles de coupe. À leur tour, les fluides de coupe aqueux se divisent en
émulsions minérales, solutions synthétiques et émulsions semisynthétiques comme on peut l’observer
sur la figure 1.
Schéma 1
LA CLASSIFICATION DES FLUIDES DE COUPE
- Émulsion minérale
Fluides de coupe aqueux - Solution synthétique
- Émulsion semisynthétique
Fluides de coupe
Dans le tableau 2, nous reprenons la proportion approximative d’eau, d’huile et d’additifs de chaque
fluide de coupe :
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Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Source : Données extraites du Libro Blanco para la minimización de residuos y emisiones. Mecanizado del metal,
IHOBE, S. A.
Le choix du type de fluide de coupe qui sera le mieux adapté dépend des exigences et des besoins de
chaque processus. La principale propriété apportée par les émulsions d’huile est la lubrification, de
sorte que leur utilisation s’étend surtout aux opérations de laminage à froid et d’emboutissage.
D’autre part, les émulsions semisynthétiques sont utilisées pour les opérations dans lesquelles la
lubrification est aussi importante que la réfrigération comme, par exemple, les opérations de fraisage
et de tournage.
Enfin, les solutions synthétiques s’appliquent dans des processus tels que la rectification, dans lequel
la fonction réfrigérante du fluide de coupe aqueux est prioritaire.
Les matières premières employées pour le processus sont en général des bobines de produits plats
(bandes) laminées à chaud et les produits typiques ainsi obtenus sont des bandes, des tôles fines, du
fer noir et des aciers plats au carbone ou inoxydables.
Les bobines que l’on va traiter peuvent être en acier faiblement allié et en acier allié (acier au
carbone) ou en acier fortement allié (acier inoxydable). En fonction de la qualité de l’acier traité la
séquence du processus varie, nous la décrivons ci-dessous.
Dans le cas du processus pour acier faiblement allié et l’acier allié (aciers au carbone), avant le
laminage à froid, il est nécessaire de réaliser un décapage du matériel de base avec de l’acide
chlorhydrique, sulfurique ou un mélange d’acide nitrique et fluorhydrique afin d’éliminer la couche
d’oxyde formée au cours du laminage à chaud. Une fois le décapage du matériel initial réalisé, on le
lamine puis on effectue un processus de recuit afin de rétablir la ductilité de la bande d’acier perdue
pendant le processus de laminage. Par la suite, on procède au laminage de revenu ou laminage à
effet superficiel (« skin pass ») afin de donner au métal recuit le finissage superficiel requis.
Finalement on soude ou l’on coupe des bobines de longueurs différentes selon le produit demandé et
on procède à son empaquetage.
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Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Schéma 2
LE PROCESSUS DE LAMINAGE A FROID POUR ACIERS AU CARBONE
LAMINAGE À CHAUD
LAMINAGE À
Bobines DÉCAPAGE FROID RECUIT REVENU
FINISSAGE
Le processus de laminage d’acier fortement allié (acier inoxydable) présente une séquence
similaire, sauf en ce qui concerne l’inclusion de certaines démarches supplémentaires :
• Le recuit initial, antérieur au décapage, à cause de la plus grande dureté de l’acier inoxydable
par rapport à l’acier au carbone.
• Le décapage additionnel dans le cas où le recuit final du matériel le demande. Cette
démarche additionnelle est nécessaire lorsque l’opération de recuit se fait dans une
atmosphère riche en oxygène, connue comme recuit brillant, qui provoque la formation d’une
couche superficielle d’oxyde qu’il faut éliminer.
Schéma 3
LE PROCESSUS DE LAMINAGE A FROID POUR ACIER INOXYDABLE
LAMINAGE À CHAUD
DÉCAPAGE
REVENU
FINISSAGE
L’autre manière se fait dans des laminoirs continus en ligne, de sorte que la bande est réduite à
l’épaisseur désirée en un seul passage à travers la ligne de laminoirs.
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Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Dans le cas de matériaux composés d’aciers au carbone, si le contenu en carbone de l’acier est
faible (aciers moins durs), les laminoirs utilisés sont en continu.
Concrètement, on utilise des trains à plusieurs boîtes de type tandem car leur capacité de production
est supérieure. Ces trains sont formés d’un ensemble de boîtes de quatre ou six rouleaux superposés.
Dans les trains, le matériel se déplace continuellement de boîte en boîte, sa section est
progressivement réduite jusqu’à obtenir l’épaisseur souhaitée dans la dernière boîte.
Le reste des aciers au carbone se façonnent dans des laminoirs en discontinu qui ne possèdent
qu’une seule boîte avec plusieurs rouleaux qui laminent le matériel par plusieurs passages dans la
même machine. Dans ce cas, il faut chaque fois réintroduire la bande dans le laminoir.
Dans le laminage en discontinu, cette émulsion s’applique à l’aide de buses de pulvérisation sur les
rouleaux et la bande. Par contre, le laminage en continu permet d’installer plusieurs systèmes
d’émulsion indépendants. Il est donc possible d’appliquer une émulsion spéciale dans la dernière
boîte afin d’augmenter l’effet de nettoyage. Cette émulsion spéciale peut contenir un détergent ou une
proportion peu élevée d’huile, d’1 % environ.
Il faut prendre des précautions afin d’éviter la pollution des émulsions par les huiles des machines, de
la graisse ou de l’eau de refroidissement, afin de maintenir à tout moment la surface des bandes la
plus propre possible. Ces précautions peuvent consister, entre autres, dans le contrôle régulier de
l’équipement hydraulique et des coussinets de la machine ou dans le monitorage de paramètres de
l’émulsion comme le pH, l’indice de saponification, la concentration d’acide, etc.
L’utilisation de ces émulsions crée des eaux résiduaires qui peuvent contenir de l’huile et des solides
en suspension, ce qui fait qu’elles doivent être traitées dans des centrales de séparation d’émulsions.
Dans ces centrales, on obtient des boues avec de l’huile.
Le processus de laminage à froid demande de l’énergie. Cette dernière est généralement électrique,
bien que les trains de laminage tandem avec système d’émulsion peuvent aussi utiliser de l’énergie
sous forme de vapeur pour chauffer l’émulsion.
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Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Schéma 4
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU LAMINAGE D’ACIERS AU CARBONE
ÉNERGIE Vapeur
Électrique
HUILE DE LAMINAGE
Poussière
ÉMISSIONS
Hydrocarbures
Huile
AGGLUTINATION DE BOUE
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la
Industria de Proceso de Metales Férreos.
Le processus de laminage pour aciers fortement alliés (acier inoxydable) est pratiquement le
même que celui qui est décrit précédemment, à l’exception de certaines différences.
La plus remarquable réside dans le fluide de coupe utilisé qui, d’habitude, est de l’huile minérale de
laminage. Pour que le fonctionnement du processus soit bon, il faut en contrôler strictement la
propreté, grâce à des circuits de filtrage d’huile ou des systèmes semblables.
De même que ce qui a été décrit pour l’acier au carbone, dans le laminage d’acier inoxydable on
consomme un fluide de coupe, ce qui fait que les aspects environnementaux dérivés de son emploi
sont semblables. Il faut mentionner que les circuits de filtrage d’huile précédemment cités créent en
outre un autre type de résidu, les moyens de filtrage pollués par huile.
De toute façon, on peut aussi utiliser des systèmes de refroidissement avec des émulsions
semblables à celles utilisées pour les aciers au carbone. Dans ce cas, il faut prendre des précautions,
comme celles exposées pour les aciers au carbone afin d’obtenir une propreté correcte de l’huile.
Il y a également des émissions de particules d’huile, c’est pourquoi les laminoirs sont équipés de
hottes d’extraction continue afin d’éliminer cette brume d’huile.
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Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Schéma 5
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU LAMINAGE D’ACIER INOXYDABLE
ÉNERGIE (électrique))
HUILE (minérale)
EAUX RÉSIDUAIRES
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
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Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Selon le type d’acier, le fil de fer obtenu est utilisé pour façonner différents produits : des fils de fer
pour ressorts, des cordes de piano, des grillages, des filets, etc.
Les démarches suivies dans le processus de tréfilage du fil de fer sont semblables à celles du
processus de laminage à froid :
Le tréfilage sec s’utilise pour obtenir un fil de fer d’un diamètre d’entre 1 et 2 mm ou même inférieur.
Le matériel de départ est le fil-machine de plus de 5,5 mm de diamètre. Ce dernier se déplace à
travers une série de filières au diamètre décroissant, ce qui permet une réduction progressive de son
épaisseur initiale.
Au cours de ce processus, le fil-machine est imprégné, avant le tréfilage, dans un lubrifiant sec. Ce
lubrifiant est généralement à base de savon, bien qu’on utilise parfois des pâtes ou des huiles qui ont
la même fonction.
Le processus produit un réchauffement du fil de fer et de la filière à cause de la friction, ce qui fait qu’il
faut utiliser de l’eau de réfrigération pour les refroidir.
Les principaux aspects environnementaux du processus de tréfilage à sec sont associés au lubrifiant
utilisé, à l’émission de poussière de savon, à l’eau de réfrigération consommée et aux résidus de
filières cassées. On peut récupérer et filtrer la poussière de savon qu’il y a dans l’air extrait.
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Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Schéma 6
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU TREFILAGE A SEC
ÉNERGIE (électrique)
EAU DE RÉFRIGÉRATION
Fil-machine
TRÉFILAGE À FROID Fil de fer
(MANIÈRE SÈCHE)
EAU DE RÉFRIGÉRATION
FILIÈRES CASSÉES
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
Dans le tréfilage humide, le matériel de base présente un diamètre de 1 à 2 mm, on obtient ainsi un
produit fini de section inférieure.
Dans ce processus, on fait aussi passer le fil de fer par une série de filières, mais dans ce cas, le fil de
fer, les filières et les cabestans sont directement submergés dans le liquide lubrifiant afin d’apporter
une meilleure lubrification et un plus grand refroidissement.
Pour le tréfilage humide, on utilise d’habitude des émulsions aqueuses de savon ou d’huile, qui sont
polluées au cours du processus lorsqu’ils emportent les produits présents lors des démarches
précédentes, ce qui fait qu’il est nécessaire de changer le lubrifiant assez souvent.
Étant donné que le lubrifiant absorbe la chaleur produite au cours de l’opération, il faut le refroidir avec
de l’eau.
Outre le lubrifiant consommé et l’eau de refroidissement, on trouve d’autres sources de résidus tels
que les filières cassées.
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Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Schéma 7
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU TREFILAGE HUMIDE
ÉNERGIE (électrique)
Eau de refroidissement
EAU
Eau de dilution pour le lubrifiant
EAU DE RÉFRIGÉRATION
FILIÈRES CASSÉES
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
Le matériel de base sont des barres en acier qui ont été, au préalable, laminées à chaud. Le produit
qui est obtenu lors du processus d’étirage sont des « barres en acier poli », possédant le profil et les
caractéristiques demandés par les utilisateurs et dont la section transversale est normalement carrée,
rectangulaire ou hexagonale, bien qu’il soit possible de produire des sections différentes selon la
demande.
Ces profils peuvent avoir plusieurs utilités. Par exemple, les profils hexagonaux s’utilisent pour
fabriquer des vis et des écrous. Les profils de formes variées servent, normalement, à fabriquer des
pièces à l’unité en coupant transversalement la barre.
Les produits déjà façonnés sont utilisés par les industries de l’automobile, les machines, dans la
construction, pour les appareils électriques et les autres secteurs pour lesquels le matériel doit être de
grande qualité.
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Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Les phases du processus d’étirage sont semblables à celles du processus de tréfilage. En premier
lieu, on réalise un décapage du matériel pour éliminer la saleté et les oxydes superficiels. Puis a lieu
l’étirage. Ce processus durcit et augmente la résistance à la traction de l’acier en même temps qu’il
réduit sa ductilité. C’est pourquoi, selon le produit demandé, il faut entreprendre une étape de recuit
après l’étirage à froid. On arrive finalement au processus de finissage durant lequel on redresse et on
polit la barre et on coupe l’extrémité affilée.
Les aspects environnementaux dont il faut tenir compte dans ce processus sont très semblables à
ceux mentionnés pour le tréfilage à froid. On utilise aussi du lubrifiant afin de faciliter le processus,
raison pour laquelle l’un des principaux courants résiduaires créé est le lubrifiant utilisé. Il faut aussi
mentionner les résidus produits par la coupe de l’extrémité affilée de la barre.
Schéma 8
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DE L’ETIRAGE A FROID
ÉNERGIE
LUBRIFIANT
Barres d’acier
laminées à chaud ÉTIRAGE À FROID Barres d’acier étirées
CHUTES
LUBRIFIANT UTILISÉ
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
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Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Le matériel de base est une plaque plane en forme de disque, de galet, de plat, etc. en fer, en
aluminium ou en laiton. Le produit final obtenu est la même plaque mais, au lieu d’être plate, elle a
pris une forme creuse ou concave. Au contraire de la découpe à l’emporte-pièce, ce procédé ne
permet pas de percer ou de découper la pièce initiale.
Si le matériel de base sont des plaques de fer, il faut un recuit préalable et un chauffage postérieur à
la découpe à l’emporte-pièce afin d’éliminer les possibles tensions internes.
Si le fragment découpé de la tôle est la pièce qui est utilisée, on parle de recoupe et, dans ce cas,
l’opération réalisée s’appelle coupe. Si le fragment qui est percé dans la tôle est le résidu, on crée
alors un trou et l’opération réalisée est le poinçonnage. Dans tous les cas la pièce finale a une taille
inférieure à la pièce initiale.
Dans ce type de déformation l’épaisseur de la tôle ne varie pas sauf dans les cas où il y a des reliefs
sur les recoupes. Dans ce cas on parle de monnayage, processus surtout employé pour la fabrication
de pièces de monnaie.
Le processus consiste à faire descendre le poinçon de façon à ce que la tôle entre dans l’espace cité,
de cette manière elle se déforme sans se casser. Une fois que la pièce a été déformée, l’extraction de
celle-ci se fait à l’aide d’un ressort lorsque le poinçon a cessé de faire pression.
Schéma 9
L’EMBOUTISSAGE DE METAUX
Poinçon d’emboutissage
Source : Schéma réalisé à partir de Tecnología de los oficios metalúrgicos, A. Leyensetter, 1987.
23
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Si, à l’aide du poinçon, on applique une force supérieure à celle que peut supporter la tôle, cette
dernière se casse. De toute façon on peut dépasser la déformation maximale que peut supporter la
tôle par des emboutissages successifs entre lesquels on intercale des recuits intermédiaires. Le
processus serait le suivant :
Les surfaces de la tôle, de l’étampe et du poinçon doivent toujours rester très lisses et correctement
lubrifiées. La fonction du lubrifiant est d’éviter le grippage du matériel contre la matrice et de diminuer
la force nécessaire à l'emboutissage. Les types de lubrifiants utilisés sont des eaux avec du savon et
des émulsions d’huiles végétales dans de l’eau.
Schéma 10
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU PROCESSUS D'EMBOUTISSAGE
ÉNERGIE
LUBRIFIANT
LUBRIFIANT UTILISÉ
24
Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Schéma 11
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU PROCESSUS DE DECOUPE A L’EMPORTE-PIECE
ÉNERGIE
Tôle
DÉCOUPE À L’EMPORTE- Tôle emboutie
PIÈCE
2.7.1. La description générale du processus de production de profils à froid par façonnage par
pliage
Ce processus consiste à modifier à l’aide de forces de flexion la forme du matériel de base afin
d’obtenir des pièces ayant un profil déterminé.
Le matériel de base sont des tôles, des tubes et des fils de fer qui, une fois le processus réalisé,
donnent naissance à des pièces ayant un profil déterminé.
Si l’on utilise comme matériel de base des tôles d’acier venant du laminage à chaud il est utile de
réaliser un décapage chimique préalable afin d’éliminer l’oxyde et, dans certaines occasions, un recuit
pour ramollir le matériel.
2.7.2. La description des opérations de production de profils à froid par façonnage par pliage
et les considérations environnementales.
Il existe différents processus pour obtenir des profils à froid par le biais du pliage en fonction de
l’outillage utilisé. Nous décrivons ci-dessous les plus significatifs :
Le pliage libre
On donne librement une forme à la pièce initiale par pliage à la main ou à la presse. Dans le cas
des incurvations de tubes, pour éviter qu’ils ne soient écrasés, il faut les remplir au préalable ou
bien utiliser un guide adéquat dans la machine d’incurvation des tubes.
Par le biais de cette technique, on réalise aussi l’arrondi et le cannelé. Dans l’arrondi, la pièce est
comprimée contre une zone ronde de l’étampe, en commençant par un des bords de la pièce de
manière à ce que cette dernière adopte la forme arrondie à l’aide d’une courbure graduelle. Dans
la cannelure, le poinçon produit un cannelé dans la pièce.
25
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Schéma 12
LES DIFFERENTS PROFILS OBTENUS PAR PLIAGE AVEC BIGORNE
En premier lieu, il faut plier une extrémité de la pièce, puis la pièce avec la courbure initiale est
introduite dans la partie inférieure de la matrice d’enroulement en plaçant le côté plié vers le haut
afin de procéder au pliage complet.
Schéma 13
LE PLIAGE PAR ENROULEMENT
Pièce initiale
Pièce finale
Source : Schéma réalisé à partir de Tecnología de los oficios metalúrgicos, A. Leyensetter, 1987.
Le profilage
Ce processus transforme progressivement une tôle plane en la bande profilée désirée par
glissement de cette dernière à travers une série de paires de rouleaux qui la font avancer tout en
la façonnant.
26
Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Dans le cas où l’on aurait effectué une recoupe de la pièce pour le façonnage définitif du profil, on
obtient du processus un résidu métallique.
Schéma 14
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU PROCESSUS DE PRODUCTION DE PROFILS
A FROID PAR FAÇONNAGE PAR PLIAGE
ÉNERGIE
Tôles
PRODUCTION DE PROFILS
Tubes À FROID PAR FAÇONNAGE
Fils de fer Pièces façonnées par pliage
PAR PLIAGE
RECOUPES
2.8. L’usinage
L’origine de l’usinage est la coupe du métal qui peut être réalisée manuellement ou par le biais d’une
machine-outil (l’usinage proprement dit).
- de lames,
- d’abrasifs,
- d’étincelles électriques,
- d’ultrasons,
- de faisceaux électroniques (ils volatilisent le matériel),
- d’électrolyse dirigée.
L’ébauchage
La finalité de ce type d’usinage est d’adapter les dimensions de la pièce à la dimension finale, le
matériel éliminé possède donc une taille de l’ordre de millimètres ou de dixièmes de millimètres.
27
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Le finissage
Dans ce cas, l’objectif est d’obtenir les mesures finales de la pièce et, en même temps, de
diminuer la rugosité de la surface ; le matériel éliminé est alors de l’ordre de centièmes de
millimètres.
Superfinissage ou rectification
On obtient des pièces ayant des dimensions très précises et un finissage superficiel très soigné.
Dans ce cas, le matériel rejeté possède des dimensions de l’ordre de millésimes de millimètres.
Le tournage
C’est la plus importante des opérations d’usinage. Elle se base sur l’enlèvement de copeaux à
l’aide d’un instrument de coupe, sur une pièce qui tourne autour de son axe. Les produits obtenus
sont donc des corps de révolution.
Photographie 1
UN TOUR
Le fraisage
Cette opération se base sur l’utilisation d’une autre machine-outil, la fraise, qui est composée de
fils de coupe multiples, en forme de corps de révolution. La fraise agit sur la pièce en tournant
autour de son axe.
28
Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Pour réaliser l’opération on fait plusieurs chariotages. Les premiers se font avec la fraise de
dégrossissage aux dents robustes pour enlever une quantité considérable de matériel. Les
derniers chariotages, ceux qui correspondent au finissage, se font avec des fraises qui possèdent
un plus grand nombre de dents moins robustes que les précédentes.
Au moyen de cette technique, on obtient des surfaces planes et courbes, à rainures droites, à
rainures en spirales et à rainures hélicoïdales, ainsi que des filets.
Le perçage
Au cours de ce processus, on utilise un outil, le foret, qui produit un trou cylindrique dans la pièce
qui, elle, demeure immobile pendant le déroulement de l’opération.
Le foret a deux tranchants pour enlever les copeaux bien qu’exceptionnellement ils peuvent être
au nombre de quatre pour réaliser des trous de grand diamètre.
Le filetage
On appelle filetage le processus d’adaptation des trous d’une pièce fabriquée pour être utilisée
comme filet. En fonction de la surface filetée, nous distinguons deux types de produits :
Photographie 2
L’OPERATION DE FILETAGE
29
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Le mandrinage
Le mandrinage consiste à élargir un trou existant jusqu’à obtenir le diamètre requis. Ce trou a été
préalablement réalisé à l’aide d’une perceuse ou par des processus de fonte ou de forge, des
systèmes peu précis, raison qui fait que l’on doit utiliser cette technique.
Comme pour le tournage, le processus d’enlèvement de copeaux suit une trajectoire hélicoïdale.
Cependant, contrairement au tournage, la pièce ne tourne pas autour de son axe, mais elle
effectue seulement un mouvement d’avancée.
Le brochage
Cette opération consiste à enlever, de manière linéaire et progressive, un copeau de la surface de
la pièce à l’aide d’un instrument appelé broche.
La broche est composée d’une grande quantité de tranchants, parfois plus de cent, disposés de
manière que chacun d’entre eux est légèrement plus haut que le précédent afin d’enlever
progressivement le matériel de la pièce. Le mouvement de l’instrument est rectiligne et on ne
réalise qu’une seule opération.
Cet instrument coûte généralement très cher, c’est pourquoi il faut traiter de grandes quantités de
pièces pour amortir l’investissement. Ce type de pièces réalisées en grandes quantités est
généralement destiné à l’industrie de l’automobile.
Rectification
Le but de cette opération est d’enlever des copeaux de tailles très réduites pour parachever la
pièce de grande précision.
L’instrument utilisé dans ce processus est la meule qui est composée de deux éléments
principaux. L’un d’eux est l’abrasif, du verre particulièrement dur et de dimension réduite, qui se
charge d’enlever les copeaux. L’autre élément important est l’agglomérant qui donne une forme
géométrique et de la résistance à la meule tout en maintenant fixe l’élément abrasif.
La rectification est l’opération d’usinage la plus importante qui utilise des abrasifs, mais il existe
d’autres procédés semblables tels que l’ébarbage, le polissage et l’aiguisage.
Quant aux aspects environnementaux produits au cours de ce processus d’usinage, on peut signaler
la consommation d’énergie et, plus particulièrement, de fluide de coupe, nécessaire pour refroidir le
matériel et l’instrument et vaincre le frottement dans le processus d’usinage.
Les courants résiduaires créés sont surtout le fluide de coupe usé, les émissions atmosphériques
(vapeurs d’huile) et la ferraille ainsi que les copeaux imprégnés d’huile ou de fluide de coupe.
30
Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Schéma 15
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU PROCESSUS D’USINAGE
ÉNERGIE
FLUIDE DE COUPE
SOUS-PRODUITS DU PROCESSUS
(copeaux, boues…)
Source : Schéma réalisé à partir du Libro Blanco para la Minimización de residuos y emisiones. Mecanizado del
Metal, IHOBE, S. A.
Les traitements thermiques sont des processus qui se caractérisent par la modification des propriétés
mécaniques des pièces à l’aide de cycles de chauffe et de refroidissement du matériel. Parmi les
traitements thermiques principaux, on peut distinguer le recuit, la trempe et le revenu.
2.9.1. Le recuit
Le recuit consiste à chauffer la pièce jusqu’à une température de 800 à 925º C, variable en fonction
du contenu en carbone de l’acier, suivi d’un refroidissement lent. Par ce traitement on parvient à
augmenter la ductilité de la pièce en même temps que l’on en réduit la dureté.
Les caractéristiques apportées aux pièces par le recuit en font un procédé réalisé avant l’usinage et
l’emboutissage, car il facilite son façonnage en homogénéisant sa structure, en affinant le grain et en
ramollissant en général le matériel.
D’autre part, les opérations réalisées à froid telles que le laminage, le tréfilage, l’étirage et, dans
certaines occasions, le pliage, sont généralement suivies d’un processus de recuit afin d’éliminer
l’âcreté et les tensions internes que produit le travail à froid. Dans ces cas, on réalise un type spécial
de recuit, le recuit de récupération d’efforts, en chauffant la pièce à une température inférieure à la
température ordinaire qui se situe autour de 500º C bien que, selon la composition du matériel, elle
peut être plus élevée, autour de 700º C. De cette manière, la structure interne modifiée au cours de
l’étirage de la pièce est récupérée car les grains récupèrent leur condition originale de mollesse et de
31
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
ductilité. Parfois, ce type de recuit se fait dans un récipient fermé, rempli de gaz inerte afin d’éviter
l’oxydation de la surface, il s’agit alors d’un recuit brillant.
La chauffe du processus de recuit se fait dans des fours appelés fours de recuit, alimentés par
l’énergie électrique ou du combustible. Normalement, on maintient dans le four une atmosphère
protectrice de gaz inerte afin d’éviter la réaction des particules présentes dans le gaz avec la surface
du matériel, ou bien dans des atmosphères réductrices composées de N2. Le processus dure environ
quatre heures.
Selon ce que nous venons d’exposer, la chauffe du matériel lors du processus de recuit est suivie
d’une phase de refroidissement de ce dernier d’autant plus lente que l’on veut obtenir un matériel plus
ductile mais qui, généralement, dure quarante-huit heures. Ce refroidissement peut se faire dans le
même four de recuit, en enterrant le matériel chaud sous du sable sec, des cendres ou du calcaire ou
bien en le laissant refroidir à l’air. Il est aussi possible de renforcer l’effet de refroidissement dans le
four à l’aide d’une pulvérisation d’eau sur la gaine protectrice du four, en introduisant de l’air au-
dessus ou en utilisant un système de réfrigération qui refroidisse l’atmosphère protectrice.
Schéma 16
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU PROCESSUS DE RECUIT
Combustion de gaz
ÉNERGIE Combustion d’huile
Électrique
EAU DE RÉFRIGÉRATION
EAU DE RÉFRIGÉRATION
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre mejores técnicas disponibles en la industria
de proceso de metales férreos.
32
Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
2.9.2. La trempe
Le but de la trempe est de durcir et d’augmenter la résistance à l’usure de la pièce par le biais d’un
réchauffement à une température d’entre 850 et 1 000º C et d’un refroidissement postérieur rapide. La
trempe se fait normalement après le processus de tréfilage du fil de fer à froid.
Le durcissement provoqué par la trempe a lieu parce qu’à ces températures le carbone contenu dans
le matériel commence à se dissoudre dans le fer et forme une solution solide appelée austénite qui,
lorsqu’elle se refroidit subitement, crée une nouvelle structure connue sous le nom de martensite, très
dure et à la fois fragile, présentant une résistance à la traction plus élevée que la première.
L’instabilité créée dans la pièce par ce processus requiert un traitement postérieur de revenu qui
diminue les efforts internes et régénère la ductilité de la pièce.
Comme nous l’avons décrit précédemment, le processus de trempe débute par une étape de chauffe
qui se fait généralement sous une atmosphère protectrice en utilisant de l’électricité ou des gaz de
combustion. Le refroidissement postérieur se fait normalement dans de l’huile bien que l’on puisse
aussi utiliser d’autres moyens tels que de l’eau ou de l’eau avec des additifs. Le moyen utilisé pour le
refroidissement dépend des propriétés que l’on souhaite donner à la pièce :
• Le refroidissement à l’eau est plus brusque étant donné que la rapidité de refroidissement de
ce moyen est plus rapide, ce qui confère plus de dureté à la pièce et, en même temps une
plus grande fragilité. Pour parvenir à une dureté maximale de la pièce on ajoute à l’eau des
sels de nitrates ou nitrites.
• La trempe dans l’huile consiste à refroidir la pièce dans une citerne d’huile et, étant donné la
rapidité moindre du refroidissement dans cette dernière par rapport à l’eau, la dureté finale de
la pièce est légèrement inférieure à celle obtenue avec la trempe à l’eau, mais on obtient, en
échange, une réduction du risque de distorsion et de fendillement. Cette technique est
essentielle pour les pièces de formes complexes, c’est-à-dire composées de particules fines
et grosses.
Les aspects environnementaux propres à la trempe dans l’eau résident dans l’eau consommée et
dans l’eau résiduaire obtenue après le processus.
Schéma 17
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DE LA TREMPE DANS L’EAU
EAUX RÉSIDUAIRES
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
33
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Dans le cas de la trempe dans l’huile, les principaux aspects environnementaux ont trait à la
consommation d’huile en tant que moyen de trempe, au résidu final de l’huile et aux émissions
d’aérosols d’huile.
Schéma 18
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DE LA TREMPE A L’HUILE
HUILE DE LA TREMPE
Fil de fer / Pièce qui TREMPE DANS L’HUILE Fil de fer trempé /
Pièce trempée
provient d’un autre
traitement thermique
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
2.9.3. Le revenu
Le revenu est un traitement habituel pour les pièces qui ont été préalablement trempées, il est
appliqué dans le but de diminuer la dureté et la résistance apportée par la trempe et d’éliminer les
tensions créées en améliorant de cette façon la ténacité de la pièce.
Le revenu est appliqué à la suite de la trempe effectuée lors du processus de tréfilage à froid.
Concrètement, dans ce revenu le fil de fer est soumis à des températures allant de 300 à 500º C,
dans un four à chauffage électrique ou à chauffage direct avec un gaz de combustion bien qu’il est
aussi possible d’utiliser un chauffage par induction.
Un autre processus de façonnage dans lequel a lieu une opération de revenu est le laminage à froid.
Lors de ce processus, on réalise une opération spéciale de revenu, le revenu par laminage, qui
consiste à soumettre la bande à un léger laminage superficiel à l’aide de trains de revenu afin
d’obtenir ainsi une réduction de l’épaisseur de 0,3 à 2 %. L’objectif final de cette opération est de
modifier les propriétés mécaniques de l’acier et d’obtenir le finissage superficiel souhaité.
Le matériel d’entrée dans les trains de revenu sont des bandes préalablement recuites, on obtient la
même bande mais plus plane et qui présente le finissage superficiel désiré.
La bande est introduite dans le train de revenu à une température inférieure à 50º C, elle s’y déplace à
travers des rouleaux. Le train se compose normalement d’une ou deux boîtes de quatre cylindres
superposés, mais on utilise aussi des boîtes de deux ou six rouleaux superposés. Les rouleaux et les
cylindres présentent une finition très précise afin de contrôler la rugosité finale de la bande d’acier.
34
Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Le revenu de l’acier inoxydable se réalise normalement à sec, sans avoir besoin d’appliquer de l’huile
ou un liquide pour refroidir. Par contre, dans le revenu de l’acier au carbone, on utilise un liquide qui
est composé d’une solution à 5 % d’un agent de laminage de revenu humide qui élimine les résidus
possibles du processus présents sur la bande.
Pour ce processus on a aussi besoin d’énergie électrique pour le fonctionnement du train de laminage
et pour le système hydraulique.
Schéma 19
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU REVENU D’ACIER AU CARBONE
ÉNERGIE (électrique)
Eau de réfrigération
EAU Eau industrielle et déminéralisée
EAUX RÉSIDUAIRES
LIQUIDE DE REVENU
ACCUMULATION DE BOUE
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
Dans le cas de l’acier inoxydable il n’y a pas d’approvisionnement en eau de réfrigération ni en liquide
de revenu, il ne se produit donc pas de courants résiduaires dérivés de ces consommations (résidu
pollué par de l’huile, du liquide de revenu et de l’accumulation de boues). Le schéma suivant résume
les principaux aspects environnementaux du processus de revenu de l’acier inoxydable.
35
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Schéma 20
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU REVENU D’ACIER INOXYDABLE
ÉNERGIE (électrique)
EAUX RÉSIDUAIRES
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
Étant donné que l’on utilise des fluides de coupe dans les opérations de déformation et d’usinage, les
pièces obtenues lors de ces processus sont imprégnées de restes de ce fluide. Il faut donc prévoir
une étape finale de dégraissage afin d’éliminer les restes d’huile et de graisse qui adhèrent à la
surface. On obtient ainsi une pièce propre et prête à recevoir des traitements superficiels postérieurs
tels que la peinture ou la galvanisation.
Dans le cas du dégraissage chimique, le bassin de nettoyage peut contenir, outre de l’eau, deux
types différents de dégraissants : des dissolvants et des détergents.
Les dissolvants normalement utilisés sont des dissolvants chlorés qui s’appliquent directement sous
forme liquide ou sous la forme de vapeur. Voici les plus utilisés dans ce processus :
36
Description processus productifs du sous-secteur usinage metal et les aspects environnementaux associes
Quant aux détergents, les éléments tensioactifs de leur composition permettent d’éliminer les huiles et
les graisses qui adhèrent à la surface de la pièce, le processus se fait dans un milieu alcalin. Dans ce
type de milieux, on trouve généralement la formule suivante :
• de la soude caustique
• du carbonate sodique
• du phosphate trisodique 12·H2O
• du métasilicate sodique 5·H2O
• des humectants
• des complexes métalliques
• de soude caustique
• de phosphate trisodique 12·H2O
• de gluconate sodique
Les effluents liquides résiduaires proviennent des bains de dégraissage et de rinçage à l’eau de la
pièce une fois qu’elle a été dégraissée. Ces effluents, à part de l’eau, des huiles, des graisses et de
petites particules, contiennent des dissolvants halogénés ou des sels sodiques avec des tensioactifs,
en fonction du type de dégraissage effectué.
D’autre part, les émissions dans l’atmosphère contiennent des composés organiques volatiles (COV)
dus à l’utilisation de dissolvants halogénés et de la vapeur d’eau lorsque le bain se fait à chaud.
Les principaux aspects environnementaux produits lors du processus de dégraissage sont résumés,
de manière schématique, sur le tableau suivant.
37
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Schéma 21
LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DU PROCESSUS DE DEGRAISSAGE
ÉNERGIE
EAU
AGENTS NETTOYANTS (dissolvants,
détergents, solutions alcalines)
ÉMISSIONS ATMOSPHÉRIQUES
Source : Schéma réalisé à partir du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
38
3. LES ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX DE L’INDUSTRIE
DU SOUS-SECTEUR DE L’USINAGE DU METAL
Les aspects environnementaux traités dans cette section portent sur la consommation d’eau, la
consommation d’énergie, les effluents liquides résiduaires, les résidus solides et les émissions
atmosphériques présentes dans le processus décrit au point 2 du manuel. Nous avons aussi
considéré opportun d’exposer brièvement les aspects liés au bruit.
La consommation d’eau dans le secteur de l’usinage du métal oscille sensiblement d’une entreprise à
une autre en fonction de leur dimension et de l’activité qui s’y déroule. L’eau provient en général du
réseau public, mais on utilise en proportions moindres de l’eau déminéralisée pour la préparation des
fluides de coupe aqueux.
Le schéma suivant illustre ces consommations dans une entreprise du secteur de l’usinage du métal
qui dispose, en outre, d’un espace vert et d’une cuisine.
Schéma 22
LA CONSOMMATION D’EAU DANS UNE ENTREPRISE D’USINAGE DE METAL (EXEMPLE)
2%
14%
35% Réfrigération
Eau sanitaire
Processus productif
Irrigation
Nettoyage des sols
Cuisine
1%
43% 5%
L’exemple montre clairement que la consommation d’eau pour le processus dans ce secteur n’est pas
élevée car les utilisations principales sont associées à des activités communes à n’importe quel type
d’entreprise : sanitaire et réfrigération.
39
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Quant à l’eau utilisée dans les processus de façonnage des pièces, sa consommation se divise
principalement en :
• Traitement thermique
Les traitements thermiques tels que le recuit, la trempe et le revenu utilisent parfois de l’eau
lors de l’étape de refroidissement de la pièce.
• Opérations de dégraissage
Il y a consommation d’eau pour le processus lors des étapes de lavage et de dégraissage des
pièces imprégnées d’huile à cause de l’utilisation étendue de fluides de coupe dans les
opérations typiques d’usinage et de la présence de processus de trempe dans l’huile.
• Réfrigération du processus
Les processus qui entraînent une augmentation de la température consomment de l’eau pour
refroidir les transformateurs, les moteurs et les machines en général ou bien pour éliminer la
charge thermique absorbée par le fluide de coupe.
Il faut souligner que les consommations d’eau de processus spécifiques ne sont pas très élevées car
les émulsions huileuses comme les bains de refroidissement et de lavage sont généralement
réutilisées. Certaines entreprises appliquent même des techniques afin d’optimiser leur entretien et
d’augmenter, par conséquent, leur vie utile.
Le nettoyage de l’usine requiert une mention spéciale car la consommation d’eau y est remarquable si
on la compare avec l’eau utilisée dans le processus lui-même. Les fuites, les éclaboussures et les
écoulements de fluide de coupe ainsi que les pertes par dégouttement pendant le transvasement des
pièces obligent à un nettoyage régulier des lieux de travail avec de l’eau et des détergents.
Nous vous montrons ci-après des données sur les consommations d’eau lors de processus de
laminage à froid et de tréfilage à froid. Elles tiennent aussi bien compte de l’eau utilisée pour la
réfrigération du système que de l’eau déminéralisée pour la préparation d’émulsions. Il y a aussi des
données sur les consommations d’eau pour le recuit d’acier qui a été, au préalable, laminé à froid.
40
Les aspects environnementaux de l’industrie du sous-secteur de l’usinage du metal
EAU DE RÉFRIGÉRATION DU
PROCESSUS EAU DÉMINÉRALISÉE
PROCESSUS
Laminage d’aciers au carbone dans un 3
5 - 6,5 m /t 0,014 - 0,04 m3/t
laminoir tandem
Laminage d’aciers au carbone dans des
3,2 - 3,5 m3/t 0,02 - 0,06 m3/t
trains réversibles
Laminage d’acier inoxydable dans des 20 - 35 m3/t (l'eau est remise en
-
trains réversibles circuit)
Tréfilage à sec Non disponible (grande variation) -
Tréfilage humide Non disponible (grande variation) 0, 02 - 0, 25 m3/t
EAU DE L’ÉTAPE DE
PROCESSUS REFROIDISSEMENT DU
RECUIT
Recuit continu d’acier au carbone 23 m3/t
Recuit discontinu d’acier au carbone 5 - 10 m3/t
Recuit d’acier inoxydable 0,15 - 1,1 m3/t
Le tableau montre des consommations réduites d’eau déminéralisée en comparaison avec celle de
l’eau utilisée pour le processus de réfrigération car, pour la dilution d’huiles on n’a pas besoin d’une
grande quantité d’eau. On peut observer l’absence de ce type de consommation dans les opérations
qui n’utilisent pas d’émulsions d’huile telles que le tréfilage à sec à froid pour lequel le lubrifiant est du
savon ajouté à divers additifs et le laminage à froid de l’acier inoxydable qui consomme
habituellement de l’huile au lieu d’émulsions.
Quant à la consommation d’eau dans le recuit, elle varie selon la méthode suivie pour refroidir la
pièce.
Les entreprises du secteur utilisent deux sources d’énergie, l’énergie électrique – qui constitue la
source principale – et le gasoil ou le gaz naturel, qui sont utilisés comme source secondaire.
Dans le processus de fabrication, ces sources donnent lieu à deux types de consommations :
• La consommation d’énergie électrique pour le fonctionnement des machines utilisées lors des
différents processus de déformation et d’usinage (trains de laminage, machines de tréfilage,
presses, tours, fraises, etc.), pour des équipements complémentaires tels que machines à
laver pour le dégraissage, centrifugeuses pour la récupération de l’huile des pièces, copeaux,
etc., et finalement pour les pompes, les transmissions, les ventilateurs, etc.
• La consommation de gaz ou de fuel pour les fours et les chaudières utilisés dans les
traitements thermiques.
Nous présentons ci-dessous les consommations d’énergie pour les processus de laminage à froid et
le recuit postérieur.
41
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
CONSOMMATION
CONSOMMATION D’ÉNERGIE
PROCESSUS D’ÉNERGIE
À VAPEUR
ÉLECTRIQUE
Laminage d’acier au carbone dans des
0,2 - 0,3 GJ/t 0,01 - 0,03 GJ/t
laminoirs tandem
Laminage d’acier au carbone dans des trains
0,24 - 0,245 GJ/t -
réversibles
Laminage d’acier inoxydable dans des trains
0,6 - 0,8 GJ/t -
réversibles
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
CONSOMMATION
CONSOMMATION D’ÉNERGIE
PROCESSUS D’ÉNERGIE
CALORIQUE
ÉLECTRIQUE
Recuit discontinu du laminage à froid
0,06 - 0,12 GJ/t 0,62 - 0,75 GJ/t
d’aciers au carbone
Recuit continu du laminage à froid
0,173 - 0,239 GJ/t 0,775 - 1,483 GJ/t
d’aciers au carbone
Recuit du laminage à froid d’acier inoxydable 0,3 - 0,4 GJ/t 1,0 - 1,5 GJ/t
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
Sur le tableau 4 on peut observer une consommation d’énergie additionnelle sous forme de vapeur
dans le laminage d’acier au carbone du laminoir tandem, cela est dû au chauffage de l’émulsion, mais
cette opération ne se réalise pas toujours.
Les effluents liquides résiduaires produits dans le sous-secteur de l’usinage du métal ont une
composition variable selon le processus dans lequel ils sont créés, bien qu’en général ils se
caractérisent par la présence élevée d’huiles et de graisses, de solides en suspension et de matière
organique dissoute ou non, provenant de l’utilisation de fluides de coupe. En général on peut les
classer comme suit :
• Les effluents liquides résiduaires des processus de déformation et d’usinage : les fluides de
coupe usés
Nous fournissons ci-dessous de l’information sur les consommations de ce type de fluide lors de
processus de déformation tels que le laminage à froid et le tréfilage à froid, ainsi que les types de
fluides consommés.
42
Les aspects environnementaux de l’industrie du sous-secteur de l’usinage du metal
SORTIE D’ÉMULSION
CONSOMMATION
PROCESSUS TYPE DE FLUIDE RECYCLÉE
DE FLUIDE
INTÉRIEUREMENT
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
En ce qui concerne les données du tableau, les valeurs de sortie d’émulsion recyclée
intérieurement dans le laminage de l’acier inoxydable et le tréfilage à sec n’apparaissent pas
car on n’ajoute pas d’eau au lubrifiant utilisé pour ces processus.
Au fil du temps, le fluide de coupe utilisé lors des processus de déformation et d’usinage perd
les propriétés qu’il possédait initialement et est pollué par des huiles externes, des lubrifiants,
des huiles hydrauliques, des particules solides, des micro-organismes, de la poussière, etc.
qui réduisent son efficacité. Pour en maintenir la qualité et allonger sa vie utile, il faut le
contrôler et l’entretenir, puis, finalement, le remplacer par du fluide de coupe nouveau lorsque
sa nature physique et chimique se dégrade à un point tel qu’il ne peut plus accomplir les
fonctions de base pour lesquelles il a été appliqué. Ce processus produit un résidu final, le
fluide de coupe usé qui peut être traité dans l’entreprise elle-même, alors que normalement il
est stocké dans des bidons pour être recueilli plus tard par une entreprise autorisée et être
traité.
Comme nous l’avons décrit dans le chapitre 2.2 de ce manuel, les fluides de coupe
contiennent des additifs qui sont soit des substances dangereuses pour l’environnement soit
des précurseurs d’une substance qui l’est.
Les polluants habituels présents dans les fluides de coupe sont résumés sur le tableau
suivant.
43
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
1
Métaux lourds
Particules métalliques 1
Huiles de coupe Paraffines chlorées
Huiles soufrées, phosphorées et sulfochlorées
Composés polycycliques
Métaux lourds 1
Particules métalliques 1
Nitrites 2
Amines
Fluide de coupe aqueux
Dérivés du bore
Hydrocarbures solubilisés
Huiles libres
Phénols
1
Les métaux lourds et les particules métalliques sont polluants, ils sont présents dans le
fluide de coupe comme conséquence du processus et non pas inhérents au fluide.
2
Les nitrites ne sont actuellement pas employés comme composé initial mais ils sont
produits par la dégradation des amines.
Source : Données extraites du Libro Blanco para la minimización de residuos y emisiones.
Mecanizado del metal, IHOBE, S. A.
L’impact environnemental des fluides de coupe usés est produit par l’émission dans
l’atmosphère de particules polluantes par incinération ou par les déversements d’eaux
résiduaires qui contiennent ces fluides. Dans ce dernier cas, les fluides de coupe aqueux sont
plus problématiques car, comme ils se dispersent facilement en milieu aqueux, ils
transmettent à ce milieu les polluants présents dans leur composition. Par contre, les huiles
de coupe ne sont pas solubles en milieu aqueux, bien qu’un contact prolongé avec de l’eau
favorise la dispersion d’une partie de leurs polluants. En outre, en milieu aqueux, les huiles
présentes dans les fluides de coupe montent dans la cape superficielle du fluide rendant
difficile son oxygénation et favorisant la croissance de bactéries anaérobiques.
Il faut remarquer qu’une partie du fluide de coupe se perd à travers les fuites et les
éclaboussures, les traînées sur les pièces, les copeaux et le brouillard d’huile.
Les fuites et les éclaboussures peuvent avoir une importance variable selon les
caractéristiques des machines et de l’équipement des installations. Concrètement, les fuites
sont dues à des défauts dans le plan d’entretien du système qui fournit le fluide de coupe ou
au fait qu’il n’existe même parfois pas du tout, ce qui provoque la pollution du sol industriel.
44
Les aspects environnementaux de l’industrie du sous-secteur de l’usinage du metal
D’autre part, les éclaboussures sont produites par la grande vitesse des processus de
déformation et d’usinage qui font qu’une certaine quantité de fluide de coupe soit projetée
hors de la machine ou des instruments. Cet effet est aggravé dans le cas d’absence de
carénages des machines, bien qu’en général les plus modernes incorporent souvent un
système de rétention dans la structure. Les huiles de coupe étant plus visqueuses, elles
adhèrent plus facilement à la surface de la pièce et des instruments, ce qui produit moins
d’éclaboussures que le fluide de coupe aqueux.
D’autre part, la traînée de fluide de coupe sur les pièces et les copeaux provoque aussi une
perte de ce fluide ; cet effet est aggravé par la complexité de la structure de certaines pièces
et leur position au cours des processus d’usinage. Contrairement au phénomène des
éclaboussures, les traînées de fluide de coupe et de copeaux sont plus importantes à mesure
qu’augmente la viscosité du fluide, cet effet est particulièrement considérable lors de
l’utilisation d’huiles de coupe.
Nous montrons ci-dessous la proportion de fluide de coupe dans chacun des courants
résiduaires.
Pour pouvoir réutiliser l’eau de réfrigération à l’aide de circuits fermés, elle doit être refroidie et
traitée. Le refroidissement se fait par le biais de tours de réfrigération, d’échangeurs de
chaleur ou de tours de réfrigération hybrides. Par la suite, l’eau est traitée pour éviter sa
dégradation à l’aide d’inhibiteurs de corrosion, de stabilisateurs de dureté, de disperseurs et
de biocides, ce qui fait que la composition de l’eau évacuée périodiquement est caractérisée
par la présence de ces éléments.
Dans le cas où la réfrigération du système se réalise par un circuit ouvert ou par l’application
directe d’émulsion sur les pièces et les machines, l’effluent liquide qui en découle possède les
mêmes caractéristiques que les effluents des processus décrits précédemment, c’est-à-dire
qu’il contient des huiles et des graisses provenant de l’utilisation de fluides de coupe et des
copeaux, des particules métalliques, des particules de poussière, etc. qui ont pu être
entraînées tout au long du processus.
45
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Dans le cas du dégraissage avec des dissolvants halogénés, ils contiennent, outre les
dissolvants, des graisses, des particules métalliques, etc. présentes dans les pièces avant le
dégraissage.
D’autre part, les eaux qui proviennent du dégraissage par dégraissants aqueux en milieu
basique contiennent, outre des graisses et des huiles, des sels sodiques comme les
hydroxydes, les carbonates, les phosphates et les métasilicates ainsi que des éléments
tensioactifs et complexants (EDTA, NTA, etc.) de nature organique.
Le volume des effluents produits lors du processus de dégraissage peut être réduit à l’aide de
la régénération des solutions utilisées. Ces solutions sont généralement recyclées dans le
processus à travers un circuit fermé, mais elles doivent être périodiquement évacuées car
elles perdent leurs propriétés nettoyantes. L’effluent résiduaire obtenu des processus de
dégraissage doit être traité étant donné son contenu en détergents et en dissolvants
Il faut souligner que seulement un petit pourcentage d’entreprises du secteur dispose d’une station
d’épuration, en général physico-chimique, pour traiter les eaux résiduaires qu’elles produisent. En
général, les opérations réalisées dans ces stations consistent à homogénéiser les effluents
résiduaires et à décanter les métaux dissous à l’aide d’un coagulant ou d’un floculant. Ces processus
créent des boues, gérées en général par des entreprises externes, après réduction de leur
pourcentage d’humidité à l’aide d’un filtre presse ou d’une centrifugeuse.
Nous montrons ci-dessous un tableau avec les valeurs des eaux résiduaires produites lors du
processus de laminage à froid et du recuit.
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
46
Les aspects environnementaux de l’industrie du sous-secteur de l’usinage du metal
Vous trouverez ci-dessous les données se rapportant à l’évacuation de toute l’eau d’une usine de
laminage à froid, c’est-à-dire en considérant la totalité de l’eau résiduaire provenant des différentes
opérations (laminage, recuit, dégraissage, etc.).
Tableau 11. Les eaux résiduaires dans une usine de laminage à froid (exemple)
USINE DE USINE DE
USINE DE
LAMINAGE LAMINAGE
LAMINAGE EN
RÉVERSIBLE RÉVERSIBLE
CONTINU D’ACIER
D’ACIER AU D’ACIER
AU CARBONE
CARBONE INOXYDABLE
Évacuation des eaux résiduaires 0 - 40 m3/t 0 - 6 m3/t (∼0) - 35 m3/t
Évacuation des eaux résiduaires du
processus de traitement d’eaux
0 - 12 m3/t _ _
résiduaires (sauf la réfrigération sans
recirculation)
7 - 120 mg/l (∼0) - 2.210 mg/l 0 - 60 mg/l
Total solides en suspension
3 - 520 g/t (∼0) - (∼160) g/t 0 - (∼180) g/t
DQO 19 - 5.300 mg/l 15 - 100 mg/l 10 - 2.000 mg/l
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
Le tableau montre la diminution du volume d’eau résiduaire produite dans le laminage en continu
d’acier au carbone lorsque cette eau est traitée et, par conséquent, une partie remise en circuit dans
le système, en réduisant ainsi la consommation d’eau nouvelle.
Les processus de déformation et d’usinage provoquent une diversité de résidus solides qui peuvent
être classés en :
Le principal problème pour la réutilisation de ces résidus réside dans le fait qu’ils sont généralement
imprégnés de fluide de coupe, ce qui oblige à séparer au préalable l’huile des résidus métalliques
pour son utilisation postérieure. Cependant, si l’on a travaillé avec du fluide de coupe particulièrement
47
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
visqueux, même si le temps de décantation est prolongé, ce fluide de coupe peut encore représenter
entre 30 et 40 % du poids de la tournure selon sa géométrie.
Finalement, les résidus métalliques sont généralement gérés par des récupérateurs de ferraille et sont
surtout recyclés dans les aciéries.
La production de ce type de résidus dépend du processus et du produit final réalisé dans l’entreprise,
mais il représente en général le pourcentage le plus élevé des résidus produits.
Un type de boue provient des processus de régénération des fluides de coupe utilisés dans les
opérations de déformation et d’usinage dont le traitement final est, en général, l’incinération. La
photographie suivante montre la boue obtenue du nettoyage – à l'aide d’un filtre en papier – du fluide
de coupe qui est réintroduit dans le système.
Photographie 3
BOUE OBTENUE DE LA REGENERATION DU FLUIDE DE COUPE
D’autre part, les processus d’épuration des eaux résiduaires produisent une boue provenant de la
purge des installations de traitement de cette eau avec un fort contenu en huile.
Une autre sorte de résidus produits sont les boues provenant de la régénération de dissolvants
halogénés utilisés dans les opérations de dégraissage, expliquées dans le paragraphe 2.10 de ce
manuel.
Finalement, ces processus d’usinage qui emploient des outils ayant une géométrie non définie
comme, par exemple, les opérations de rectification, produisent des boues qui contiennent de petites
particules métalliques, enlevées à la pièce, du fluide de coupe et du matériel abrasif. La composition
de ces boues est très variable car le fluide de coupe peut représenter jusqu’à 50 % de son poids.
Cependant, dans d’autres cas, il se trouve en proportions réduites, face à des pourcentages de
matériel abrasif ou de particules métalliques de 75 et même de 90 % respectivement.
48
Les aspects environnementaux de l’industrie du sous-secteur de l’usinage du metal
Ci-dessous, vous trouverez un tableau présentant des données sur l’accumulation de boues produites
lors de processus de laminage à froid, de revenu et de recuit.
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
La boue des processus de laminage se produit lors du nettoyage des émulsions utilisées. La boue qui
provient du recuit provient de l’utilisation d’agents de laminage de revenu humide nécessaires pour les
opérations d’ébauchage préalables au recuit et à l’utilisation d’huile anticorrosive. Finalement,
l’accumulation de boue des processus de revenu du laminage à froid provient de l’utilisation de
solutions à 5 % d’agents de laminage de revenu humide.
Les boues ne doivent pas être versées sans un traitement préalable à cause des éléments présents
dans leur composition, ces derniers peuvent provoquer la pollution du sol et polluer aussi les eaux
souterraines et superficielles lorsqu’elles sont filtrées ou entraînées par les eaux de pluie. Le tableau
13 permet d’observer les différents traitements que reçoivent les boues selon leur composition.
• Des filtres utilisés lors de l’entretien du fluide de coupe, dans les systèmes d’extraction de
particules et dans la filtration du dissolvant utilisé dans les opérations de dégraissage. Pour
réduire la production de ce résidu on peut travailler avec des filtres réutilisables.
• Des chiffons utilisés lors des processus de nettoyage.
• Des meules et du matériel de meulage usé.
• Les résidus généraux d’usine tels que les cartons, les plastiques et les bois qui ont servi
d’emballage à la matière première.
Vous trouverez ci-après un tableau qui reprend les résidus mentionnés selon la classification donnée
par le Catalogue européen des déchets (CED).
49
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Tableau 13. Les résidus du modelage et du traitement physique et mécanique de surface de métaux
POSSIBILITÉS DE GESTION
Traitement et élimination
Activité Type de résidu CED Classe Mise en valeur
des déchets
Recyclage et
Limailles, copeaux, poussière et 12 01 01
Non dangereux
récupération de métaux - Élimination de résidus non
particules de métal ferreux 12 01 02 ou de composés spéciaux
métalliques
Huiles minérales d’usinage qui
- Incinération de résidus
contiennent des halogènes
12 01 06 Dangereux _ halogénés
(sauf les émulsions ou les
dissolutions) - Traitement par évaporation
Huiles minérales d’usinage
sans halogènes (sauf les 12 01 07 Dangereux
Régénération d’huiles - Incinération de résidus non
minérales halogénés
émulsions ou les dissolutions)
Émulsions et dissolutions - Incinération de résidus
Régénération d’huiles
d’usinage qui contiennent des 12 01 08 Dangereux halogénés
minérales
halogènes - Traitement par évaporation
- Incinération de résidus non
halogénés
Émulsions et dissolutions Régénération d’huiles - Traitement par évaporation
12 01 09 Dangereux
d’usinage sans halogènes minérales - Traitement
physicochimique et
PROCESSUS DE DÉFORMATION ET D’USINAGE
biologique
- Incinération de résidus non
halogénés
Régénération d’huiles
Huiles synthétiques d’usinage 12 01 10 Dangereux
minérales
- Incinération de résidus
halogénés
- Traitement par évaporation
- Traitement par évaporation
- Incinération de résidus non
Recyclage et halogénés
Boues d’usinage qui
12 01 14 récupération de métaux - Incinération de résidus
contiennent des substances Dangereux
ou de composés halogénés
dangereuses
métalliques - Stabilisation
- Élimination de résidus
spéciaux
- Traitement par évaporation
- Incinération de résidus non
Boues d’usinage différentes de
halogénés
ce qui a été spécifié dans le 12 01 15 Non dangereux _
code 12 01 14 - Stabilisation
- Élimination de résidus
spéciaux
Régénération d’huiles
Boues métalliques (boues de minérales
meulage, de rectification et de Recyclage et
- Incinération de résidus non
12 01 18 Dangereux halogénés
rodage) qui contiennent des récupération de métaux
huiles ou de composés
métalliques
Huiles d’usinage facilement Régénération d’huiles
12 01 19 Dangereux _
biodégradables minérales
Meules et matériaux de
12 01 20
meulage usés qui contiennent Dangereux
des substances dangereuses
_
- Élimination de résidus
Meules et matériaux de spéciaux
meulage usés différents de
12 01 21 Non dangereux
ceux spécifiés dans le code 12
01 20
50
Les aspects environnementaux de l’industrie du sous-secteur de l’usinage du metal
POSSIBILITÉS DE GESTION
Traitement et élimination
Activité Type de résidu CED Classe Mise en valeur
des déchets
- Traitement
physicochimique et
biologique
Liquides aqueux de nettoyage 12 03 01 Dangereux _
- Traitement par évaporation
- Incinération de résidus non
halogénés
- Traitement par évaporation
PROCESSUS DE DÉGRAISSAGE
Résidus de dégraissage à la
12 03 02 Dangereux _ - Incinération de résidus non
vapeur
halogénés
Régénération de
dissolvants
Autres dissolvants et mélanges 14 06 02
Dangereux Utilisation comme
- Incinération de résidus
de dissolvants halogénés halogénés
charge dans d’autres
processus
Régénération de
dissolvants
Autres dissolvants et mélanges
14 06 03 Dangereux Utilisation comme
- Incinération de résidus
de dissolvants non halogénés
charge dans d’autres
processus
Résidus de dégraissage qui
11 01 13 Dangereux
contiennent des substances
dangereuses Régénération d’acides
- Traitement
physicochimique et
Résidus de dégraissage ou de bases
biologique
différents de ceux spécifiés 11 01 14 Non dangereux
dans le code 11 01 13
Source : Données extraites du Catalogue européen des déchets (CED) et du Catálogo de residuos de Cataluña.
Les émissions produites par les processus décrits dans ce manuel peuvent être groupées
principalement en :
En outre, le fluide de coupe contient des hydrocarbures qui peuvent se volatiliser à cause de
la chaleur absorbée pendant le processus. Ce phénomène se produit généralement à cause
de l’utilisation de composés aliphatiques et naphténiques.
Dans les deux cas il existe un risque pour l’environnement qui provient de l’absorption de ces
particules par voie respiratoire et le danger pour la santé qui en découle.
51
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
En outre, les opérations de dégraissage produisent des émissions diffuses de vapeur d’eau
dans l’atmosphère dans le cas où les bains sont faits à chaud. Les émissions varient selon la
température et la densité de la solution utilisée, comme on peut le constater sur le tableau
suivant. Les valeurs indiquées pour l’eau perdue par évaporation sont données à titre
d’orientation, car les valeurs exactes dépendent des caractéristiques concrètes de chaque
solution.
Comme nous l’avons expliqué précédemment, les brouillards et les émissions touchent le milieu de
travail, c’est pourquoi certaines entreprises disposent de capteurs de poussière, d’extracteurs,
d’aspirateurs et de systèmes semblables pour recueillir ces particules, y compris des filtres et des
cyclones. Afin d’éliminer les particules solides du processus d’usinage, ces appareils sont
généralement incorporés dans la machine elle-même.
Le tableau ci-dessous montre le volume des émissions produites lors du processus de laminage à
froid et leur composition. On peut observer que l’émission de particules d’huile peut être très élevée
en comparaison avec les émissions de poussière et d’hydrocarbures.
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
52
Les aspects environnementaux de l’industrie du sous-secteur de l’usinage du metal
3.6. Le bruit
Normalement, le bruit est fréquent dans les ateliers de déformation et d’usinage à cause de la
manipulation de produits tels que des bandes et des profils de grand diamètre, des ventilateurs
d’extraction des fours et de leurs brûleurs, ainsi que du fonctionnement des machines à couper, à
perforer, à laminer ou, en général, à façonner les pièces.
Ces opérations se réalisent en général à l’intérieur d’une nef ce qui fait que l’impact en est minimisé et
le bruit produit pose rarement un problème à l’extérieur. Dans des cas concrets, comme lorsqu’il
existe des sources de bruit en dehors de la nef, que ce soient des installations de ventilation ou des
installations auxiliaires et, qu’en outre, le processus se situe près d’une zone résidentielle, on devra
prendre des mesures pour réduire cet impact.
Ces mesures consistent, d’une part, à revêtir les murs et le plafond d’isolants acoustiques naturels en
bois aggloméré ou de plaques de plâtre, de mousse de polyéthylène expansé ou de laine de verre.
D’autre part, on peut appliquer des mesures aux équipements de travail afin de réduire le bruit produit
par les coups des presses et l’usinage de la pièce tels que des écrans acoustiques, des silencieux et
des fermetures. Les normes applicables aux machines neuves exigent cependant un design qui
réduise au maximum l’émission de bruit et les vibrations.
Finalement, le bruit produit a une répercussion réelle sur la santé des travailleurs de l’usine, de sorte
que, de manière complémentaire aux mesures précédentes, il peut s’avérer nécessaire de prendre
des précautions afin de protéger les employés par le biais d’un équipement de protection individuel tel
que des protecteurs auditifs (boules Quies, bouchons) ou des casques antibruit.
53
4. LES OPPORTUNITES DE PREVENTION ET DE
REDUCTION DE LA POLLUTION
Les processus productifs développés dans l’activité industrielle produisent une série d’impacts
environnementaux qui peuvent comporter un risque pour l’environnement et la santé des personnes.
Afin de minimiser ces impacts, on peut appliquer une série d’opportunités de prévention de la pollution
qui apportent divers bénéfices environnementaux.
Schéma 23
LA CLASSIFICATION DES OPPORTUNITES DE PREVENTION INTEGREE DE LA POLLUTION
ENVIRONNEMENTALE
Modification du
produit
Réduction à la
Bonnes pratiques
source
environnementales
Changement de
technologie ou de
PRÉVENTION processus
INTÉGRÉE DE LA
POLLUTION
ENVIRONNEMENTALE À la source
Recyclage
Externe
Traitement
final
En premier lieu, les alternatives que l’on appelle alternatives de réduction à la source de la pollution
ont pour objectif d’éviter ou, à défaut, de diminuer en quantité et en dangerosité les courants
résiduaires avant leur production, ce qui s’obtient par la modification de la composition du produit ou
bien à travers des changements dans le processus productif.
55
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Par contre, les opportunités de recyclage n’agissent pas sur l’origine du résidu mais consistent à
réutiliser un courant résiduaire une fois qu’il a été produit. Ce résidu peut être réutilisé dans le centre
de production même, il s’agit alors d’une alternative de recyclage à la source, ou dans d’autres
centres, alternative connue comme recyclage externe. Dans ce dernier groupe de possibilités, on
envisage aussi celles qui se rapportent à la récupération d’une ressource matérielle ou énergétique
présente dans le résidu (mise en valeur).
Enfin, le traitement final de résidu fait référence à n’importe quelle méthode, technique ou processus
qui modifie les caractéristiques d’un résidu dans le but de le neutraliser ou de le transformer en résidu
inerte, c’est-à-dire qu’il est moins dangereux, qu’il est apte à le stockage ou que l’on en réduit le
volume.
Parmi les possibilités exposées, seuls la réduction et le recyclage à la source sont considérés des
alternatives de minimisation de résidus car ils produisent effectivement une diminution dans la
production de ces derniers.
Vous trouverez énumérées ci-dessous les opportunités de prévention intégrée de la pollution pour le
sous-secteur de l’usinage du métal décrites dans ce manuel.
56
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
57
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Dans ce groupe on inclut les alternatives qui supposent une réadaptation des propriétés des produits
fabriqués en tenant compte des ressources (eau, énergie et matériaux) qui sont nécessaires et des
impacts environnementaux produits depuis le début de la fabrication du produit jusqu’à son utilisation
finale.
Processus dans lequel on l’applique : Opérations d’usinage (tournage, fraisage, filetage, etc.)
Description : Cette alternative consiste à optimiser le design de la pièce afin que sa géométrie offre des
possibilités de traînée de fluide de coupe minimales. On atteint ce résultat en évitant les rebords et les coins
inutiles pour la morphologie de la pièce qui favorisent la rétention de fluide.
58
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
OPP-3 : Établissement d’un plan de contrôle du fluide pour déformation et coupe de métaux
Processus dans lequel on l’applique : Opérations qui utilisent des fluides pour favoriser les processus de
déformation et de coupe (laminage à froid, fraisage, tournage, etc.)
Aspect environnemental affecté : Consommation de fluide et fluide usé
Description : Cette alternative consiste à contrôler périodiquement un ensemble de paramètres qui définissent la
qualité de fluide utilisé dans les processus de conformation de métaux et, par conséquent, renseignent sur leur
état de dégradation et de pollution afin de pouvoir appliquer les mesures de correction les mieux adaptées. Les
paramètres à contrôler varient selon la nature du fluide (huile de coupe aqueuse, émulsions de laminage, etc.).
Avantages : Inconvénients / exigences :
- Augmentation de la vie utile du fluide : - Exige la définition d’un plan d’actions correctrices
L’huile de coupe è peut dépasser 8 ans. selon les résultats obtenus lors du contrôle de la
Les fluides de coupe aqueux è entre 6 mois qualité du fluide.
(dépôt d’approvisionnement individuel) et 2 - Exige une réorganisation interne du processus de
ans (dépôt d’approvisionnement centralisé). contrôle de fluide et l’établissement de
- Évite des arrêts de production imprévus pour responsabilités.
changer le fluide. - Possibilité de sous-traitance des opérations de
- Diminution du risque de voir les travailleurs contrôle étant donné la variété de mesures
affectés. techniques requises pour l’évaluation de chaque
paramètre.
Résultats environnementaux : Résultats économiques :
- Réduction de la consommation de fluides de - Réduction des dépenses dues à la consommation
coupe et d’eau. et à la gestion antérieures.
- Réduction de la production de résidus de jusqu’à - Investissement en appareils de mesure, main
60 %. d’œuvre et laboratoire externe.
Exemples d’application : L’entreprise décrite dans l’alternative précédente (OPP-2) a installé un système de
contrôle analytique de fluide de coupe étant donné la quantité de résidus que produisait ce fluide (15 314 l/an). La
mesure a représenté une réduction de 40 % du volume de résidus produits et de 27 % du total de fluide aqueux
consommé annuellement. L’investissement en équipement analytique, main d’œuvre et laboratoire externe a
supposé une dépense de 2 700 €, récupérée en 7 mois. (Source : IHOBE.)
59
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Observations :
Le contrôle analytique des paramètres qui déterminent la dégradation et la pollution des fluides
utilisés lors des processus de déformation et de coupe contribue à en prolonger la vie utile. Le
contrôle cherche à introduire les mesures correctrices afin de maintenir le fluide de coupe dans des
conditions optimales.
Dans le cas des huiles de coupe utilisées lors des opérations d’usinage, la dégradation est due, d’une
part, au phénomène de la fatigue thermique causée par les fortes températures atteintes lors des
processus et, d’autre part, aux réactions chimiques avec les éléments présents dans les particules
étrangères au fluide de coupe telles que les copeaux et les huiles hydrauliques.
Le tableau suivant montre les paramètres les plus importants dans le contrôle de l’huile de coupe et
les mesures correctrices à employer au cas où ces paramètres doivent être corrigés.
D’autre part, la perte de qualité des fluides de coupe aqueux, causée par la fatigue thermique et la
réaction chimique mentionnées précédemment est aggravée surtout pas la présence de micro-
organismes qui métabolisent les composants du fluide de coupe en modifiant sa structure chimique.
En outre, la présence de solides et d’huiles favorise la prolifération de ces micro-organismes et, par
conséquent, la dégradation du fluide.
Dans le cas de fluides de coupe aqueux, nous montrons ci-dessous les paramètres à contrôler.
60
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Tableau 18. Les paramètres à contrôler dans les fluides de coupe aqueux
Quant aux émulsions utilisées dans le processus de laminage, leur dégradation est surtout due à la
présence de micro-organismes et à la pollution du fluide par la traînée d’acide des lignes préalables
de décapage, la qualité de l’eau utilisée pour refroidir l’émulsion, les fuites d’huile utilisée dans les
machines et la concentration de particules fines de fer.
61
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Description : L’implantation de cette alternative se base sur l’application de deux types de pratiques. La
première consiste à homogénéiser l’utilisation des fluides de coupe jusqu’à utiliser la plus petite quantité possible
de composés différents. La deuxième mesure requiert une sélection adéquate de produits tels que les lubrifiants
ou les huiles hydrauliques pour que leur influence sur le fluide de coupe, en cas de fuites, soit minime. Il faut
considérer la flottabilité et la miscibilité de ces produits afin de prévenir leur influence sur le fluide de coupe et
favoriser leur élimination.
Exemples d’application : Une entreprise qui se consacre à la fabrication d’éléments de fixation pour
l’automobile a réalisé une étude afin d’unifier les différents lubrifiants utilisés dans le processus d’étampage, de
pointillage et de filetage. Outre une amélioration dans le système de gestion et le stockage des huiles, cette
mesure a permis d’obtenir une réduction de 10 % de leur consommation. (Source : IHOBE.)
Description : Outre le contrôle périodique de la qualité du fluide afin d’en allonger la vie utile, il faut procéder à
son remplacement par du fluide nouveau lorsqu’il a perdu ses propriétés. On peut profiter du moment où il faut
changer les fluides de coupe usés pour appliquer des produits tels que des biocides et des fongicides dans le
circuit d’approvisionnement afin d’éliminer les micro-organismes qui peuvent être présents.
62
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
OPP-7 : Aération du fluide utilisé dans les processus de déformation et de coupe de métaux
Processus dans lequel on l’applique : Opérations qui utilisent des fluides de coupe pour favoriser les
processus de déformation et d’usinage (laminage à froid, fraisage, tournage, etc.)
Aspect environnemental affecté : Consommation de fluide et résidus produits
Description : Cette pratique consiste à permettre régulièrement l’accès d’oxygène au compartiment où se trouve
le fluide. Cette aération peut être obtenue par l’application directe d’oxygène ou en actionnant le système de
pompage des circuits de fluide de coupe pendant les périodes de repos bien que l’effet obtenu dans ce dernier
cas est de moindre intensité.
Description : Consiste à placer la pièce pendant le processus d’usinage de manière à ce que la rétention de
fluide de coupe y soit réduite au maximum, ce qui permet d’éviter une partie des pertes de fluide de coupe par
traînée.
63
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
OPP-9 : Optimisation des conditions d’application de fluides pour favoriser les processus de
déformation et de coupe des métaux
Processus dans lequel on l’applique : Opérations qui utilisent des fluides pour favoriser les processus de
déformation et de coupe (laminage à froid, tournage, fraisage, etc.)
Aspect environnemental affecté : Consommation de fluide de coupe, formation de brouillards d’huile.
Description : Pour garantir un niveau adéquat de qualité dans le processus, il faut réviser la pression, la direction
et le débit d’application du fluide de coupe. Une réduction de la pression d’approvisionnement jusqu’à la valeur
minimale qui assurera la qualité du processus et une direction correcte du fluide permettent de minimiser le
risque d’éclaboussures et la formation de brouillards.
Description : Pour minimiser l’impact qui dérive de l’utilisation de fluides de coupe, on peut utiliser des fluides
d’une composition moins nocive et plus respectueuse de l’environnement. Ce seront des fluides de coupe
biodégradables, des fluides avec des additifs spéciaux qui minimisent la formation de brouillard d’huile ou bien
des fluides exempts de composants toxiques (amines, soufre, phénol, silicones).
64
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Observations :
Un lubrifiant est considéré biodégradable lorsque sa dégradation finale après 28 jours est supérieure
à 90 %, ce qui est conforme à la technique OCDE 301D qui mesure la consommation d’oxygène ou
conforme à la méthode 301B qui détermine le contenu en CO2.
Quant à la toxicité du produit, elle s’établit en valeurs EC/LC50 qui ne dépassent pas 1 mg/l.
Étant donné l’absence, dans de nombreux pays, de normes légales faisant référence à la fabrication
et à l’utilisation de fluides de coupe, il est nécessaire de réduire la présence de composants
déterminés lorsqu’on achète un nouveau fluide de coupe, de manière à ce que le risque pour la santé
des travailleurs soit réduit et que l’on diminue l’impact environnemental. Nous montrons ci-dessous un
tableau qui reprend les critères de sélection de ces fluides selon le Ministère du Travail et des Affaires
sociales espagnol1.
Source : Données extraites du site web du Ministère du Travail et des Affaires sociales espagnol
(http://www.mtas.es).
1
Voir NTP 317: Fluidos de corte: criterios de control de riesgos higiénicos (Fluides de coupe : critères de contrôle
des risques hygiéniques), Instituto Nacional de Seguridad e Higiene en el Trabajo (Institut national de la
Sécurité et de l’Hygiène au Travail).
65
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Description : Il existe des agents de dégraissage qui, étant donné leur dangerosité ou des problèmes
environnementaux, doivent être remplacés par d’autres plus respectueux de l’environnement et de la santé des
personnes. L’exemple le plus fréquent sont les dissolvants halogénés, surtout les chlorés qui, étant donné leur
efficacité, sont utilisés dans les opérations de nettoyage, mais qui sont toxiques à cause de l’émission de
composés organiques volatiles (COV) et à cause de la production d’effluents chlorés. Ces agents peuvent être
remplacés par des hydrofluoroéthers (HFE), mélanges à base de p-cymène, ou des solutions aqueuses de
détergents alcalins. Quant à ces derniers, les dégraissants qui contiennent des dérivés d’EDTA, de NTA ou
autres, sont eux aussi problématiques à cause du coût élevé d’épuration des eaux résiduaires qu’ils produisent,
c’est pourquoi ils peuvent être remplacés par du gluconate de sodium.
Observations:
Comme nous l’avons décrit dans le paragraphe 2.10 de ce manuel, on utilise dans les opérations de
dégraissage deux types de dégraissants : les dissolvants halogénés et les détergents. Nous décrivons
ci-après certaines alternatives dans l’utilisation des dégraissants les plus problématiques inclus dans
ces groupes.
Dans le groupe des dissolvants halogénés, les plus problématiques sont les dissolvants chlorés
(trichloroétane, trichloréthylène, etc.) étant donné l’émission de composés organiques volatiles (COV)
dans l’atmosphère et la production d’effluents chlorés. Les agents alternatifs identifiés sont des
mélanges à base de p-cymène et d’hydrofluoroéthers (HFE) dont on trouvera les principales
caractéristiques sur le tableau suivant.
66
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
AGENT
AVANTAGES INCONVÉNIENTS / EXIGENCES
DÉGRAISSANT
- Lorsque l’on l’utilise par voie humide,
- Composé d’agents tensioactifs il faut faire un essai préalable afin de
totalement biodégradables. vérifier que la qualité du produit final
Mélanges à base n’est pas modifiée.
de p-cymène
- Non toxique.
- Requiert un équipement automatique
- N’abîme pas la couche d’ozone et ne d’arrosage par aspersion et le
porte pas préjudice à l’atmosphère. mouvement des pièces afin de
favoriser le dégraissage.
- La pièce obtenue est sèche.
- On peut l’acheter avec un
- Toxicité peu élevée. équipement de distillation afin de
- Stabilité thermique et chimique. récupérer le liquide résiduaire qui est
Hydrofluoroéthers produit.
(HFE) - Viscosité peu élevée et tension
superficielle. - Coût élevé par rapport aux
- Solubilité dans l’eau peu élevée. dissolvants halogénés, mais
amortissement rapide.
- Non inflammable.
Source : Données extraites du Manual de ecogestió, 6. Prevenció de la contaminació en el sector del tractament
de superfícies, Departament de Medi Ambient de la Generalitat de Catalunya, 2002.
D’autre part, dans le groupe de dégraissage chimique par détergents, ceux qui contiennent des
dérivés de l’EDTA, du NTA et autres s’avèrent problématiques pour l’environnement car ils forment
des complexes avec les métaux qui, par la suite, doivent être séparés et précipités. La libération de
ces complexes exige un temps de traitement prolongé qui provoque une augmentation des coûts
d’épuration des eaux résiduaires. Par conséquent, une alternative durable à ces agents désinfectants
est le gluconate de sodium car le complexe métallique qu’il provoque est moins fort, ce qui facilite la
précipitation postérieure des métaux.
Finalement, il faut mentionner que dans le cas où il s’avèrerait indispensable d’utiliser des détergents
organiques, ce qui doit prévaloir, c’est leur réutilisation à l’aide d’un équipement de récupération du
dissolvant à partir d’un distillateur. La mesure permet une économie de 90 % de dissolvant consommé
et le même pourcentage de réduction de la production d’effluents halogénés résiduaires.
67
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Description : Grâce à l’optimisation des dimensions de la matière première initiale, il est possible de minimiser la
quantité de matériel excédant sous forme de copeaux, de ferraille et de tournure. Pour cela il est bon d’utiliser un
matériel de départ le plus proche possible de la dimension de la pièce finale et dans le cas de la fabrication de
pièces vides, il faut partir d’un matériel déjà vide au lieu de le perforer postérieurement. En outre, un calibrage
adéquat des presses utilisées dans le processus de découpe des tôles permet aussi de réduire le volume de
ferraille produite.
68
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Aspect environnemental affecté : Consommation de fluide de coupe, de fluide de coupe usé, de traînée de
fluide de coupe sur les pièces et de tournure, brouillards, fuites et éclaboussures d’huile
Description : La suppression du fluide de coupe dans les opérations d’usinage permet d’éliminer les impacts
environnementaux dérivés de son utilisation. Cette alternative implique l’adoption de mesures adéquates qui
assument les fonctions que réalise le fluide de coupe (lubrification, réfrigération du système et traînée de matériel
excédant).
Observations:
Lorsque l’on élimine complètement le fluide de coupe, il faut prendre une série de mesures pour que
les autres moyens utilisés réalisent les fonctions d’évacuation de tournure, de lubrification et de
réfrigération qu’exercent normalement les fluides de coupe. Ces moyens doivent assurer la stabilité
thermique et mécanique de la machine, le respect des standards de qualité et la résistance à l’usure
de l’outillage.
En outre, il faut tenir compte du fait que l’usinage à des vitesses de coupe peu élevées favorise
l’usure de la machine par adhésion et abrasion, tandis que les températures élevées atteintes dans
les grandes vitesses de l’usinage favorisent le processus de diffusion et d’oxydation. Par conséquent,
cette alternative requiert que l’on choisisse des machines présentant une faible tendance à adhérer à
la pièce et à la tournure, de grande dureté et de résistance à l’usure élevée lorsqu’elle travaille à de
hautes températures.
L’usinage à sec est une technique en développement qui demande une analyse détaillée pour évaluer
son applicabilité au processus. L’évolution dans le design des matériaux et de l’outillage, tels que les
instruments recouverts, permet d’élargir l’éventail de possibilités d’application de cette alternative à
69
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
des processus dans lesquels, jusqu’à présent, on considérait qu’il était indispensable d’utiliser un
fluide de coupe. C’est le cas, par exemple, des opérations de taille d’engrenages à sec à l’aide
d’instruments de carbure où on a même observé une augmentation de la vie utile de l’instrument car
le fluide de coupe est responsable de la fatigue thermique qui le détériore.
Outre la taille d’engrenages, il existe des expériences d’usinage à sec dans des processus tels que :
• L’usinage de fonte grise où les pièces provenant de la fonte grise contiennent du graphite qui
agit comme lubrifiant. L’outillage utilisé est recouvert de nitrure de titane (TiN) et de titane (Ti).
• L’usinage dur au lieu de la rectification car les instruments en céramique et en nitrure de bore
cubique qui sont utilisés ne sont pas favorisés par l’utilisation de fluide de coupe qui provoque
des problèmes de fatigue thermique.
• Le brochage d’acier au carbone à l’aide de broches recouvertes qui offre une meilleure qualité
superficielle de la pièce.
• L’usinage de l’acier où l’on obtient des résultats positifs à condition de garantir l'évacuation
adéquate de tournure ou bien là où l’on n’a pas besoin de tolérances dimensionnelles précises.
OPP-14 : Usinage en utilisant la plus petite quantité possible de lubrifiant (technologie MQL)
Processus dans lequel on l’applique : Opérations d’usinage (fraisage, tournage, filetage, mandrinage, etc.)
Aspect environnemental affecté : La consommation de fluide de coupe, de fluide de coupe usé, traînée de
fluide de coupe sur les pièces et les copeaux, les brouillards et les éclaboussures d’huile
Description : La consommation de fluide de coupe dans les opérations d’usinage se réduit considérablement
grâce à l’application, par gouttes et aérosols, de la plus petite quantité nécessaire, garantissant un niveau
adéquat de lubrification. De cette façon, le fluide de coupe ajouté est consommé sans provoquer de résidus, il ne
se produit qu’une légère pellicule de ce fluide sur la pièce, ce qui améliore sa gestion et sa manipulation. Il existe
trois alternatives différentes pour son application : les systèmes de pulvérisation à basse pression, les systèmes
d’injection sans air et les systèmes de pulvérisation à haute pression.
Avantages : Inconvénients / exigences :
- Réduction de la consommation de fluide de - Installation de doseurs spéciaux dans les
coupe jusqu’à 95 %. machines et, parfois, de prises d’air comprimé.
- Il faut garantir la stabilité thermique et mécanique
de la pièce.
- Exige un entretien approprié afin de garantir les
conditions adéquates d’approvisionnement.
Résultats environnementaux : Résultats économiques :
- Élimination de résidus de fluide de coupe (le - Investissement total variable selon le nombre de
produit appliqué ne s’égoutte pas mais il recouvre points d’application ainsi que le débit et la
d’une fine pellicule les pièces et les copeaux). précision de l’approvisionnement (480 - 1 500 € /
- Amélioration de l’atmosphère de travail grâce à unité).
l’élimination de brouillards, de fuites et - Réduction des dépenses en consommation de
d’éclaboussures d’huile. fluide de coupe, de gestion de résidus et
- Élimination de l’impact environnemental dérivé d’opérations de nettoyage et de dégraissage.
des opérations de nettoyage des pièces et des
résidus métalliques car le processus n’a pas
besoin de cette opération.
Exemples d’application : Une entreprise d’usinage de moules et de matrices en acier pour injection d’aluminium
a remplacé son système d’approvisionnement de fluide de coupe par un autre de dosage de Quantité minimale
de lubrifiant (MQL) afin de réduire la consommation de fluide de coupe et la production de résidus. Ils ont installé
8 unités de dosage MQL pour un prix total approximatif de 3 800 €, ce qui a apporté une réduction de 95 % de la
consommation de fluide de coupe. L’investissement initial et les coûts annuels additionnels ont été amortis en
3,4 ans. (Source : IHOBE.)
70
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Observations:
Ci-dessous, nous montrons les différents systèmes pour l’application de cette opportunité de
prévention de la pollution. Il faut souligner que les trois techniques exigent la modification des points
d’approvisionnement en fluide de coupe des machines par des buses de nébulisation ou des doseurs
de précision.
ALTERNATIVE
DESCRIPTION CARACTÉRISTIQUES APPLICABILITÉ
D’APPLICATION
Le fluide de coupe est - Possible formation de brouillards.
introduit dans un courant d’air
Systèmes de
à basse pression et il est
- Peu de précision du degré du - Fluide de coupe
pulvérisation à dosage. visqueux (aqueux
transmis à la surface de la
basse pression - Quantité appliquée de 10 - 1 000 pour la plupart).
pièce sous forme de
mélange. ml/h.
Le fluide de coupe est - Absence de formation de
appliqué sur la surface du brouillards.
Systèmes
métal à travers des bombes
- D’habitude dans
d’injection sans
de dosage qui n’ont pas
- Dosage précis. des processus
air discontinus.
besoin d’air pour impulser le - Quantité appliquée de 0,01 - 1
2
fluide. ml/cycle .
Source : Données extraites du Libro Blanco para la minimización de residuos y emisiones. Mecanizado del metal,
IHOBE, S. A.
2
On peut arriver jusqu’à 260 cycles par minute.
71
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Description : Consiste à approvisionner en fluide les différentes machines et les instruments à travers un seul
dépôt au lieu d’utiliser des dépôts multiples individuels pour chaque machine, ceci permet de réduire les efforts
de contrôle et l’entretien du fluide.
Exemples d’application :
A. L’entreprise qui a appliqué l’OPP-5 a conçu une installation centralisée d’approvisionnement de fluide
de coupe (investissement de 42 071 €) qui incluait des détecteurs de niveau d’huile pour éviter des
écoulements par débordement ou des situations de manque d’huile. La mesure a permis de réduire de
53 % la consommation d’huile, ce qui représente une économie annuelle d’environ 24 000 €. (Source :
IHOBE.)
B. L’entreprise décrite dans l’OPP-2 et l’OPP-3 a combiné cette alternative (d’un investissement de
16 500 €) avec des mesures d’entretien du fluide de coupe : une unité skimmer (6 000 €) et un
système de filtrage (1 500 €). Dans l’ensemble, ils ont obtenu une réduction de la consommation de
fluide de coupe d’environ 52 % et de la production totale de résidus d’environ 70 %. Le temps
d’amortissement de l’investissement a été de 4,8 ans. (Source : IHOBE.)
72
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Description : L’alternative consiste à placer des barrières dans la machine afin d’empêcher les projections de
fluide de coupe à l’extérieur de la zone de l’usinage. Le type de carénage varie en fonction de la structure de la
machine, on peut utiliser des rideaux, des carénages en plastique ou métalliques et des écrans rigides.
Exemples d’application : Une entreprise de décolletage pour l’obtention de pièces usinées a installé des
écrans rigides de haut rendement sur 9 tours lubrifiés avec de l’huile de coupe. La mesure a supposé un
investissement de 13 500 € (outre les dépenses annuelles d’entretien et de financement) et a éliminé
complètement les éclaboussures qui représentaient 70 % des pertes annuelles d’huile. L’investissement a été
amorti en 2,4 ans. (Source : IHOBE.)
Description : Le laminage à froid en continu permet un contrôle plus efficace de l’épaisseur que l’on veut donner
à la bande et de la qualité de sa surface. Cela entraîne une amélioration du rendement du matériel et permet, en
outre, d’optimiser la consommation d’huile et d’énergie.
73
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Description : Dans le recuit du processus de laminage à froid d’acier faiblement allié on utilise en général des
fours à hotte qui se caractérisent par un temps de processus élevé et une vitesse de refroidissement peu
conseillée pour certaines qualités d’acier. Pendant l’étape de chauffage, l’atmosphère protectrice se compose
normalement d’un mélange d’azote et d’hydrogène, avec un contenu en hydrogène proche de la limite de
l’inflammation. Au lieu d’utiliser ce type d’atmosphère, celle-ci peut être totalement formée d’hydrogène, on
obtient ainsi des temps de recuit inférieurs et des refroidissements plus rapides.
OPP-19 : Utilisation de brûleurs à faible niveau de NOX pour la réduction des émissions de NOX
dans les fours de recuit
Processus pour lequel on l’applique : L’étape de chauffage des processus thermiques
Aspect environnemental affecté : Émission atmosphérique de NOX
Description : Il existe des brûleurs qui, par la réduction de la température maximale de la flamme, le temps
passé dans la zone de haute température ou la disponibilité d’oxygène dans la zone de combustion, permettent
de diminuer les niveaux d’émission de NOX d’un four conventionnel. Pour y parvenir, les brûleurs sont dessinés
de manière à ce qu’on puisse graduer la concentration d’air et de combustible et/ou qui permettent la recirculation
interne des gaz de combustion.
Observations :
Le tableau ci-dessous montre les différents niveaux d’émission de NO2 et de CO que l’on peut obtenir
par le biais de l’application de brûleurs à niveau de NOX peu élevé dans des fours de recuit continus et
discontinus.
74
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Tableau 22. Les niveaux d’émission obtenus avec des brûleurs à niveau de NOX peu élevé
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
Les alternatives de recyclage à la source consistent à réutiliser un courant résiduaire dans le centre
productif même où il se produit, dans le même processus ou dans un processus différent.
Description : L’une des alternatives pour améliorer le rendement thermique des fours consiste à réutiliser les gaz
d’échappement pour préchauffer l’air de combustion. On parvient à cela selon deux types de systèmes : les
systèmes avec brûleurs régénératifs et les systèmes avec brûleurs récupérateurs.
Exemples d’application : Une entreprise a réalisé des modifications dans son four de recuit pour bandes d’acier
inoxydable en l’équipant d’une paire de brûleurs régénératifs et d’un brûleur autorécupérateur. La mesure a
supposé une réduction de la consommation d’énergie primaire de 50,6 %, avec une période d’amortissement de
5,5 ans. Il faut souligner qu’avec cette mesure, le temps d’amortissement dépend considérablement des
dépenses d’énergie, ce qui fait que l’on peut bénéficier de temps d’amortissement inférieurs. (Source : BREF
Métaux ferreux.)
75
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Observations :
Les systèmes de brûleurs régénératifs utilisent deux ensembles d’échangeurs de chaleur : alors que
l’un des brûleurs fonctionne en mode de combustion, le régénérateur de l’autre brûleur se chauffe par
contact direct avec le gaz d’échappement. Régulièrement les flux changent pour invertir le processus.
Le design des brûleurs régénératifs est plus compact et donc mieux adapté à de petits fours et dans le
cas où il y a des problèmes d’espace.
Les brûleurs récupérateurs consistent en un échangeur de chaleur placé à la sortie des gaz
d’échappement afin de permettre le transfert continu de chaleur à l’air de combustion qui entre à
travers la surface de chauffe.
TEMP. DE EFFICACITÉ
ÉCONOMIE DE
PRÉCHAUFFAGE QUE THERMIQUE OBSERVATIONS
COMBUSTIBLE
L’ON PEUT ATTEINDRE * DU FOUR
-
Utilisé pour hautes
températures de gaz
résiduaires.
-
Adaptés aux processus
en discontinu parce que
ces derniers n’incluent
BRÛLEURS > 600º C (jusqu'à 1 100 et
∼ 80 % ∼ 60 % pas de zone de
RÉGÉNÉRATIFS 1 300º C)
préchauffage.
-
Selon la température de
préchauffage les
émissions de NOX
peuvent atteindre 3 000
mg/m3.
BRÛLEURS
550 - 620º C ∼ 65 % Non disponible
RÉCUPÉRATIFS
* Les températures de préchauffage dépendent de la température d’entrée du gaz résiduaire et de la température du
processus
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria de
Proceso de Metales Férreos.
76
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Description : L’alternative consiste à récupérer le fluide de coupe qui provient de l’égouttage de pièces et des
copeaux, par exemple à l’aide de plateaux, pour le réintroduire dans le circuit d’approvisionnement à travers un
système de pompes et de tuyauteries. Cette mesure est favorisée par l’augmentation du temps d’égouttage.
Exemples d’application :
A. Une entreprise de fabrication de pièces et de composants pour l’industrie de l’automobile a appliqué
cette mesure afin de récupérer l’huile de coupe qui s’égouttait du container dans lequel on déposait les
copeaux. L’investissement initial de 15 000 € qui incluait des travaux civils pour la construction d’un
dépôt et les dépenses en énergie et en entretien a été amorti en 11 mois car la mesure a supposé une
réduction d’environ 60 % de la consommation d’huile de coupe et de 33 % des dépenses en gestion de
résidus. (Source : COMESA.)
B. L’entreprise décrite dans l’OPP-16 a installé des plateaux pour recueillir le fluide de coupe aqueux
provenant de l’égouttage des pièces. La mesure a supposé un investissement de 3 060 € pour
l’installation de 17 plateaux obtenant ainsi une réduction annuelle de dépenses en consommation de
fluide de coupe et en nettoyage du sol industriel de 1 188 €. La période d’amortissement de la mesure
dans ce cas concret a été de 3,4 ans. (Source : IHOBE.)
77
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
OPP-22 : Nettoyage et réutilisation des fluides de coupe utilisés dans les processus
de déformation et de coupe de métaux
Processus dans lequel on l’applique : Opérations qui utilisent des fluides pour la déformation et la coupe de
métaux (laminage à froid, tournage, filetage, etc.)
Aspect environnemental : Consommation de fluide et résidu produit
Description : Pendant le processus, les fluides utilisés dans les opérations de déformation et d’usinage sont
pollués par des éléments étrangers, qu’ils soient solides (boues, copeaux, poussière et particules de
l’atmosphère) ou liquides (huiles hydrauliques, huile de guides et huiles de lubrification). À mesure que la
présence de ces particules augmente, le fluide perd sa qualité, il se produit des erreurs dans le processus. Pour
éviter cela, il existe une grande diversité d’équipements et de systèmes destinés à un entretien correct du fluide,
de manière que celui-ci puisse être réintroduit dans le processus. Cependant, il est bon d’extraire régulièrement
une partie du débit pour que le fluide maintienne ses propriétés.
Exemples d’application :
A. Une entreprise d’usinage de grandes pièces d’aluminium du secteur de l’automobile a acquis deux
équipements auxiliaires de séparation d’huile de type skimmer coûtant 3 600 €3 chacun. La mesure a
représenté une augmentation de la vie utile du fluide de coupe de 2 mois additionnels, de manière que
la consommation de fluide de coupe a été réduite d’environ 25 % et la quantité de résidus produits
annuellement de 56 % (les données se rapportent à deux lignes de production). (Source : IHOBE.)
B. L’entreprise décrite dans les OPP-5 et OPP-15 (exemple A) a acheté deux installations fixes de filtrage
d’huile et une troisième unité mobile de filtration, ce qui a supposé un investissement de 12 621 €. La
mesure a entraîné l’optimisation de la vie des lubrifiants et la réduction de plus de 70 % de la production
d’huile usée et de boues huileuses. (Source : IHOBE.)
Observations:
Comme nous l’avons exposé précédemment, il existe une diversité d’équipements pour l’élimination
de particules étrangères au fluide usé qui prolongent sa vie utile. Le tableau ci-dessous montre ces
équipements, groupés en fonction du type de particules qu’ils sont capables d’éliminer. Le choix de
l’un ou de l’autre système dépend des conditions techniques et économiques et du degré de
nettoyage que l’on souhaite atteindre.
3
Il existe sur le marché des équipements skimmer d’un prix inférieur à celui de l’exemple.
78
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
79
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Source : Données extraites du Libro Blanco para la minimización de residuos y emisiones. Mecanizado del metal,
IHOBE S. A.; de la Base de dades de tecnologies. Sector metal.lúrgic, CEMA S. A. et de plusieurs publications
sur les technologies du secteur de l’usinage du métal.
80
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
81
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Observations:
Nous montrons ci-dessous les données opérationnelles d’entrée et de sortie de la solution de
dégraissage pour une ligne de recuit en continu par le biais du nettoyage par ultrafiltration.
Tableau 25. Les niveaux de consommation et d’émissions dans le nettoyage d’un bain
dégraissant par ultrafiltration
ENTRÉE
Solution dégraissante 50 - 60 kg/t
Eau déminéralisée 0,3 - 0,4 kg/t
Dégraissant 0,04 - 0,05 kg/t
Énergie électrique 4 - 5 MJ/t
SORTIE
Solution dégraissante propre 40 - 50 kg/t
Boues 0,4 - 0,5 kg/t
Température 30ºC
pH 6,5 - 9,5
Source : Données extraites du Documento de referencia sobre Mejores Técnicas Disponibles en la Industria
de Proceso de Metales Férreos.
82
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Description : L’utilisation de filtres pour prolonger la qualité des fluides de coupe et les solutions de dégraissage
produit un résidu qui est le filtre lui-même. Afin de minimiser ce résidu, il est bon de sélectionner les techniques
qui permettent l’utilisation de matériel filtrant à usage multiple. Il existe la possibilité de remplacer le système de
filtrage par un autre qui utilise des filtres à usage illimité, qui ont besoin d’un nettoyage régulier. Une autre
alternative sont les filtres à cartouche, adaptables à la plupart des systèmes de filtrage, qui peuvent être utilisés
plusieurs fois, ce qui réduit ainsi la production de résidus. Le choix de l’un de ces systèmes dépend du type de
fluide, de la qualité du filtrage et de la topologie du matériel à retenir.
Exemples d’application : L’entreprise citée dans l’OPP-22 (exemple A) utilisait un système de filtrage du fluide
de coupe qui était composés de rouleaux de papier filtrant jetable. Le système a été remplacé par un autre
utilisant des filtres en fibres tissées à usage multiple, éliminant ainsi les résidus de matériel filtrant jetable qui
supposaient une dépense annuelle de 587 € et la consommation de ce matériel (5 410 € annuels pour l’achat de
papier filtrant). Le montant total de l’équipement de filtrage pour deux dépôts individuels d’approvisionnement de
fluide de coupe et un autre centralisé s’est élevé à environ 7 000 € qui ont été amortis en 1,3 ans. (Source :
IHOBE.)
83
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Observations :
Nous montrons ci-dessous un tableau qui évalue les principaux aspects économiques et
environnementaux de ces équipements.
Tableau 27. Les caractéristiques des équipements auxiliaires de séparation de fluide de coupe
des pièces et des copeaux
84
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
En général les équipements sont applicables aussi bien aux grandes qu’aux petites pièces et
copeaux. L’efficacité des souffleries dépend cependant de la géométrie de la pièce ou de la tournure
car les vecteurs d’air appliqués n’atteignent pas facilement des pièces à morphologie complexe ou
possédant des volumes intérieurs.
Les alternatives de traitement final agissent sur le courant résiduaire une fois qu’il a été produit, en
général dans l’entreprise où a lieu le processus, dans le but de conditionner l’effluent résiduaire pour
son déversement.
Description: La mesure consiste à installer des systèmes d’extraction et d’épuration de brouillards d’huile et
autres émissions dans l’atmosphère afin d’éviter leur dispersion dans le milieu de travail. Si la machine est
fermée, l’équipement peut être directement accouplé à l’aide d’aspirateurs et dans des machines ouvertes ou à
demi-ouvertes, il sera accouplé à travers des bras d’extraction articulés ou des hottes d’extraction fixes. En
fonction de la composition des émissions à traiter, on utilise différents systèmes d’épuration : des filtres, des
éliminateurs mécaniques, des cyclones, des précipitateurs électrostatiques et des appareils à laver le gaz avec
de l’eau recyclée dans le cas des bains de dégraissage.
Observations :
Nous montrons ci-dessous un tableau qui reprend les principales caractéristiques de quelques-uns
des équipements d’extraction de brouillards d’huile et autres émissions.
85
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Tableau 28. Les caractéristiques des équipements d’extraction de brouillards d’huile et autres
émissions environnementales
COÛT
TAILLE DES APPROXIMATIF DE
ÉQUIPEMENT APPLICABILITÉ EFFICACITÉ OBSERVATIONS
PARTICULES L’INVESTISSEMENT
(€/m3/h)
Non applicable aux
Précipitateur
Brouillards d’huile, huiles et gaz à point
électrostatique
émissions des 95 % 5 - 10 μm 6 - 30 d’inflammation bas
avec
fours, poussière ou risque
électrofiltre
d’explosion
Vapeurs des bains
de dégraissage, On transfère la
Épurateur de particules et pollution à un
95 - 99 % > 0,5 μm 4,8 - 7,2
gaz polluants des liquide qui devra
émissions des être traité
fours
Poussière et Indiqués pour gaz à
Filtre à
composés 95 - 99 % > 0,1 μm 1,5* bas niveau
manche
métalliques d’humidité
Équipement simple
Brouillards d’huile, et économique et
Cyclone 65 - 99 % 5 - 10 μm 0,18 - 0,24
poussière qui requiert peu
d’entretien
* Cas concret appliqué dans une entreprise
Nous montrons ci-dessous les résultats de l’élimination obtenue à l’aide de la séparation de vapeurs
d’émulsion dans des trains de laminage en utilisant un séparateur composé d’un filtre de gouttelettes
de tissu d’acier.
86
Les opportunités de prévention et de réduction de la pollution
Description : Bien que l’on applique des mesures de nettoyage afin d’allonger la vie utile des émulsions de fluide
de coupe et des bains de dégraissage, une partie du débit doit être rejetée afin de maintenir la qualité du
processus. La faction rejetée est polluante à cause de son contenu en huiles et autres composés (métaux,
chlorure, sulfures), c’est pourquoi elle doit être traitée avant son évacuation. Ce traitement consiste
principalement à séparer la phase aqueuse de la phase huileuse, ce qui permet d’obtenir ainsi une eau à charge
polluante moindre. Dans le cas d’émulsions, l’eau obtenue du traitement peut être évacuée ou, selon sa qualité,
remise en circulation dans le processus. Mais dans le cas des bains de dégraissage, la fraction aqueuse séparée
requiert un traitement postérieur avant d’être évacuée (par exemple, de neutralisation). La boue est employée
dans la fabrication d’asphaltes et de ciments. S’il s’agit d’un résidu huileux, on peut régénérer ses huiles ou le
mettre en valeur par incinération.
Exemples d’application : L’entreprise décrite dans l’OPP-21 (exemple A) et l’OPP-25 a installé un évaporateur
pour traiter l’eau provenant des fluides de coupe aqueux usés, des bains de lavage usés des pièces et des
effluents liquides de nettoyage, tous ayant été au préalable filtrés. L’eau ainsi obtenue est réutilisée dans le
processus auxiliaire de nettoyage des sols, ce qui suppose une réduction de 81 % de la consommation d’eau et
une diminution de 95 % des dépenses dans la gestion de résidus. L’investissement initial de 82 078,9 € et les
dépenses énergétiques et d’entretien annuelles ont été récupérés en 7 mois. (Source: COMESA)
Observations:
Il existe différents systèmes pour le traitement des émulsions de fluide de coupe consommés et des
bains de dégraissage. Nous décrivons brièvement ci-dessous les traitements disponibles ainsi que les
avantages et les inconvénients de chacun d’entre eux.
87
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Tableau 30. Le traitement des fluides de déformation et de coupe / bains de dégraissage consommé
TECHNIQUE DESCRIPTION AVANTAGES / APPLICABILITÉ INCONVÉNIENTS
Processus grâce auquel on chauffe
l’émulsion provoquant ainsi
l’évaporation de l’eau et créant un
concentré d’huile qui est extrait - Une concentration d'huile de 5 - Consommation d’énergie
Évaporation / séparément. Grâce à la condensation à 7 %, peut se réduire à un élevée.
Distillation de l’air produit, on récupère l’eau qui concentré avec un contenu - Demande un traitement
peut être utilisée postérieurement. d'huile de 90 % et 10 % d'eau. d’air résiduel.
L’huile concentrée est refroidie afin de
favoriser l’élimination de son contenu
en eau qui est encore présent.
Traitement - Applicable en tant que post- - Produit des boues de
chimique avec des traitement dans les processus neutralisation avec de
acides ou des sels combinés si la quantité d'huile l’huile.
de fer ou Addition d’acides, de sels de fer ou résiduelle à éliminer est - Pollue l’eau résiduelle avec
d’aluminium d’aluminium ou de polyélectrolytes qui réduite. du sel.
déstabilisent l’émulsion d’huile en - Applicable en tant que
neutralisant la charge des particules prétraitement dans les
Traitement colloïdales. processus combinés pour des
chimique avec des - Produit une boue huileuse.
émulsions possédant un
polyélectrolytes
contenu d'huile émulsifiée
élevée.
Processus de séparation par gravité
en profitant de la différence de densité
des deux milieux à séparer. L’huile est
récupérée mécaniquement à la - Les solides additionnels
- Produit des solides
surface et l’addition de bulles de gaz n'apparaissent pas dans la
additionnels dans la boue
Flottaison permet de recueillir, en outre, les boue de flottaison si on utilise
de flottaison si on utilise des
flocons d’huile les plus lourds. Au des électrolytes pour séparer
acides / sels.
préalable, on ajoute des acides, des les émulsions.
floculants et des polyélectrolytes pour
produire la rupture chimique de
l’émulsion.
Les particules d’huile adhèrent à la - Produit un résidu composé
surface d’un absorbant qui consiste en d’absorbant pollué qui est
- Les absorbants du lit fixe et
un lit fixe de solides (charbon actif), de traité comme une boue.
les absorbants en poudre sont
solides en poussière (charbon actif)
applicables lorsqu'il y a de - Consomme des agents
Absorption ou de flocons semi-solides distribués
basses concentrations d'huile chimiques.
dans le liquide (hydroxyde de fer). La
et évitent ainsi l'épuisement - Produit des quantités de
poussière ou les flocons doivent en
rapide de l'absorbant. boue résiduelle avec de
suite être séparés du liquide par
sédimentation, flottaison ou filtrage. l’huile.
88
5. CAS PRATIQUES
Dans ce chapitre, nous exposerons les cas réels d’entreprises qui ont amélioré leurs processus de
production par le biais de l’implantation d’alternatives de prévention de la pollution. Chaque exemple
contient une description de l’activité développée par l’entreprise, des problèmes environnementaux
associés et des mesures appliquées afin d’éliminer ou de réduire les impacts environnementaux
dérivés de leur fonctionnement. En dernier lieu, nous montrons un résumé des aspects économiques
associés à l’implantation de chaque mesure dans le contexte dans lequel il a été appliqué.
Entreprise
Componentes Mecánicos, S. A. (COMESA) est une « joint venture » entre les entreprises IVECO
PEGASO et ZF (ZAHNRADFABRIK FRIEDRICHSHAFEN). Située dans la Zona Franca (Barcelone,
Espagne), elle emploie 360 personnes et se consacre à la fabrication de pièces et de composants
pour l’industrie de l’automobile.
Les pièces fabriquées sont : des composants pour des axes de traction et des axes de traction
montés, des composants de boîtes de vitesses et des boîtes de vitesse montées ainsi que différents
types d’engrenages et d’axes qui sont envoyés à d’autres usines pour leur montage final.
En général, les pièces passent par les phases suivantes : l’usinage flexible, le traitement thermique,
usinage dur (rectification), le montage, la peinture (pour certains produits) et l’expédition. Parmi les
phases qui conduisent au montage il y a une opération de lavage.
Secteur industriel
Métallurgique. Fabrication de composants pour véhicules industriels.
Antécédents
La consommation de fluide de coupe au cours des opérations d’usinage produit un résidu consistant
en fluide de coupe usé qui doit être correctement géré car il s’agit d’un résidu très dangereux.4 Au
cours du processus, une partie de ce fluide se perd car il adhère à la surface des pièces et des
copeaux, ce qui provoque en outre une pollution de l’environnement par égouttement pendant le
transvasement de ceux-ci. Pour cette raison, une étape postérieure de lavage des pièces
(dégraissage) est nécessaire, ainsi que des opérations auxiliaires de nettoyage de l’usine, ce qui
cause des dépenses additionnelles de gestion de l’effluent résiduel.
Dans ce contexte, COMESA a décidé de lancer en 1998 un processus de mise en marche d’un
système de gestion environnementale qui lui a permis, en 2000, d’obtenir le certificat ISO 14001, ainsi
que la vérification du règlement 1836/93 EMAS. Ce fait a entraîné l’introduction de plusieurs mesures
au cours des années 1998 et 2003 afin d’éviter la pollution. Parmi ces dernières, nous exposons
celles qui font référence aux eaux résiduaires et à l’huile de coupe usée.
4
Classé comme résidu dangereux selon le Catalogue européen de résidus (CED).
89
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Résumé de l’action
Les mesures lancées à COMESA pour éviter la pollution ont été les suivantes :
1) L’installation d’un évaporateur qui, après filtrage, récupère l’eau qui provient du fluide de
coupe usé, des bains de lavage usés des pièces et des eaux résiduaires de nettoyage. L’eau
récupérée se réutilise par la suite dans le processus auxiliaire de nettoyage des sols de
manière que, grâce à cette mesure, on réduit la consommation d’eau et on minimise le
volume de résidus à traiter.
Photographie 4
L’EVAPORATEUR POUR LA RECUPERATION DES EAUX RESIDUAIRES
2) L’utilisation d’une presse pour récupérer l’huile de coupe contenue dans les filtres jetables lors
du processus de rectification. L’huile de coupe de ce processus est filtrée à travers des sacs en
cellulose pour être remise en circulation dans le système, ce qui produit un résidu composé de
poudre d’acier et le sac lui-même. Le pressage du résidu final permet de récupérer une grande
partie de l’huile tout en obtenant une poussière sèche d’acier que l’on peut recycler.
Photographie 5 Photographie 6
PRESSE LE CONTENU DES FILTRES
90
Cas pratiques
Photographie 7
L’EQUIPEMENT DE CENTRIFUGATION
4) La séparation dans des containers différents des copeaux imprégnés d’huile de coupe et des
copeaux qui contiennent du fluide de coupe aqueux ainsi que la récupération de l’huile de coupe
qui provient de l’égouttage pour sa réutilisation. La mesure a été lancée par le biais de la
réalisation d’une œuvre civile afin de récupérer ces fluides qui proviennent de l’égouttage, en
remettant en circulation l’huile de coupe dans le processus et en gérant le fluide de coupe aqueux
comme un résidu. Les travaux ont consisté à installer un dépôt souterrain imperméabilisé où l’on
récupère l’huile qui tombe par gravité du container qui contient les copeaux imprégnés d’huile de
coupe et de la pompe qui les fait passer dans un dépôt d’huile. Avant cette mesure, on gérait
ensemble comme résidu l’huile de coupe et le fluide de coupe aqueux.
Photographie 8
LE SYSTEME POUR RECUPERER L’HUILE DE COUPE QUI S’EGOUTTE DES COPEAUX
91
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Bilans
MESURE 1. ÉVAPORATEUR POUR LA RÉCUPÉRATION DE L’EAU RÉSIDUAIRE
Processus précédent (1998) Processus actuel (1999)
BILAN DU MATÉRIEL
Consommation d’eau 634 000 l/an 118 000 l/an
Résidus liquides à traiter 654 000 l/an 33 000 l/an
BILAN ÉCONOMIQUE
Dépense en consommation d’eau 2 193,7 €/an 781,3 €/an
Dépense en gestion des résidus liquides 149 363,5 €/an 7 861,2 €/an
Dépense énergétique et d’entretien de l’équipement _ 7 843,2 €/an
ÉCONOMIE ET DÉPENSES
Économie en consommation d’eau 1 412,5 €/an
Économie dans la gestion de résidus liquides 141 502,3 €/an
Dépenses énergétiques et d’entretien 7 843,2 €/an
INVESTISSEMENT 82 078,9 €
ÉCONOMIE ANNUELLE 135 071,6 €/an
PÉRIODE D’AMORTISSEMENT 0,61 ans ≅ 7 mois
92
Cas pratiques
93
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Observations
Les mesures décrites dans ce cas pratique se caractérisent par un remboursement rapide de
l’investissement. Cependant, pour évaluer son applicabilité à d’autres cas, il faut aussi considérer que
le niveau de résidus produit doit être significatif pour l’amortissement de l’investissement.
Les trois premières mesures permettent des niveaux de réduction des dépenses de traitement de
résidus d’environ 90 %. Les plateaux et les centrifugeuses, avec un investissement relativement
réduit, permettent, en outre, de diminuer d’environ 37 % l’huile de coupe consommée. Il faut souligner
que cette mesure entraîne une amélioration générale de la qualité de l’environnement de travail.
D’autre part, l’installation d’une presse pour récupérer l’huile de rectification apparaît comme une
mesure économique et simple selon ce que l’on peut juger à travers les résultats obtenus : réduction
de 50 % environ de la consommation d’huile et économie approximative de 90 % des dépenses pour
la gestion du résidu final.
Entreprise
TECNOFORM, S. A. est une entreprise de 50 travailleurs, située à Torelló (Barcelone, Espagne), qui
se consacre à l’emboutissage, l’étampage et le façonnage de pièces métalliques à partir de bandes
de fer, de laiton ou d’acier inoxydable. Les pièces obtenues, de taille, formes et applications diverses,
sont destinées au secteur de l’électroménager, de l’électricité et de l’automobile.
Secteur industriel
Métallurgique. Découpage à l’emporte-pièce et emboutissage de métaux.
Antécédents
Les machines utilisées dans les processus d’emboutissage, d’étampage et de façonnage requièrent
l’utilisation d’huile de lubrification afin de favoriser le façonnage de la pièce. L’utilisation de cette huile
implique l’obtention de pièces imprégnées de ce fluide et qui doivent être dégraissées. En outre, le
processus implique une consommation élevée d’huile, fait qui est aggravé par l’absence d’un système
qui permette son recyclage.
La mise en marche de mesures d’amélioration chez Tecnoform, S. A. s’est faite dans le but de réduire
la consommation de matières premières et de diminuer la charge polluante de l’effluent résiduaire
déversé afin de s’adapter à la législation en vigueur. La réduction de la consommation de matières
premières s’est surtout centrée sur la consommation d’eau et d’huile de lubrification. La stratégie
suivie pour améliorer les caractéristiques des effluents déversés a consisté, principalement, à
remplacer les matières premières que ce soit pour l’opération de dégraissage ou pour la lubrification
du processus.
Résumé de l’action
Les actions entreprises chez TECNOFORM, S. A. se sont déroulées pendant la période 1995 – 1997,
après l’analyse de la gestion environnementale de l’entreprise et ont consisté à :
1) Remplacer l’huile de lubrification par une autre exempte de chlore et de soufre dans sa
composition. Cette mesure a requis de nombreux essais jusqu’à ce que l’on trouve le lubrifiant
adéquat aux spécifications de chaque processus.
94
Cas pratiques
Bilans
CONSOMMATIONS
Huile de lubrification 5 000 l/an 2 500 l/an
3 3
Eau de nettoyage des pièces 2 600 m /an 700 m /an
Hydrocarbure de dégraissage 1 400 Kg/an 0
Détergent de dégraissage 3 300 kg/an 1 050 kg/an
Sciure 14 t/an 3 t/an
BILAN ÉCONOMIQUE
Huile de lubrification 18 816 € /an 11 961 €/an
Eau du nettoyage des pièces 906 €/an 244 €/an
Hydrocarbure de dégraissage 1 240 €/an 0 €/an
Détergent de dégraissage 5 975 €/an 2 690 €/an
Sciure 5 047 €/an 1 623 €/an
Gestion des résidus 1 985 €/an 2 855 €/an
Traitement des eaux résiduaires 193 €/an 3 306 €/an
ÉCONOMIE ET DÉPENSES
Économie en huile de lubrification 6 855 €/an
Économie en eau 662 €/an
Économie en agents de dégraissage 7 949 €/an
Augmentation des dépenses en gestion des résidus et en eaux résiduaires 3 983 €/an
INVESTISSEMENT 31 444 €
ÉCONOMIE ANNUELLE 11 483 €/an
PÉRIODE D’AMORTISSEMENT 2,7 ans
Observations
La rénovation, depuis 1995, des méthodes opérationnelles utilisées dans l’entreprise dans le but
d’obtenir des améliorations environnementales et d’économiser des ressources comporte une
réduction de la consommation de produits et une meilleure qualité des effluents résiduaires déversés.
Concrètement, la consommation d’huile de lubrification a été réduite d’à peu près 50 %, celle de
sciure d’environ 75 % et celle d’hydrocarbure pour le dégraissage a été totalement éliminée.
Parallèlement, on a observé une légère augmentation de la productivité en réduisant le temps passé
au nettoyage des pièces et on a augmenté la qualité du dégraissage.
95
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
Entreprise
GRUPO ELCORO DECOLETAJE, S. L. a débuté en tant qu’entreprise en 1892. Il dispose
actuellement de 3 centres de production, deux d’entre eux implantés à Elgeta et à Mendaro
(Guipúzcoa, Espagne) et le troisième à Pampelune (Navarre, Espagne). Le groupe est formé par
environ 150 personnes.
Son activité se centre dans la fabrication de pièces usinées destinées à plusieurs secteurs tels que,
entre autres, l’automobile, l’éolique, l’électricité et les outils.
Les machines présentes dans l’entreprise sont des tours (15 tours à contrôle numérique et 35 tours
automatiques monobroche et multibroche), des centres d’usinage, des machines pour des opérations
secondaires (fraises, perceuses, rectifieuses, etc.) et des machines de coupe, de biseautage,
d’usinage pour des axes et des bagues. Dans ce cas pratique nous ne traiterons que des tours pour
lesquels on utilise de l’huile de coupe ou du fluide de coupe aqueux, car ils sont caractéristiques de
l’activité principale de l’entreprise.
Secteur industriel
Métallurgique. Décolletage et usinage du métal.
Antécédents
Au cours des opérations d’usinage, une partie du fluide de coupe se perd en éclaboussures et une
autre dans les traînées sur les pièces et les copeaux, ce qui rend nécessaire de remplir régulièrement
le dépôt d’approvisionnement, provoquant ainsi une consommation additionnelle de ce fluide.
Une étude détaillée réalisée dans le groupe Elcoro a révélé que 70 % des pertes de fluide de coupe
étaient le résultat d’éclaboussures du fluide de coupe utilisé, de l’huile de coupe ou d’un fluide à base
aqueuse. Dans ce sens, le système de tour qui fonctionnait avec de l’huile de coupe disposait d’un
processus de centrifugation des pièces et des copeaux pour remettre en circulation et réutiliser une
fraction de l’huile de coupe initiale. Par contre, on laissait reposer les copeaux imprégnés de fluide de
coupe aqueux et une partie de ce fluide s’égouttait par principe de gravité (4,6 % du total des
recharges), mais ils ne disposaient d’aucun système de réutilisation de ce fluide car ce dernier était
recueilli dans de petites fosses et était ensuite traité comme résidu.
Le tableau suivant montre la consommation de fluide de coupe et les pertes annuelles de celui-ci,
compensées par les recharges, avant l’implantation des mesures d’amélioration.
96
Cas pratiques
HUILE DE COUPE
Résumé de l’action
Les actions effectuées dans le GRUPO ELCORO DECOLETAJE, S. L. entre 2000 et 2001 afin de
diminuer les pertes et, par conséquent, la consommation de fluide de coupe consistèrent à :
1) Caréner les machines par le biais de l’installation d’écrans rigides à haut rendement, dans le
but d’empêcher la projection de fluide de coupe en dehors de la zone d’usinage. Les
machines sont munies d’un système de plateau, de pompe et de filtre afin de réutiliser le
fluide de coupe, de manière que l’implantation de cette mesure permette de remettre en
circulation une plus grande quantité de fluide en diminuant les pertes de ce dernier par
éclaboussures
Photographie 9
LE CARENAGE DE L’UN DES TOURS MONOBROCHE
97
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
3) Implanter des plateaux de captation du produit de l’égouttage des pièces usinées avec du
fluide de coupe aqueux. Le fluide qui se dépose dans les plateaux est ensuite versé dans la
zone d’égouttage, mentionnée dans le paragraphe précédent, pour être réutilisé.
Bilans
MESURE 1 A. LE CARÉNAGE DES TOURS TRAVAILLANT AVEC DES
FLUIDES DE COUPE AQUEUX
INVESTISSEMENT 25 500
Nombre de carénages 17
Prix unitaire 1 500 €
ÉCONOMIE ANNUELLE 4 663 €
DÉPENSES ADDITIONNELLES ANNUELLES 1 405 €
Dépenses pour le financement 1 277 €
Dépenses d’entretien 128 €
RÉDUCTION DES DÉPENSES ANNUELLES 6 068 €
Économie en consommation de concentré 4 606 €
(1 919 l de concentré à 2,4 €/ l)
3
Économie en consommation d’eau (36,5 m 22 €
3
d’eau à 0,60 €/ m )
Économie en nettoyage (1 h hebdomadaire ; 1 440 €
48 semaines à 30 €/h)
PÉRIODE D’AMORTISSEMENT 5,5 ans
98
Cas pratiques
Observations
Le carénage des machines implique l’élimination de la production d’éclaboussures qui, selon une
étude réalisée dans le Grupo Elcoro, était le phénomène responsable de 70 % des pertes aussi bien
99
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
d’huile de coupe que de fluide de coupe et de la fréquence de nettoyage du sol industriel, outre une
valeur ajoutée concernant l’image et l’hygiène de l’entreprise.
D’autre part, la récupération de fluide de coupe aqueux provenant des copeaux (4,6 % des pertes)
suppose une diminution de la quantité de résidus produite annuellement et, en même temps, une
réduction de la consommation initiale.
Finalement, la troisième mesure, outre qu’elle a apporté une réduction dans la consommation de
fluide de coupe aqueux, élimine la pollution du parc de stockage des pièces et, par conséquent, le
risque ayant trait à l’hygiène et à la santé au travail.
100
6. CONCLUSIONS
L’utilisation de fluides de coupe est l’un des faits les plus caractéristiques du sous-secteur de l’usinage
du métal. À son tour elle détermine la plupart des aspects environnementaux du secteur. Ce fluide, en
perdant les propriétés initiales pour lesquelles il a été préparé, devient un résidu5 qui doit être
correctement géré afin de minimiser les effets adverses qu’il provoque sur l’environnement.
Son utilisation peut également occasionner la formation de brouillards d’huile au cours du processus
et la pollution par égouttement et éclaboussures du milieu de travail. Une partie du fluide est entraînée
par les pièces et les copeaux, ce qui oblige à réaliser des opérations de dégraissage sur la pièce
fabriquée. Dans ce sens, la composition de l’agent dégraissant utilisé dans le processus détermine le
problème de l’effluent résiduel obtenu.
Étant donné les impacts environnementaux dérivés de l’utilisation de fluide de coupe, une grande
partie des opportunités de prévention intégrée de la pollution décrites dans ce manuel se basent sur
sa réduction et sa récupération.
Dans le paragraphe sur la réduction à la source de la pollution, on peut mentionner des alternatives
de remplacement de fluide de coupe traditionnel par un autre ayant une composition plus
respectueuse de l’environnement et par celles qui réduisent sa consommation (usinage à sec,
technologie MQL, carénage des machines, contrôle et entretien du fluide de coupe et optimisation de
ses conditions d’application) ainsi que la formation de brouillards d’huile de coupe dans l’atmosphère
de travail. Quant à la récupération et au recyclage à la source, nous avons traité des aspects tels que
l’entretien de l’huile de coupe (à l’aide d’équipements qui séparent les solides et les impuretés
présents dans le fluide usé) et des solutions dégraissantes ainsi que d’autres effluents liquides
produits (par des techniques d’évaporation, de distillation, de flottaison, d’absorption, de séparation
électrolytique et d’ultrafiltration). Il faut attirer l’attention sur le paragraphe concernant les bonnes
pratiques environnementales qui, par une simple application et une dépense réduite donnent des
résultats rapides et surprenants.
Nous pouvons donc affirmer que le secteur dispose d’une grande variété et de nombreuses solutions,
de dépenses elles aussi variables que ce soit pour économiser dans la consommation d’huiles de
coupe ou pour réduire la production de courants résiduaires.
5
Résidu dangereux selon le Catalogue européen des déchets (CED).
101
7. BIBLIOGRAPHIE
7.1. Études
A. GARCÍA. El sector industrial metalúrgico en España y Cataluña. Ed.: Maquitec 2002 – Fira de
Barcelona. Septembre 2002. (Accessible sur le site web : http://www.maquitec.com)
103
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
7.2. Publications
IHOBE, S. A. Libro Blanco para la minimización de residuos y emisiones. Mecanizado del Metal.
1999. (Accessible sur le site web : http://www.ihobe.es)
IHOBE, S. A. Taladrinas agotadas: Un residuo a reducir. 1993 (rééd. 1997). (Accessible sur le site
web : http://www.ihobe.es)
IHOBE, S. A. Reducción de los gastos mediante una gestión eficaz de las virutas. 2002. (Accessible
sur le site web : http://www.ihobe.es)
IHOBE, S. A. Listado vasco de tecnologías limpias. 2004. (Accessible sur le site web :
http://www.ihobe.es)
IHOBE, S. A. Excelencia ambiental en empresas vascas: Casos prácticos. 2004. (Accessible sur le
site web: http://www.ihobe.es)
CESI COFOR, S. A. Guía de Gestión Medioambiental para empresas del sector del metal de la
provincia de Badajoz. Consejería de Economía y Trabajo de la Junta de Extremadura. Mars 2004.
104
Bibliographie
Service Lub (Publicación periódica del primer grupo europeo de industrias de lubricantes). Octobre -
novembre 2004.
7.4. Livres
J. VIVANCOS et al. Tecnologías de Fabricación. Tomo II. Procesos de Fusión, moldeo y deformación.
ETS d’Enginyeria Industrial de Barcelona. 1998
105
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
106
8. REMERCIEMENTS
Nous tenons à exprimer nos plus sincères remerciements à M. Robert Gilart, de l’entreprise
Componentes Mecánicos, S. A. pour sa collaboration désintéressée dans la révision des chapitres 3
et 4 de ce manuel.
Nous remercions aussi M. José Pedro Díaz Barrera de Cotecing, S. L., Mme Mónica Folch et M.
Miquel Comas de Dilube, S. A. (Grupo Olivé), M. Fritz Schmid de Filter 2000, S. L. et M. Josep Maria
Torras de Chimiderouil, S. A. pour le soutien technique qu’ils nous ont offert quant aux avis que nous
leur avons demandés au cours de l’élaboration du manuel.
Nous remercions aussi pour leur collaboration les entreprises Grupo Elcoro Decoletaje, S. L.,
Componentes Metálicos, S. A. et Tecnoform, S. A. qui nous ont aimablement cédé leurs informations
pour l’élaboration du chapitre sur les cas pratiques, ainsi que Talleres Gamor, S. L. et Canaletas, S. A.
pour leur contribution en matière de matériel graphique concernant les illustrations des processus
productifs.
107
9. ANNEXE. LA REPRÉSENTATIVITÉ DU SECTEUR
MÉTALLURGIQUE DANS LES PAYS DU PAM
Dans l’ensemble des pays où se déploie le Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM), on estime que
le secteur métallurgique suppose 7 % du total industriel.6
Nous souhaitons offrir dans cette annexe une vision de la représentativité de ce secteur dans chacun
d’eux, à partir d’un ensemble d’indicateurs socioéconomiques.
Étant donné la diversité sociale, politique et économique des 21 pays mentionnés avant l’exposition
des indicateurs propres au secteur métallurgique dans chaque pays, nous montrons des données
générales qui permettent d’interpréter l’information postérieure dans le contexte de chaque pays.
6
CAR/PP. Estado de la Producción más Limpia en los países del Plan de Acción para el Mediterráneo. Janvier
2004.
109
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
ND = Non disponible
Source : Estado de la Producción más Limpia en los países del Plan de Acción para el Mediterráneo, CAR/PP ;
Groupe de la Banque mondiale et GlobalEDGE.
110
Annexe. La représentativité du secteur métallurgique dans les pays du pam
Le schéma suivant montre le taux de croissance annuel de la valeur ajoutée de manufacture (période
1992 – 2002) de l’industrie de base des métaux et la fabrication de produits métalliques, y compris les
machines et l’équipement, dans les pays du PAM. Nous avons utilisé comme indicateur le « Average
annual real growth rate of MVA » (taux de croissance moyen annuel réel de la valeur ajoutée de
manufacture) selon la classification industrielle décrite dans le « International Standard Industrial
Classification of All Economic Activities (ISIC), 2-digit level of revision 27».
Schéma 24
LA CROISSANCE DE LA MVA CONCERNANT LES SECTEURS DE L’INDUSTRIE DE BASE
DES METAUX ET LA FABRICATION DE PRODUITS METALLIQUES (Y COMPRIS LES
MACHINES ET L’EQUIPEMENT) AU COURS DE LA PERIODE 1992 - 20028
10
0
Espagne
Serbie et Monténégro
Chypre
Turquie
Maroc
Croatie
France
Israël
Libye
Tunisie
Égypte
Algérie
Grèce
Malte
Syrie
Slovénie
Italie
-2
-4
-6
Source : Données extraites des statistiques de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel.
Sur le schéma, on observe que, pendant la période comprise entre 1992 et 2002, les pays qui ont
expérimenté une plus grande croissance de la valeur ajoutée de manufacture (MVA) de l’industrie de
base des métaux sont l’Égypte, le Maroc, l’Espagne et la Grèce. Le secteur de fabrication de produits
métalliques présente aussi une croissance de la MVA remarquable dans des pays tels que l’Égypte, la
Tunisie, la Turquie et la France.
Ci-dessous, nous montrons le pourcentage de la valeur ajoutée de manufacture (MVA) des secteurs
de l’industrie de base des métaux et de fabrication de produits métalliques par rapport au total des
secteurs industriels des pays considérés, en suivant la même classification industrielle que celle
7
La classification distingue les secteurs suivants : 31 - Nourriture, boissons et tabac, 32 – Textiles, habillement,
cuir et chaussures, 33 – Produits dérivés du bois, y compris les meubles, 34 – Papier, imprimerie et publication,
35 – Produits chimiques, pétrole, caoutchouc et produits plastiques, 36 – Produits minéraux non métalliques,
37 – Métaux de base, 38 – Produits métalliques, y compris les machines et l’équipement, 39 – Autres industries
de manufacture.
8
On ne dispose pas de données de croissance de la MVA du secteur de l’industrie de base des métaux de
l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de Chypre, du Liban, de la Libye, de Malte et de Monaco, ni de la
croissance de la MVA du secteur de fabrication de produits métallurgiques en Albanie, Bosnie-Herzégovine, au
Liban ou à Monaco ni de la croissance de la MVA totale de la Libye, de la Serbie et du Monténégro.
111
Manuel sur la prévention de la pollution dans le sous-secteur de l’usinage du métal
utilisée dans le schéma précédent. Cet indicateur permet d’interpréter le poids de chaque secteur
dans le tissu industriel du pays.
Schéma 25
LA CONTRIBUTION DU SECTEUR METALLURGIQUE DANS LA VALEUR AJOUTEE
DE MANUFACTURE DE CHAQUE PAYS
100
90
80
70
60
MVA (%)
50
40
30
20
10
0
Serbie et Monténégro
Slovénie
Espagne
Chypre
Turquie
Égipte
France
Tunisie
Algérie
Croatie
Israël
Grèce
Italie
Malta
Maroc
Source : Données extraites des statistiques de l’Organisation des Nations Unies pour le développement
industriel.
Le graphique montre comment le secteur de fabrication de produits métalliques est, dans le secteur
métallurgique en général, celui qui contribue le plus à la MVA de chaque pays, face à une valeur plus
réduite de l’industrie de base des métaux. En général, les pays du nord de la Méditerranée sont ceux
qui possèdent un pourcentage plus élevé de la MVA attribué au secteur métallurgique (France, Italie
et Espagne), cependant, Israël et la Slovénie se détachent aussi avec des valeurs plus hautes pour le
secteur de la fabrication de produits métalliques, deuxième et troisième valeur plus élevées
respectivement. Des pays du sud et de l’est de la Méditerranée, tels que l’Égypte, la Turquie, la
Croatie et Malte, présentent aussi des niveaux élevés de contribution du secteur de la fabrication de
produits métalliques à la MVA du pays, supérieurs à 20 %.
D’autre part, le nombre d’employés est aussi un indicateur additionnel de la production industrielle, le
schéma suivant reprend cette donnée dans les pays suivants de la Méditerranée : l’Albanie, Chypre,
la Croatie, l’Égypte, l’Espagne, la France, la Grèce, Israël, l’Italie, le Liban, le Maroc, la Syrie et la
Turquie. Dans ce cas, nous avons suivi la classification du « International Standard Industrial
Classification of All Economic Activities (ISIC), 3- and 4-digit levels of revision 3 ».
112
Annexe. La représentativité du secteur métallurgique dans les pays du pam
Schéma 26
LE NOMBRE D’EMPLOYES DANS LE SECTEUR METALLURGIQUE
160000
140000
120000
Nombre d'employés
100000
80000
60000
40000
20000
0
te
e
ie
e
lie
e
ie
ie
ce
n
l
ce
oc
aë
pr
gn
ni
ba
r
at
qu
yp
Ita
an
rè
ar
Sy
ba
r
hy
ro
pa
Is
Li
Ég
r
G
M
Fr
Tu
Al
Es
2710 - Fer et acier de base 2810 - Produits métalliques structurels, citernes, générateurs de vapeur
Source : Données extraites des statistiques de l’Organisation des Nations Unies pour le développement
industriel.
Le schéma montre comment les pays les plus développés de la Méditerranée (Espagne, France et
Italie) sont ceux qui présentent un nombre plus élevé d’employés dans ce type d’industrie. Il faut
cependant souligner le cas de pays tels que l’Égypte, la Syrie et la Turquie où ce secteur gagne du
terrain.
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