0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
9 vues36 pages

De Cyrille Droit Des Affaires

Télécharger au format pdf ou txt
Télécharger au format pdf ou txt
Télécharger au format pdf ou txt
Vous êtes sur la page 1/ 36

LICENCE II

ADMINISTRATION DES ENTREPRISES


DROIT COMMERCIAL

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE

CHAPITRE INTRODUCTIF LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL

SECTION I : LES ACTES UNIFORMES DE L’OHADA


SECTION II : LES AUTRES SOURCES

CHAPITRE I : LES ACTES DE COMMERCE


SECTION I : CLASSIFICATION DES ACTES DE COMMERCE

Paragraphe 1 : Les actes de commerce par nature


A- Les actes de commerce à titre isolé
B- Les actes de commerce par nature en raison d’une entreprise
Paragraphe 2 : Les actes de commerce par la forme
A- La lettre de change
B- Le billet à ordre
C- Le warrant
Paragraphe 3 : Les actes de commerce par accessoire
A- Les conditions de la commercialité par accessoire
B- Le domaine de la commercialité par accessoire
Paragraphe 4 : Les actes mixtes
A- La compétence du tribunal en cas de litige
B- La preuve
C- La mise en demeure
D- La solidarité
E- La prescription

SECTION 2 : CRITERES ET INTERETS DE LA DETERMINATION DES


ACTES DE COMMERCE
Paragraphe 1 : Les critères
Paragraphe 2 : Les intérêts

CHAPITRE II : LE COMMERÇANT
SECTION I : DISTINCTION AVEC L’ARTISAN
Paragraphe 1 : Notion d’artisan
A- Définition de l’activité du secteur de l’artisanat
B- Les diverses catégories d’artisans
C- Définition de l’entreprise du secteur de l’artisanat
Paragraphe 2 : Les conditions d’exercice des activités du secteur de l’artisanat
A- L’exigence d’une qualification professionnelle
B- La capacité d’exercice
C- Le fonds de l’artisanat
Paragraphe 3 : Les obligations des acteurs de l’activité du secteur de l’artisanat
A- Inscription au registre des métiers (pour les personnes physiques)
B- Immatriculation au répertoire des entreprises du secteur de l’artisanat et
au registre du commerce et du crédit mobilier (pour le GIE et la SARL)
C- Obligation de tenue des livres comptables
D- Obligation d’immatriculation auprès de l’administration fiscale (pour les
artisans et entreprises du secteur de l’artisanat) L’obligation
d’immatriculation à la CNPS (pour les artisans et les entreprises du
secteur)
E- L’obligation de souscription à une assurance responsabilité civile
professionnelle
F- L’obligation de souscription à une assurance responsabilité civile
professionnelle
SECTION II : DISTINCTION AVEC L’ENTREPRENANT

Paragraphe 1 : Les conditions pour avoir la qualité d’entreprenant


A- L’exercice d’une profession
B- La déclaration de l’activité au RCCM
C- Le respect des seuils relatifs au système minimal de trésorerie
Paragraphe 3 : Les obligations de l’entreprenant
Paragraphe 4 : La perte de la qualité d’entreprenant

SECTION III : LE STATUT DU COMMERCANT

Paragraphe 1 : Les conditions requises pour avoir la qualité de commerçant


A- L’accomplissement d’actes de commerce par nature
B - L’accomplissement d’actes de commerce de façon habituelle et
professionnelle
C-L ‘accomplissement d’actes à titre indépendant
Paragraphe 2 : Les conditions d’accès à la profession commerciale
A- Les conditions de capacité
B- Les conditions de moralité
Paragraphe 3: Les obligations des commerçants
A- Obligation d’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier
B- L’obligation de tenue des livres de commerce
C- L’obligation de loyale concurrence
D- L’obligation de paiement des impôts

CHAPITRE III : LE FONDS DE COMMERCE


SECTION I : LA COMPOSITION DU FONDS DE COMMERCE

Paragraphe 1 : Les éléments incorporels du fonds de commerce


A- Le nom commercial
B- L’enseigne
C- Le droit au bail
D- Les droits de propriétés industrielles et commerciales
E- La clientèle
F- Les autres éléments incorporels
Paragraphe 2 : Les éléments corporels
A- Les marchandises en stock
B- Le matériel et l’outillage
C- Installations
D- Aménagements et agencements
E- Le mobilier
SECTION II : OPERATIONS JURIDIQUES SUR LE FONDS DE COMMERCE

Paragraphe 1 : La location-gérance du fonds de commerce


A- Les conditions de la location-gérance
B- Les effets de la location-gérance
Paragraphe 2 : La cession ou vente du fonds de commerce
Définition
A- Conditions
B- Effets
C- La garantie du vendeur non payé
Paragraphe 3: Le nantissement du fonds de commerce
Définition
Paragraphe 1 : Le nantissement conventionnel
A- La constitution du nantissement
B- Les droits du créancier gagiste
Paragraphe 2 : Le nantissement judiciaire
COURS

DROIT Commercial et droit


des Affaires
INTRODUCTION GENERALE
Le droit commercial est défini comme l’ensemble des règles juridiques régissant les
actes de commerce, les commerçants et les sociétés commerciales ainsi que les
opérations juridiques qu’ils effectuent.

CHAPITRE INTRODUCTIF LES SOURCES DU DROIT COMMERCIAL

SECTION I : LES ACTES UNIFORMES DE L’OHADA

Chaque matière fait l’objet d’un acte uniforme. L’OHADA enregistre aujourd’hui 8
actes uniformes à savoir :
- Acte Uniforme pour le droit commercial général adopté le 17 avril 1997 et entré
en vigueur le 1er janvier 1998. Modifié en 2010
- Acte Uniforme sur les sociétés commerciales et le groupement d’intérêt
économique adopté le 17 avril 1997 et entré en vigueur le 1er janvier 1998.
Modifié en 2014
- Acte Uniforme sur les sûretés adopté le 17 avril 1997 et entré en vigueur le 1er
janvier 1998.
- Acte Uniforme sur les procédures simplifiées de recouvrement des créances et
voies d’exécution adopté le 10 avril 1998 et entré en vigueur le 10 juillet 1998.
- Acte Uniforme sur les procédures collectives d’apurement du passif adopté le 10
avril 1998 et entré en vigueur le 1er janvier 1999.
- Acte Uniforme sur l’arbitrage adopté le 10 mars 1999 et entré en vigueur le 11
juin 1999.
- Acte Uniforme sur l’organisation et l’harmonisation des comptabilités des
entreprises adopté le 23 mars 2000 et entré en vigueur le 1er janvier 2001.
- Acte Uniforme sur les contrats de transport de marchandises par route adopté le
22 mars 2003 et entré en vigueur le 1er janvier 2004.
NB :* D’autres Actes Uniformes sont en chantier ; il s’agit notamment de l’Acte
Uniforme sur le Droit des Contrats et de l’Acte Uniforme sur le Droit du Travail
* Ces textes n’abrogent pas tous les textes nationaux en matière commerciale.

SECTION II : LES AUTRES SOURCES

-Le droit civil


En tant que droit commun, le droit civil est une source importante du droit commercial
car il vient combler les lacunes et les insuffisances du législateur en matière
commerciale.
- La jurisprudence
En l’absence de textes ou lorsque les textes sont obscurs, les juges créent le droit
d’espèce pour remédier aux insuffisances du droit commercial.
-Les usages
Il s’agit de règles qui naissent de la pratique commerciale et dont les juges se prévalent
en l’absence de textes.
-La doctrine
La doctrine est une source du droit commercial car le législateur et les juges s’inspirent
parfois sinon souvent des propositions de solutions exposées par les praticiens du droit
en matière commerciale.
-Les arrêtés ministériels
Il s’agit de textes réglementaires qui donnent des interprétations des lois faites par
l’administration mais qui ne s’imposent pas aux juges.
CHAPITRE I : LES ACTES DE COMMERCE
L’acte de commerce est défini comme tout acte juridique ou fait juridique soumis aux
règles du droit commercial, en raison de sa nature (ex : l’achat pour revendre), de sa
forme (ex : la signature d’une lettre de change), ou en raison de la qualité de commerçant
de son auteur (Doctrine)
SECTION I : CLASSIFICATION DES ACTES DE COMMERCE

La loi relative au droit commercial général dispose : « est commerçant, celui qui fait de
l’accomplissement des actes de commerce par nature sa profession. » Il ressort de cette
définition que la qualité de commerçant n’est acquise que lorsque l’individu accomplit
les actes de commerce par nature et en fait sa profession habituelle. Il existe différents
types d’actes de commerce à savoir les actes de commerce par nature, les actes de
commerce par forme et les actes de commerce par accessoire. A côté de ces actes, nous
avons les actes mixtes
Paragraphe 1 : Les actes de commerce par nature

L’acte de commerce par nature est celui par lequel une personne s’entremet dans la
circulation des biens qu’elle produit ou achète ou par lequel elle fournit des prestations
de service avec l’intention d’en tirer un profit pécuniaire.
C- Les actes de commerce à titre isolé

1-L’achat de biens meubles ou immeubles en vue de la revente


L’achat doit être effectué en vue ou avec l’intention de revendre. Il importe peu que par
la suite la revente n’ait pas lieu. De même, la transformation du bien avant sa revente
n’enlève rien à sa nature d’acte de commerce.
Ainsi ne fait pas acte de commerce, faute d’achat préalable :
-L’agriculteur qui vend les produits du sol, ou les transforme pour les revendre
-Le sculpteur qui vend une statuette après l’avoir travaillée.
-L’agriculteur qui achète des plantes pour les revendre mais lesquelles (plantes) ont
séjournées sur la terre.
-L’auteur d’une œuvre artistique ou littéraire qui cède son œuvre.
-L’association, le syndicat ou la coopérative qui achètent et revendent à leurs membres.
En revanche, fait acte de commerce :

-L’agriculteur qui achète les produits des autres pour les transformer et les revendre dans
une proportion plus grande que sa propre production.
-L’agriculteur qui loue aux autres ses machines agricoles.
-L’éleveur qui vend les animaux après les avoir nourris exclusivement ou en majeure
partie avec des produits achetés en dehors de l’exploitation.
-L’éditeur ou l’exploitant d’un brevet ou le directeur d’un journal (car il spécule sur le
travail d’autrui).
2-Les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d’assurance et de
transit.
• Les opérations de banque et de change
Il s’agit d’opérations portant sur l’argent et le crédit. Elles consistent à faire le commerce
de l’argent et le crédit. Elles doivent être professionnelles et avec les capitaux d’autrui.
Elles englobent la réception des fonds du public c'est-à-dire les opérations de dépôt, les
opérations de crédit y compris le crédit-bail, l’émission de carte de paiement et de crédit,
les transferts de fonds entre comptes, l’escompte d’effets de commerce.
Les opérations de bourse
Il s’agit d’opérations portant sur des valeurs mobilières et donnant accès à une partie du
capital de la société.
• Les opérations de courtage
Ce sont des opérations par lesquelles un intermédiaire appelé « courtier » met des
personnes en contact en vue de la conclusion d’un contrat.
Exemple : Le courtage en assurance, le courtage en douane.
NB : La commercialisation de l’opération est indépendante de celui qui l’exerce.
• Les opérations de d’assurance
Elles consistent à garantir les risques des tiers. Il s’agit en clair, pour une compagnie,
d’acquérir les primes payées par les assurés et à verser aux créanciers d’indemnités, les
sommes auxquelles leur donne droit la réalisation du risque couvert, en prélevant au
passage leur bénéfice.
• Les opérations de transit
Elles consistent à accomplir toutes les formalités d’entrée et de sortie des marchandises
selon les règles douanières, pour le compte du client.
3 Les opérations de manufacture, de locations de meubles, de transport et de
télécommunication.
• Les opérations de manufacture
Il s’agit de toutes les opérations de fabrication, de transformation de produits réalisée à
partir de matières premières achetées dans les usines et destinées à la vente. Il s’agit
également de toutes celles qui consistent à fournir des prestations à autrui en travaillant
les matières premières qu’il a fournies.
• Les opérations de location de meubles
Il s’agit d’opérations consistant dans le louage de biens meubles à autrui.
• Les opérations de transport
Il s’agit de tous les actes liés au transport de personnes et de marchandises par terre, par
mer ou par air. En clair, elles consistent à assurer le déplacement de voyageurs ou de
marchandises.
NB : Il a été jugé que le chauffeur de taxi qui exploite seul le véhicule dont il est
propriétaire et en tire la source principale de ses revenus exerce une activité artisanale.
• Les opérations de télécommunication
Il s’agit de tous les actes liés au moyen moderne de communication qui sont téléphone,
le télex, le télégramme, fax, Internet…
4-Les opérations des intermédiaires de commerce
Elles permettent à l’offre et à la demande de se rencontrer et de s’ajuster l’une à l’autre.
Elles sont exercées soit par des courtiers, soit par des commissionnaires, soit par des
agents d’affaires (agences de voyages, matrimoniales,…) ainsi que les opérations
d’intermédiaire pour l’achat, la souscription, la vente ou la location d’immeubles, de
fonds de commerce, d’actions ou de parts de société commerciale ou immobilière.

5- Les contrats entre commerçants pour les besoins de leur commerce


Exemple : Un grossiste en riz (un commerçant donc) qui achète un véhicule pour le
transport de sa marchandise auprès du concessionnaire Peugeot.
6- Les actes effectués par les sociétés commerciales
Il s’agit de tous les actes accomplis par les sociétés commerciales pendant leur
constitution, durant leur fonctionnement et les actes relatifs à leur dissolution.
Exemple : Une SA qui recrute des salariés
Une SARL qui achète des fleurs et les offre à ses employés.
D- Les actes de commerce par nature en raison d’une entreprise
Ce sont des actes qui ne présentent le caractère commercial que s’ils sont accomplis
dans le cadre d’une entreprise c'est-à-dire dans un cadre organisé.
B-1-Les entreprises de fournitures
Il s’agit des organismes qui s’engagent à effectuer, délivrer ou revendre des services
d’une façon continue.
Exemple : Les entreprises de fournitures d’eau et d’électricité.
B-2-Les entreprises extractives
Il s’agit d’exploitation de mines, carrières et tout gisement de ressources naturelles faite
avec usage de machines.
B-3-Les entreprises culturelles
Il s’agit d’entreprises offrant des spectacles payants au public. Dès lors que
l’organisateur acquiert ou loue les services d’auteurs et ou d’acteurs pour les présenter
au public et dès lors que l’intention de profit existe, on est en présence d’opérations
commerciales.
Exemple : Théâtre, concert, émission TV ou radio, cinéma…
Pour qu’ils soient commerciaux, il faut que les spectacles soient données habituellement,
qu’ils soient publics et donnés dans un but spéculatif.
NB :* Les spectacles organisés par les artistes eux-mêmes ou par les associations, les
syndicats et autres clubs sportifs sont civils.
Cette liste n’est pas exhaustive étant entendu que les juges bénéficient de larges
pouvoirs dans la détermination de la nature juridique de certains actes.
Paragraphe 2 : Les actes de commerce par la forme
Il s’agit de la lettre de change ou traite, du billet à ordre, du warrant.
D- La lettre de change
C’est un titre de crédit en vertu duquel une personne appelée tireur donne l’ordre à son
débiteur appelé le tiré de payer à un tiers appelé le bénéficiaire ou le porteur une certaine
somme d’argent à une date déterminée.
NB : Tous ceux qui apposent leur signature sur un tel titre, qu’il s’agisse du tireur qui
l’émet ; du tiré qui l’accepte, du donneur d’aval qui en garantit le paiement, du
porteur qui l’endosse à un autre bénéficiaire, font un acte de commerce et
s’obligent commercialement.

E- Le billet à ordre
C’est un écrit par lequel une personne appelée souscripteur s’engage à payer à une
échéance déterminée une somme d’argent à un bénéficiaire.
F- Le warrant
C’est un billet à ordre souscrit par un commerçant et garanti par des marchandises
déposées dans un magasin général ou qu’il s’engage à conserver lui-même.
NB : Les actes de commerce se prouvent par tous moyens même par voie électronique
à l’égard des commerçants.
Tout commencement de preuve par écrit autorise le commerçant à prouver par
tous moyens contre un non-commerçant. Les livres de commerce et les états
financiers sont admis par le juge comme moyens de preuves si besoin est)
Paragraphe 3 : Les actes de commerce par accessoire
Ce sont des actes de nature civile accomplis par un commerçant pour les besoins de son
activité commerciale. Rappelons au passage que cette catégorie d’actes émane de la
Doctrine et la Jurisprudence.
Exemple : La location d’un local pour les besoins de son commerce, l’acquisition d’un
véhicule par un commerçant pour les besoins de son commerce, le cautionnement
consenti par le PDG d’une SA ou le gérant d’une SARL, le gage qui garantit une dette
commerciale…
NB : Les actes civils par accessoire : Il s’agit d’actes de nature commerciale accomplis
par un non-commerçant pour les besoins ou à l’occasion de son activité principale
qui est civile.
Exemple : L’éleveur qui achète des bestiaux pour engraisser sur ses pâturages avant de
les revendre. Le médecin qui, dans une localité où il n’y a pas de pharmacie, vend des
produits pharmaceutiques à ses clients.
C- Les conditions de la commercialité par accessoire
Tous les actes accomplis par un commerçant sont présumés effectués pour les besoins
de son commerce. Il faut donc que :
▪ L’auteur de l’acte soit commerçant
▪ L’acte soit accompli pour les besoins de son commerce, qu’il en soit le complément
nécessaire ou au moins normal.
D- Le domaine de la commercialité par accessoire
La commercialité par accessoire s’étend aux domaines contractuel et extracontractuel.
Dans le domaine contractuel, on distingue par exemple : le gage, le cautionnement ou
encore le bail pris ou donné par un commerçant pour son commerce.
Dans le domaine extracontractuel, la responsabilité délictuelle ou quasi-délictuelle du
commerçant et commercial si le préjudice subi par le tiers l’a été à l’occasion de
l’exercice du commerce (même si causé par son préposé ou par une chose sous sa garde).

Paragraphe 4 : Les actes mixtes

Ce sont des actes qui sont commerciaux pour une des parties, civils pour l’autre.
Ex : Les contrats de travail conclus par un commerçant avec des salariés.
La vente de produits agricoles par un commerçant à un agriculteur.
La vente d’une voiture de tourisme par un concessionnaire automobile à un
particulier.
F- La compétence du tribunal en cas de litige
Si le demandeur est civil, il a le choix entre le tribunal civil et le tribunal de commerce.
Si le demandeur est commerçant, il ne peut saisir que le tribunal civil.
G- La preuve
Si la preuve est faite par le non-commerçant contre le commerçant, c’est la liberté de
preuve (témoignage, aveu, serment, écrit).
Si la preuve est faite par le commerçant contre le non-commerçant, c’est la preuve
littéraire qui s’applique c'est-à-dire la preuve écrite (les factures, les livres et documents
comptables…)
H- La mise en demeure
Le commerçant qui veut mettre en demeure le non-commerçant doit le faire par acte
extrajudiciaire (citation en justice, sommation de payer, commandement de saisie.)
Le non-commerçant quant à lui, peut mettre le commerçant en demeure par tous les
moyens (lettre recommandée, sommation de payer, assignation ou citation en justice,
télex, fax, téléphone, Internet…).
I- La solidarité
La solidarité ne se présume pas entre codébiteurs civils d’un créancier commerçant. Car
en matière civile, la solidarité doit être expressément stipulée (écrite dans un texte). Mais
elle se présume entre codébiteurs commerçants d’un créancier civil : ce qui signifie que
l’un quelconque d’entre eux peut être actionné en paiement pour le tout par le créancier.
J- La prescription
Les obligations nées à l’occasion de leur commerce entre commerçants, ou entre
commerçants et non commerçant se prescrivent par 5 ans si elles ne sont pas soumises
par des prescriptions plus courtes.
SECTION 2 : CRITERES ET INTERETS DE LA DETERMINATION DES
ACTES DE COMMERCE

L’acte uniforme n’épuisant pas la liste des actes de commerce, il faut donc trouver un
critère permettant de classer les actes non envisagés par l’acte uniforme.
Paragraphe 1 : Les critères

Il existe 3 critères qu’il faut souvent combiner :


-Le critère de la spéculation : il s’agit de la réalisation d’un profit. L’acte de commerce
est fait dans le but de réaliser un profit.
-Le critère de circulation : dans ce cas, c’est un acte d’entremise dans la circulation
des richesses depuis la production jusqu’à la consommation.
-Le critère de l’entreprise : l’acte de commerce est celui qui est fait par une entreprise
c'est-à-dire une organisation qui met en œuvre des moyens matériels et humains.
Paragraphe 2 : Les intérêts

La prescription des créances commerciales est de 5 ans alors qu’elle est de 30 ans pour
les créances civiles. Le délai de grâce est écarté lorsqu’il s’agit du paiement d’une lettre
de change ou d’un billet à ordre ; car la rigueur de l’échéance est de mise pour le
paiement de ces effets par le commerçant sauf délai de grâce accordé par le juge. En
droit commercial, la clause compromissoire est valable sauf pour les actes mixtes. On
appelle clause compromissoire : la clause par laquelle des parties à un contrat s’engagent
à soumettre à l’arbitrage, les litiges qui pourraient naître relativement à un contrat.
CHAPITRE II : LE COMMERÇANT

Plusieurs personnes se livrent à des activités mais on ne peut dès le premier abord les
qualifier de commerçant, d’entreprenant, de civil ou d’artisan. Il faut donc déterminer
les conditions pour avoir ces différentes qualités.
SECTION I : DISTINCTION AVEC L’ARTISAN
L’activité dans le secteur de l’artisanat s’exerce soit par un artisan soit par une
entreprise.
Paragraphe 1 : Notion d’artisan
A- Définition de l’activité du secteur de l’artisanat

L’activité du secteur de l’artisanat est toute activité dont le mode de production


principalement manuel, peut inclure l’utilisation de machines et d’outillages
mécaniques, électriques ou électromécaniques et appartenant à l’une des branches des
métiers prévue par la loi.
B- Définition de l’entreprise du secteur de l’artisanat

L’entreprise du secteur de l’artisanat est toute entreprise exerçant dans l’une des
branches d’activités du secteur de l’artisanat, qui emploie en permanence moins de deux
cents personnes et qui réalise un chiffre d’affaires annuel hors taxes inférieur ou égal à
un milliard de francs CFA.
NB : L’effectif exclut les apprentis, le ou les conjoints du chef d’entreprise, ses
ascendants, descendants, collatéraux ou alliés jusqu’au 3ème degré inclus.
L’entreprise du secteur de l’artisanat peut revêtir les formes juridiques suivantes :
- Individuelle ou familiale
L'entreprise du secteur de l'artisanat est dit individuelle, lorsque l'activité est exercée à
titre individuel, en son nom et pour son compte, par une personne physique ayant la
qualité d'artisan.
L'entreprise familiale du secteur de l'artisanat est une organisation au sein de laquelle un
ou plusieurs artisans membres de la famille ont le contrôle effectif de la société ou, à
tout le moins, exercent une influence sur la gestion
- Société civile professionnelle
Les artisans peuvent exercer en commun leurs activités dans le cadre d'une société civile,
professionnelle. Cette société jouit de la personnalité morale. Elle est constituée pour
une durée fixée par les statuts.
Cette société peut être créée avec le concours et la participation de personnes n'ayant
pas la qualité d'artisan. Dans ce cas, trente pour cent au moins du capital doit étre détenu
par des artisans.
- Société coopérative du secteur de l’artisanat
L'entreprise du secteur de l'artisanat est constituée sous la forme de société coopérative
lorsqu'elle a pour objet la réalisation de toutes les opérations ou prestations de services
susceptible de contribuer, directement ou indirectement au développement des activités
dudit secteur de tous associés ainsi que de l'exercice en commun de ces activités.
- Groupement d’intérêt économique du secteur de l’artisanat (GIE)
La dénomination "groupement d'intérêt économique du secteur de l'artisanat" est
exclusivement réservée aux groupements exerçant dans l'une des branches d'activités du
secteur de l'artisanat.
Peuvent être associés d'un groupement d'intérêt économique du secteur de l'artisanat:
- les artisans inscrits au registre des métiers de la Chambre de Métiers
territorialement compétente;
- les sociétés coopératives du secteur de l'artisanat et leurs unions
- Société à responsabilité limitée du secteur de l’artisanat (SARL)
Peuvent être associés d'une entreprise du secteur clé l'artisanat constitué sous forme de
société à responsabilité limitée :
- les artisans, personnes physiques, inscrits au registre des métiers de la Chambre
de Métiers territorialement compétente;
- les entreprises constituées sous forme de société à responsabilité limitée.
C- Les diverses catégories d’artisans
L’activité du secteur de l’artisanat est exercée à titre principal par une personne physique
ou morale dont la maîtrise technique et le savoir-faire requièrent un apprentissage ou
une formation assortie d’une pratique du métier. L’activité des personnes ayant la qualité
d’artisan s’exerce en toute indépendance, à l’exclusion de tout lien de subordination au
sens du code du travail.
- Le maître -artisan
- L’artisan
- Le compagnon- artisan
- L’apprenti-artisan
- L’aide familial
1- Le maître- artisan
Le maître-artisan est tout artisan qui, parallèlement à son activité, est jugé apte à donner
une formation professionnelle à une ou plusieurs personnes qu'il accueille dans une
entreprise ou dans tout autre établissement.
Le titre de maître-artisan peut être conféré à l'artisan ayant satisfait aux conditions
suivantes:
- justifier de sa qualité d'artisan au sens de loi du 5 juillet 2014;
- être titulaire au moins d'un brevet professionnel, d'un diplôme ou à défaut, jouir
d'une expérience professionnelle ;
- être inscrit depuis dix ans dans le métier figurant au registre des métiers et avoir
pratiqué effectivement ce métier pendant cette période;
- justifier d'un agrément délivré par le ministre en charge de l'Artisanat, attestant
sa capacité à transmettre son savoir-faire
Le titre de maître-artisan se matérialise par des panonceaux et des diplômes.

NB : L’usurpation du titre de maître-artisan est une infraction pénale


2- L’artisan
L'artisan est toute personne physique exerçant une activité dans le secteur de l'artisanat.
Il possède une qualification reconnue par son milieu professionnel ou sanctionnée par
un certificat d’apprentissage ou un diplôme d’un centre agréé.

L'artisan prend personnellement part à l'exécution de son travail et en assure la direction.


L'artisan exerçant son activité professionnelle à titre individuel peut se faire assister par
des compagnons-artisans, des apprentis-artisans ou des aides familiaux.

3- Le compagnon- artisan

Le compagnon-artisan est tout apprenti-artisan ayant terminé sa période d'apprentissage


ou toute personne justifiant d'une qualification professionnelle d'une activité artisanale
et qui, avant de s'établir à son propre compte, demeure auprès d'un maître-artisan pour
renforcer ses capacités techniques et professionnelles.
Le compagnon-artisan est un employé salarié, permanent ou temporaire, travaillant pour
le compte d'un artisan ou d'une entreprise du secteur de l'artisanat quelle que soit la
forme juridique de cette dernière.
4- L’apprenti-artisan
L'apprenti-artisan est toute personne physique sans qualification préalable placée auprès
d'un maître-artisan dans le cadre d'un contrat d’apprentissage en vue d'une formation
au métier d’artisan
Le déplacement peut s'effectuer sur sa propre initiative, s’il s’agit d'une personne âgée
d'au moins dix-huit ans, ou sur celle d'un parent ou d'un tuteur, s'il s'agit d'un mineur
âgé d'au moins quinze ans.
Est également apprenti-artisan, tout élève en cours de formation technique et
professionnelle dans un métier de l'artisanat, au sein d'un établissement ou d'un centre
de formation agréé.
L'apprenti-artisan n'est pas rémunéré. Toutefois, le contrat d’apprentissage doit prévoir
le principe de participation d’une bourse ou prime d'apprentissage si une activité
productive est réalisée par l'apprenti.
5- L’aide familial
L’aide familial est toute personne issue de la cellule familiale de l'artisan âgée d'au
moins quinze ans, qui l’aide à exercer son activité.
La cellule familiale comprend le conjoint, les ascendants, les descendants ou toute autre
personne à la charge de l’artisan.
Paragraphe 2 : Les conditions d’exercice des activités du secteur de l’artisanat
A- L’exigence d’une qualification professionnelle
Les diplômes, les titres, la durée et les expériences professionnelles devant être pris en
compte par cette qualification sont déterminés par décret pris en conseil des ministres.

L'exercice de toute activité du secteur de l'artisanat susceptible de mettre en jeu la


sécurité et la santé des clients de l'artisan est subordonné à l'acquisition d'une
compétence appropriée.
Ces activités du secteur de l'artisanat dont l'exercice est subordonné à une compétence
appropriée sont notamment:
- l'entretien et la réparation de véhicules et de machines;
- la construction, l'entretien et la réparation de bâtiments et d'ouvrages en béton, en
ciment ou en plâtre;
- la mise en place, l'entretien et la réparation des réseaux et des équipements
utilisant les fluides, ainsi que des matériels et équipements destinés à
l'alimentation en gai; et aux installations électriques;
- les soins esthétiques sur la personne autres que médicaux et paramédicaux ainsi
que les modelages esthétiques de confort sans finalité médicale,
- la fabrication de prothèses dentaires ;
- la préparation ou la fabrication de produits à consommer, notamment les
boissons, les produits laitiers, les huiles et graisses végétales et animales, les
produits de boulangerie -pâtisserie et de pâtes alimentaires, les plats préparés, les
aliments homogénéisés et diététiques, les produits de confiserie;
- les activités nécessitant l'utilisation de certains produits chimiques et cosmétiques
NB : L’exercice sans la compétence appropriée des activités sus-citée est une
infraction pénale.

B- La capacité d’exercice
L’exercice d’une activité du secteur de l’artisanat est ouvert à toute personne majeure
ou mineure émancipée ayant la capacité juridique.
Toutefois, les mineurs non émancipés de plus de dix-sept ans sont autorisés à exercer
une activité du secteur de l'artisanat.

C- Le fonds de l’artisanat
Pour l’exercice de son activité, l’artisan doit disposer d’un fonds dénommé « fonds de
l’artisanat ». Ce fonds est composé d’éléments corporels et d’éléments incorporels.
NB : Ce fonds obéit au même régime juridique que le fonds de commerce.
Paragraphe 3 : Les obligations des acteurs de l’activité du secteur de l’artisanat
G- Inscription au registre des métiers (pour les personnes physiques)
Le registre est disponible à la chambre des métiers de Côte d’Ivoire. Elle se fait 3 mois
au plus tard après l’identification à la chambre des métiers du ressort territorial, sous
peine d’une amende de 30.000FCFA à 300.000FCFA à titre de pénalité de retard.
Cette inscription donne droit à la délivrance d’une carte professionnelle. Toutefois, elle
ne confère pas la qualité d’artisan.

H- Immatriculation au répertoire des entreprises du secteur de


l’artisanat et au registre du commerce et du crédit mobilier (pour le GIE
et la SARL)
NB : cette immatriculation ne confère pas la qualité d’artisan.

I- Obligation de tenue des livres comptables


Les entreprises du secteur de l’artisanat doivent tenir régulièrement une comptabilité
simplifiée de leurs activités et de la présenter à toute requête des autorités compétentes
(ministre de l’artisanat et celui de l’économie et des finances).

J- Obligation d’immatriculation auprès de l’administration fiscale (pour les


artisans et entreprises du secteur de l’artisanat)
K- L’obligation d’immatriculation à la CNPS (pour les artisans et les
entreprises du secteur)
L- L’obligation de souscription à une assurance responsabilité civile
professionnelle

SECTION II : DISTINCTION AVEC L’ENTREPRENANT


Le statut d’entreprenant est une innovation apporté par le nouvel AUDCG du 15
décembre 2010.Selon l’article 30 de l’AUDCG, « L’entreprenant est un entrepreneur
individuel, personne physique qui, sur simple déclaration prévue dans l’Acte uniforme,
exerce une activité professionnelle civile, commerciale, artisanale ou agricole ».

Une personne morale ne peut avoir la qualité d’entreprenant.

Paragraphe 1 : Les conditions pour avoir la qualité d’entreprenant

Il résulte de l’article 30 de l’AUDCG que le statut d’entreprenant découle non


seulement
d’une déclaration, de l’exercice d’une profession et du respect des seuils fixés dans
l’Acte
Uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises au
titre du système minimal de trésorerie.

D- L’exercice d’une profession


Toute personne physique qui exerce une activité professionnelle civile, commerciale,
artisanale ou agricole peut avoir la qualité d’entreprenant.

E- La déclaration de l’activité au RCCM


La personne physique qui veut avoir la qualité d’entreprenant, doit déclarer son
activité au RCCM au greffe du tribunal du lieu d’exercice de son activité.
L’entreprenant ne s’immatricule pas au RCCM, il ne fait que déclarer son
activité « afin d’obtenir un numéro de déclaration d’activité ». Il en résulte que
l’entreprenant ne peut être en même temps immatriculé au RCCM. Il n’a pas le même
statut que les personnes immatriculées au RCCM. L’entreprenant ne peut exercer son
activité en tant qu’entreprenant, qu’après réception de son numéro de déclaration
d’activité qui est personnel. Nul ne peut être déclaré comme entreprenant à plusieurs
registres ou sous plusieurs numéros à un même registre.
Toute personne ayant la qualité de commerçant et qui s’est faite inscrite au RCCM ne
peut opter en plus pour le statut d’entreprenant.
L’entreprenant déclare son activité avec un formulaire prévu à cet effet sans frais, au
greffe de la juridiction compétente dans le ressort duquel il exerce.
Il fournit lors de la déclaration, les éléments relatifs à ses nom et prénoms, son adresse
d’exercice de l’activité, la description de l’activité, son justificatif d’identité et
éventuellement son justificatif du régime matrimonial. Il doit en outre fournir un
extrait d’acte de naissance ; le cas échéant, un extrait de son acte mariage et une
autorisation préalable d’exercer l’activité du déclarant, un certificat de résidence, une
déclaration sur l’honneur signée du demandeur et attestant :
-s’il est commerçant, qu’il n est frappé d’aucune des interdictions prévues par la
loi
-s’il n’est pas commerçant, qu’il ne fait l’objet d’aucune interdiction d’exercer en
relation avec sa profession et qu’il n’a fait l’objet d’aucune condamnation pour
un crime de droit commun ou pour un délit contre les biens, ou une infraction
en matière économique ou financière.

NB : En cas de changement d’activité ou de lieu d’exercice de son activité,


l’entreprenant doit en faire la déclaration au greffe compétent ou à l’organe
compétent dans l’Etat Partie.
En cas de cessation d’activité, l’entreprenant doit faire une déclaration à cet effet
auprès du greffe compétent ou à l’organe compétent dans l’Etat Partie.

F- Le respect des seuils relatifs au système minimal de trésorerie


Le système minimal de trésorerie est un système de comptabilisation applicable aux
petites entreprises.
Les seuils fixés par l’Acte Uniforme portant organisation et harmonisation des
comptabilités des entreprises sont :
-30 millions de FCFA pour les entreprises de négoce (entreprise commerciale)
-20 millions de FCFA pour les entreprises artisanales et assimilées
-10 millions de FCFA pour les entreprises de prestations de services

Un entrepreneur dont le chiffre d’affaires dépasse les seuils fixés ci-dessus ne peut
acquérir la qualité d’entreprenant.
Paragraphe 2 : Les droits de l’entreprenant

La personne physique qui a cumulativement fait sa déclaration d’activité, fournit les


pièces justificatives et qui a reçu le numéro de déclaration de son activité est présumé
avoir la qualité d’entreprenant.
En cette qualité, elle bénéficie :
° des dispositions relatives à la preuve et à la prescription :
NB :
* les obligations entre entreprenants ou entre entreprenants et non entreprenants se
prescrivent par 5 ans sauf délais plus courts.
* Il bénéficie de la preuve par tous moyens même par voie électronique
° des dispositions relatives au bail à usage professionnel (article 101 à 134) cf article
65 AUDCG

Paragraphe 3 : Les obligations de l’entreprenant


L’entreprenant n’est pas soumis à l’obligation d’immatriculation au RCCM. En
revanche, il est tenu d’une déclaration fiscale et sociale. Il doit tenir une comptabilité
(livre journal, livre d’inventaire…). Il est tenu de mentionner son numéro sur ses
factures, bons de commande, tarifs et documents ou correspondances professionnels,
suivi de l’indication du RCCM qui a reçu sa déclaration et de la mention «Entreprenant
dispensé d’immatriculation ». En outre, l’entreprenant qui exerce des activités de vente
de marchandises d’objets, de fournitures et denrées ou de fourniture de logement doit
tenir un registre, récapitulé par année, présentant le détail des achats et précisant leur
mode de règlement et les références des pièces justificatives, lesquelles doivent être
conservées.

Paragraphe 4 : La perte de la qualité d’entreprenant

Lorsque, durant deux années consécutives, le chiffre d’affaires annuel de l’entreprenant


excède les limites fixées pour ses activités par l’Etat Partie sur le territoire duquel il
exerce, il est tenu dès le premier jour de l’année suivante et avant la fin du premier
trimestre de cette année de respecter toutes les charges et obligations applicables à
l’entrepreneur individuel. Dès lors, il perd sa qualité d’entreprenant et ne bénéficie plus
de la législation spéciale applicable à l’entreprenant.
Il doit donc se conformer à la réglementation applicable à son activité (activité
commerciale, activité civile ou activité libérale).

SECTION III : LE STATUT DU COMMERCANT


Paragraphe 1 : Les conditions requises pour avoir la qualité de commerçant

Aux termes de l’article 2 de l’acte uniforme relatif au droit commercial général : « est
commerçant celui qui fait de l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa
profession.»
A ces conditions, s’ajoute une troisième d’origine jurisprudentielle qui prévoit
l’accomplissement d’actes de commerce à titre indépendant.
A - L’accomplissement d’actes de commerce par nature
Pour avoir la qualité de commerçant, il faut accomplir les actes de commerce par nature.
Cette règle vaut pour les commerçants personnes physiques.
B - L’accomplissement d’actes de commerce de façon professionnelle
Cela signifie qu’il faut une répétition habituelle d’actes de commerce. Ainsi, quelques
actes isolés ne confèrent pas la qualité de commerçant, l’habitude implique la
répétition des actes et des opérations. L’activité habituelle ne doit donc pas être
l’accessoire d’une autre activité.
Ex : l’agriculteur qui se borne à transformer ses propres produits avant de les vendre
n’est pas commerçant. Il le devient en revanche s’il transforme dans une mesure
importante les produits d’autres exploitants. La profession suppose l’état de celui qui se
livre à une activité de nature à lui procurer des ressources pour subvenir aux besoins de
son existence.
Ex : le particulier qui spécule habituellement à la bourse c'est-à-dire qui intervient
activement sur le marché boursier pour les achats et les reventes des valeurs mobilières.

NB : Cette activité professionnelle n’est pas exclusive ; ainsi, une même personne peut
exercer 2 professions distinctes dont l’une seulement est commerciale.
Ex : le notaire qui fait personnellement des prêts avec les fonds qu’il a reçu en dépôt ou
qu’il emprunte à ses clients pour les prêter de nouveau à des tiers.
Par ailleurs :
- Celui qui fait le commerce clandestinement par l’intermédiaire d’un prête-nom est
un commerçant (de fait) ;
- Celui qui, malgré une interdiction d’exercer le commerce, à la suite d’une
condamnation, passe outre l’interdiction est un commerçant (de fait) ;
- L’étudiant qui achète pour revendre en vue d’en tirer sa subsistance et financer ses
études est un commerçant (de fait).
C -L’accomplissement d’actes à titre indépendant
Il s’agit de l’exercice personnel d’une activité commerciale. Cela signifie qu’il faut agir
pour son compte à ses risques et périls. Ainsi :
- Les salariés ne sont pas commerçants (car exerçant pour le compte d’autrui, ils
sont unis à leurs employeurs par un lien de subordination qui est incompatible
avec l’indépendance de la profession commerciale.
- Les agents commerciaux (représentants mandataires) : leur profession a un
caractère civil car inscrit sur un registre spécial tenu au greffe du tribunal de
commerce.
- Les gérants salariés et succursalistes
- Les mandataires sociaux (c'est-à-dire les organes des sociétés commerciales :
administrateurs et PDG ou gérants des SARL)
En revanche, le locataire gérant est un commerçant ; de même que le prête-nom et celui
pour lequel il agit.
Remarque : la qualité de commerçant ne résulte donc :
1. Ni de l’affirmation ou de la déclaration qu’une personne est commerçante.
2. Ni de l’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier qui fait
présumer seulement la qualité de commerçant.
3. Ni de l’inscription sur les listes électorales des chambres de commerce et
d’industrie et des tribunaux de commerce.
4. Ni de la possession de certaines cartes professionnelles délivrées par
l’administration ou par des organismes professionnels.
5. Ni du paiement des impôts propres au commerçant.
NB : Distinction entre commerçant et autres activit
+Cas du commerçant et des professions libérales
Les professions libérales mènent des activités intellectuelles : il s’agit des avocats, des
notaires…
Malgré cette différence, ces activités bénéficient du droit au bail comme des
commerçants.
Paragraphe 2 : Les conditions d’accès à la profession commerciale

Pour faire le commerce, il faut avoir la capacité commerciale. Elle est fixée à 21 ans
accomplis. C’est pourquoi sont exclus les mineurs non émancipés et les majeurs
incapables. Quant à la femme mariée, il lui est exigé une profession séparée.
A - Les conditions de capacité
L’exercice du commerce est une profession dangereuse qui suppose une certaine
maturité d’esprit, une certaine expérience, une pleine connaissance des aléas qu’il
entraîne ; c’est pourquoi le législateur en interdit aux incapables dépourvus de ces
qualités. Les incapables ont pour but de protéger l’incapable lui-même et sont
sanctionnées par le défaut de qualité de commerçant et par la nullité relative des actes.

1-Les cas des mineurs


Concernant le mineur non émancipé, il ne peut pas avoir la qualité de commerçant, ni
effectuer des actes de commerce, s’il le fait, il n’est pas commerçant et ne peut être mis
en faillite. En cas d’héritage d’un fonds de commerce :
• Soit le parent survivant exploite le fonds en vertu de droit de jouissance légale sur
les biens du mineur (et s’il n’est pas frappé par une incompatibilité).
• Soit le représentant légal (parent survivant ou tuteur) prend le fonds en location-
gérance ou il est donné à 1/3 ; soit apporter le fonds à une société pluripersonnelle
constituée entre le mineur, des parents ou des 1/3.
• Si le mineur a des cohéritiers majeurs, il est possible de conclure une convention
d’indivision signée au nom du mineur par son représentant légal. Alors un gérant
est désigné qui gère le fonds.

Relativement au mineur émancipé, il faut qu’il soit âgé de 18ans, qu’il soit muni d’une
autorisation spéciale des parents en vue de faire le commerce et que cette autorisation
soit publiée au registre du commerce et du crédit mobilier.
Concernant les majeurs incapables c'est-à-dire ceux dont la faculté mentale est altérée
par une maladie, une infirmité ou un affaiblissement dû à l’âge, ils sont dans la même
situation que les mineurs non émancipés.

2-Le cas de la femme mariée


Le conjoint du commerçant n’a la qualité de commerçant que s’il accomplit les actes
de commerce par nature à titre de profession et séparément de ceux de l’autre conjoint.
En revanche, si les deux époux exploitent ensemble un fonds de commerce, le mari seul
était commerçant auparavant ; mais aujourd’hui, avec l’OHADA, en cas d’exercice
commun par les deux époux, ce n’est plus le mari qui est réputé commerçant mais l’un
des époux ; donc la femme ou le mari. Cette règle évite que les deux époux soient mis
en faillite.
Concernant les pouvoirs de la femme dans l’exercice séparé du commerce, il faut dire
que s’ils ont choisi le régime de la séparation de biens, la femme n’engage que ses biens
propres. En revanche, en cas de régime de la communauté de biens, si le mari a donné
son accord pour l’exercice du commerce par sa femme, celle-ci peut engager tous les
biens du ménage. Si par contre, il y a opposition du mari et que la femme passe outre
cette opposition, elle ne peut engager que ses biens propres et une partie des biens
communs à savoir les biens réservés.

B - Les conditions de moralité


Ces conditions tendent à protéger l’intérêt général.

1-Les incompatibilités
Nul ne peut exercer une activité commerciale lorsqu’il est soumis à un statut
particulier établissant une incompatibilité. Il n’y a pas d’incompatibilité sans texte.
Ainsi, l’exercice de certaines fonctions, professions ou responsabilités est déclarée
incompatible avec le commerce afin de protéger leur dignité qui s’accommoderait
mal avec de l’esprit de spéculation propre à celui-ci. Cette restriction à la liberté
d’entreprendre vise un but d’intérêt général. Sont frappés d’incompatibilité les
fonctionnaires et personnels des collectivités publiques et des entreprises à
participation publique, les officiers ministériels et les auxiliaires de justice (avocat,
huissier, notaire, commissaire-priseur, agent de change, greffier, administrateur et
liquidateur judiciaire) l’expert-comptable agrée, le comptable agrée, le commissaire
aux comptes et aux apports, le conseil juridique, courtier maritime. Celui qui exerce
le commerce malgré l’incompatibilité est commerçant et supporte les contraintes et
obligations du commerce car il est commerçant de fait. Quant aux actes accomplis,
ils restent valables à l’égard des tiers de bonne foi qui peuvent s’en prévaloir.
En revanche le contractant en situation d’incompatibilité ne peut pas s’en prévaloir.
Celui qui a conclu avec une personne en situation d’incompatibilité reste tenu.
L’incompatibilité conduit à des sanctions disciplinaires telles la révocation du
fonctionnaire, ou la destitution de l’officier ministériel.
2-Les interdictions
Nul ne peut exercer une activité commerciale directement ou par personne interposée
s’il fait l’objet d’interdiction générale, définitive ou temporaire prononcée par une
juridiction de l’un des Etats parties ou par une juridiction professionnelle (dans ce cas
l’interdiction ne concerne que l’activité commerciale considérée). Ainsi, elles touchent
certaines personnes pour des raisons de police ou de direction de l’économie.
Ex : fabrication et vente de certains produits, boissons alcoolisées, de jouets dangereux.
L’interdiction peut être prononcée par le tribunal comme peine mais elle peut être levée
par le même tribunal 5 ans après l’avoir prononcé.
L’interdit qui continue d’exercer le commerce est un commerçant de fait et ces actes
sont inopposables aux tiers de bonne foi (la bonne foi est toujours présumée). Mais ces
actes sont opposables à l’interdit.
3-Les déchéances
Les déchéances frappent ceux qui ont déjà fait la preuve de leur indignité dans l’exercice
de cette profession ; il s’agit entre autres de tous ceux qui ont été emprisonnés pour un
crime ou pendant au moins 3 mois sans sursis pour délit contre les biens.
Ex : vol, escroquerie, abus de confiance,…

Paragraphe 3: Les obligations des commerçants

La qualité de commerçant fait peser sur ce dernier certaines obligations auxquelles, il


doit faire face. On distingue entre autres l’immatriculation, la tenue de livres comptables
ou livres de commerce, la loyale concurrence et le paiement des impôts.

A - Obligation d’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier


Tout commerçant doit de faire immatriculer au RCCM. Ce registre est tenu au greffe du
tribunal de 1ère instance et de ses sections détachées. Il sert à dénombrer les commerçants
et les entreprises commerciales et fournit aux partenaires des commerçants, toutes les
informations relatives à leur état, leur capacité et leur fonds de commerce.
Concernant, le commerçant personne physique, son immatriculation doit être faite dans
le 1er mois d’exploitation de son commerce au greffe du tribunal dans le ressort duquel
son fonds est exploité. S’agissant des commerçants personnes morales,
l’immatriculation doit être requise dans le mois de leur constitution par les gérants ou
administrateurs, dans le registre du commerce, du lieu de leur siège social.
La demande d’immatriculation doit indiquer entre autres :
- Les noms, prénoms, domicile de l’assujetti
- Sa date et lieu de naissance
- Sa nationalité,
- Nom commercial et l’enseigne
- La ou les activités exercées
- Date et lieu de mariage
- Régime matrimonial
- Les antécédents commerciaux de l’assujetti
- La date du début des activités
- Toute modification intervenue dans la personne du commerçant ou dans le fonds
exploité.
1-Les registres locaux
Ils sont tenus dans chaque tribunal ou section de tribunal. Le greffier est chargé de les
tenir sous la surveillance soit du Président du tribunal, soit du juge de section.
2-Le fichier national
Il est tenu au greffe de la cour d’appel d’Abidjan et pour but de centraliser toutes les
informations contenues dans les différents registres locaux.
3-Le fichier régional
Il est tenu auprès de la cour commune de justice et d’arbitrage qui se trouve à Abidjan.
Il a pour but de centraliser les renseignements consignés dans chaque fichier national.
Il permettra d’éviter qu’un commerçant déchu ou sur le coup d’une interdiction, se fasse
immatriculer dans un autre Etat parti au traité OHADA.
4-Effets de l’immatriculation
L’immatriculation fait naître des avantages au bénéfice du commerçant mais génère des
inconvénients à sa charge.
a-Avantages de l’immatriculation
- Elle crée une présomption légale (supposition légale) de qualité du
commerçant mais c’est une présomption simple.
- Elle confère au commerçant la qualité de commerçant de droit
- Elle donne la possibilité de se prévaloir du droit au bail
b-Conséquences du défaut d’immatriculation
- Impossibilité de se prévaloir de la qualité de commerçant de droit c'est-à-dire
il ne peut user de ses livres de commerce comme moyens de preuve, ni être
électeur ou éligible à une chambre de commerce ; il ne peut non plus invoquer
le tribunal de commerce en cas de litige et est privé du droit au bail.
- Impossibilité de se soustraire aux responsabilités et obligations inhérentes à
cette qualité litigieuse (les 1/3 peuvent utiliser cela contre lui).
- Obligation d’inscription sous quinzaine
- Paiement d’une amende en cas de découverte.
Remarques :
1. Pour les succursales, l’immatriculation doit être faite dans le mois de leur
ouverture (si ceux qui les ouvrent ne sont pas immatriculés en C.I) et dans le
délai d’un mois à compter du début de l’exploitation (cas d’immatriculation en
C.I).
2. La demande d’immatriculation (pour les personnes morales)
Doit mentionner :
- La dénomination sociale
- Le nom commercial, le sigle ou l’enseigne
- La ou les activités exercées
- La forme de la société ou de la personne morale
- Le montant du capital social
- L’adresse du siège social
- Toutes les informations relatives au gérant
- Toutes modifications intervenues dans la société
2. A la demande d’immatriculation doivent, à peine de rejet, être jointes les pièces
justificatives de toutes les déclarations faites.
3. Le commerçant qui s’est inscrit par erreur, peut demander sa radiation du
RCCM dans le délai d’un mois et, dans le délai de 3 mois pour ses ayants droits ?
Si ces délais ne sont pas respectés, le greffier demande aux juges l’autorisation
de procéder à la radiation. Le commerçant qui a fait de fausses déclarations peut
être radié également.
B - L’obligation de tenue des livres de commerce

1-Les différents livres à tenir


a-- Les livres obligatoires
a1 Le livre journal
Ce livre enregistre au jour les opérations de l’entreprise
A2 Le livre d’inventaire
Il permet aux commerçants de faire chaque année, un inventaire des éléments actifs et
passifs de l’entreprise.
A3 Le grand livre
C’est un document où le commerçant mentionne séparément les différents comptes
individuels de chacun de ses clients ou fournisseurs.
b- Les livres facultatifs
b1-Le livre de caisse
Dans ce livre, le commerçant enregistre tous les paiements reçus ou effectués
b2-Le livre des effets
Il enregistre les effets de commerce à payer ou à recevoir avec leur échéance

B3-Le livre brouillon ou main courante


Il enregistre séance tenante toutes les opérations qui seront ensuite inscrites avec plus
de soin sur le grand livre.
2-Le rôle des livres de commerce
a - Les livres de commerce comme moyens de preuve
Ces livres servent de moyens de preuve des opérations commerciales. Mais il faut
distinguer selon que la preuve est faite contre le commerçant ou à son profit.
a1-L’utilisation des livres contre le commerçant
Ces livres de commerce font toujours preuve contre celui qui les fait ; les mentions qui
y sont contenues sont considérées comme un aveu de sa part. Toutefois, le commerçant
peut faire la preuve contraire par tous les moyens.
a2-L’utilisation des livres au profit du commerçant
Entre commerçants, les livres de commerce peuvent servir de moyens de preuve.
Remarques
Seuls les livres obligatoires servent de moyen de preuve à condition d’être
régulièrement tenus. Pour cela, ils doivent être numérotés et signés par le Président de
la juridiction compétente. Ils doivent mentionner le numéro d’immatriculation au
RCCM du commerçant ou de la société commerciale. Ils doivent être tenus
chronologiquement sans blanc, ni altérations. Ils ne doivent pas être surchargés, ni
raturés en cas d’erreur.
b- Les livres de commerce comme moyen de contrôle de l’administration fiscale
Ils permettent au fisc de connaître le CA et les bénéfices réalisés. Cela facilite le calcul
de l’impôt sur le bénéfice industriel et commercial (BIC) et sur le chiffre d’affaires.
C - L’obligation de loyale concurrence
En régime d’économie libérale, la concurrence constitue la loi du commerce. Cela
permet au marché d’accueillir les meilleurs coûts et des produits compétitifs.
Il apparaît cependant des pratiques anticoncurrentielles ou des agissements fautifs en
matière de concurrence qui tendent au détournement de la clientèle et donc qui ont pour
conséquence la déloyauté en matière commerciale.
1-Les manifestations de la concurrence déloyale
Certains commerçants usent de manœuvres déloyales pour détourner la clientèle de leurs
concurrents. Ces manœuvres consistent soit dans le dénigrement : fait par un
commerçant, de jeter le discrédit sur les produits, services ou sur la personne de son
concurrent ; elle consiste également dans l’atteinte au nom commercial ou à l’enseigne
(ici le commerçant usurpé) (le nom ou d’un autre dans le but de semer la confusion ou
d’induire la clientèle en erreur). Il existe également la publicité comparative qui consiste
à confronter ses propres produits ou services avec ceux d’un concurrent de manière à
mettre en relief auprès du public les avantages des 1ers sur les seconds. On compte
également parmi ces manœuvres déloyales la désorganisation interne de l’entreprise
(elle consiste à livrer les secrets de fabrication du concurrent ou à inciter son personnel
au débauchage) et la désorganisation générale du marché (elle consiste dans la vente à
la perte ou dans la gratuité frauduleuse de la promotion commerciale faite par un
commerçant).
2- Les moyens de protection contre la concurrence
La concurrence déloyale est combattue par une action en justice appelée action en
concurrence déloyale. De même, il n’est pas exclu que la convention des parties limite
la concurrence.

a- L’action en concurrence déloyale


La jurisprudence fonde l’action en concurrence déloyale sur la responsabilité civile pour
faute. Ainsi, le commerçant qui en est victime saisit le tribunal : mais pour avoir gain de
cause, le commerçant doit prouver :
- une faute constituée par les faits ou actes déloyaux
- un préjudice qu’il subit (détournement de la clientèle)
- un lien de causalité entre le préjudice et la faute.
b- La protection conventionnelle contre la concurrence
Malgré la libre concurrence, il n’est pas exclu que les parties par convention limitent
leur propre activité afin d’éviter de se faire concurrence. Les procédés utilisés sont les
clauses de non concurrence, les clauses de non-rétablissement et les conventions
d’exclusivité.
b1-Les clauses de non-concurrence
On appelle clauses de non-concurrence la clause d’un contrat par laquelle, une des
parties s’interdit, dans une certaines limites de temps et de lieu, d’exercer une activité
professionnelle déterminée susceptible de faire concurrence à l’autre.
Ce sont des clauses généralement insérées dans le contrat de travail et qui permettent
ainsi à un employeur d’obtenir de son employé jusqu’à l’expiration du contrat il
n’ouvrirait pas une entreprise concurrente ou n’offrirait pas ses services à une entreprise
concurrente.
b2-Les clauses de non-rétablissement
Ce sont des clauses insérées dans la vente ou dans la location-gérance du fonds de
commerce en vertu desquelles l’acquéreur ou le locataire-gérant obtient du commerçant
(vendeur ou bailleur) qu’il ne rétablirait pas une activité semblable à côté de lui. Il s’agit
ici de la matérialisation de la garantie du fait personnel.
Pour que cette clause soit valable, il faut qu’elle soit limitée dans son objet, dans le
temps et dans l’espace.
NB : En clair, le vendeur doit s’abstenir de tout acte, de toute initiative qui nuirait à
« la possession paisible de l’acheteur ».
B3-Les clauses d’exclusivité
On appelle clause d’exclusivité, la clause d’un contrat par laquelle l’une des parties
s’engage à ne pas conclure d’autres accords identiques avec un tiers.
Dans ces hypothèses, les parties s’entendent pour réserver l’exclusivité de l’activité ou
de la fourniture d’un produit à l’une d’entre elles.
NB : Ces clauses, pour être valables, doivent être limitées dans leur objet (genre
d’activité), dans le temps (Ex : 2 ans) et dans l’espace (localité déterminée, périmètre
raisonnable autour de l’exploitation)
G- L’obligation de paiement des impôts
Tout commerçant, personne physique ou morale a l’obligation de payer ses impôts et
d’être en règle vis-à-vis de l’administration fiscale. Il s’agit notamment de la patente, de
l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux, de l’impôt synthétique, de la TVA
etc…
1-La patente
Il s’agit d’une contribution annuelle due par toute personne physique ou morale exerçant
en CI un commerce, une industrie ou une profession non exemptée en vertu de la loi.
2-L’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux
C’est un impôt annuel établi sur les bénéfices des professions commerciales,
industrielles, minières, agricoles ou forestières réalisées en CI.
3-L’impôt synthétique
Il regroupe l’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux, l’IGR (Impôt Général
sur le Revenu), la patente et la TVA. Il est perçu sur tout exploitant individuel dont le
chiffre d’affaires annuel est inférieur à 50 000 000 Frs pour les ventes de marchandises
et 25 000 000F annuel pour les autres activités.
4-La TVA
C’est un impôt indirect qui est supporté en réalité par le consommateur et qui frappe les
ventes de marchandises en CI, les importations de marchandises livrées en CI et les
travaux immobiliers.
CHAPITRE III : LE FONDS DE COMMERCE

Dans le cadre de l’exercice de l’activité commerciale, le commerçant est amené à


affecter à cette activité un certain nombre de biens qui constituent son fonds géré (par
lui ou par un 1/3).
Le traité OHADA définit le fonds de commerce comme un ensemble de moyens qui
permettent aux commerçants d’attirer et de conserver une clientèle. Il regroupe
différents éléments mobiliers, corporels et incorporels.
SECTION I : LA COMPOSITION DU FONDS DE COMMERCE
Aux termes de l’article 104 de l’acte uniforme, le fonds de commerce comprend
obligatoirement la clientèle et l’enseigne ou le nom commercial. Il nous reviendra de
présenter ces éléments en distinguant les éléments incorporels, des éléments corporels.
Paragraphe 1 : Les éléments incorporels du fonds de commerce
G- Le nom commercial
Il se définit comme l’appellation sous laquelle le commerçant, personne physique ou
morale, exerce son activité. Ce peut être soit un nom patronymique. Ex : Chez HASSAN
Soit un pseudonyme (nom composé ou dénomination de fantaisie). Ex : NATY Coiffure.
Le nom commercial est un moyen de ralliement de la clientèle et sert à identifier le
commerçant et son entreprise. Il est cessible avec le fonds car il a une valeur
patrimoniale. Aussi est-il l’objet de protection contre les usurpations par :
- L’action en concurrence déloyale (s’il y a confusion, ou s’il n’est pas original et
ne bénéficie pas d’une notoriété suffisante ou s’il y a détournement de la
clientèle).
- La loi pénale relative aux altérations ou suppositions de nom.
NB : Cela n’existe pas si le nom commercial est utilisé dans 2 commerces différents ou
pour 2 produits différents.
H- L’enseigne
C’est un signe extérieur qui permet d’individualiser l’établissement, le magasin. Ce peut
être soit le nom patronymique du commerçant, soit une dénomination de fantaisie (IRIS
boutique) ou encore un emblème (la silhouette d’un animal) ; pour être protégée,
l’enseigne ne doit pas exprimer des mots génériques ou passe-partout. Ex : PIZZA.
Il doit donc être spécifique et ne pas prêter à confusion.
Il faut, pour agir en concurrence déloyale, qu’il y ait détournement ou risque de
détournement de la clientèle ou usurpation de l’enseigne.
NB : Toutefois, la même enseigne peut être employée dans deux (2) commerces
différents ou dans deux (2) localités différentes dès lors que les clientèles
desservies sont bien distinctes.
I- Le droit au bail
C’est la créance du locataire commerçant contre le propriétaire immobilier ; c'est-à-dire
le droit à la jouissance des lieux loués où s’exerce le commerce. Il permet de sauvegarder
l’exploitation du locataire commerçant, étant donné que, dans certains cas (dans la
distribution), il joue un rôle capital, car le CA et donc la valeur du fonds dépendent dans
la mesure de son implantation.

NB : Il peut exister un fonds de commerce sans bail. C’est le cas lorsque le commerçant
est propriétaire de l’immeuble dans lequel il sert ses clients.

1-Les conditions de renouvellement du bail


Le commerçant a droit au renouvellement de son bail dont la durée est venue à
expiration. Toutefois, des conditions existent en vue de son renouvellement :
- le locataire doit justifier avoir exploité l’activité prévues au contrat de bail pendant
2 ans au moins.
En outre,
- Si le bail est à durée déterminée, la demande de renouvellement doit se faire au
plus tard 3 mois avant l’expiration du bail sous peine de déchéance. Le défaut de
réponse au plus tard 1 mois avant l’expiration du bail entraîne l’acceptation tacite
du renouvellement.
- Si le bail est à durée indéterminée, toute partie qui entend le résilier doit donner
congé par acte extrajudiciaire au moins 6 mois à l’avance. Faute de contestation
de ce congé, ce bail cesse à la date fixée par ce congé ;
2-Durée du nouveau bail
Le nouveau bail dure 3 ans sauf accord contraire des parties.
3-Les bénéficiaires du renouvellement du bail
Il s’agit des locataires des immeubles ou locaux à usage commercial, industriel, artisanal
ou professionnel ;
4-Les domaines d’application du renouvellement du bail
- Les baux des locaux ou immeubles à usage commercial, industriel, artisanal ou à
tout autre usage professionnel
- Les baux des locaux accessoires dépendant d’immeuble ou d’un local à usage
commercial, industriel, artisanal ou à tout autre usage professionnel à la condition,
si ces locaux accessoires appartiennent à des propriétaires différents, que cette
location ait été faite en vue de l’utilisation jointe que leur destinait le preneur, et
que cette destination ait été connue du bailleur au moment de la conclusion du
bail.
- Les baux des terrains nus (sur lesquels ont été édifiées, avant ou après la conclusion
du bail, des constructions à usage industriel, commercial, artisanal ou à tout autre
usage professionnel à condition que ces constructions aient été élevées ou
exploitées avec le consentement du propriétaire ou à sa connaissance et
expressément agréées par lui
NB : Cas des locaux accessoires appartenant à des propriétaires différents :
Il faut que la location ait été faite en vue d’une utilisation jointe par le preneur et
que cela soit su par le bailleur au moment de la conclusion du bail.
5-L’indemnité d’éviction
- Le bailleur peut s’opposer au droit au renouvellement du bail à durée déterminée
ou à durée indéterminée en réglant au locataire une indemnité d’éviction : la
somme d’argent versée au titulaire d’un bail commercial dont le renouvellement
est refusé sans motifs légitimes. Le taux de l’indemnité d’éviction est égal à la
valeur marchande du fonds suivant les usages de la profession. A défaut d’accord,
c’est le juge qui fixe.
L’indemnité d’éviction est due :
- en cas d’opposition au renouvellement du bail sans motif légitime ;
- après avoir perçu le prix ou loyer d’exploitation de son fonds ;
- en cas de refus de reloger le locataire par suite de reconstruction ou
d’aménagement des anciens locaux.

6-Le droit de reprise


Toutefois, le bailleur ou propriétaire de l’immeuble dispose du droit de reprise
(l’indemnité d’éviction n’est pas due) dans certains cas :
- pour le non-paiement des loyers par le locataire sortant, ou pour cessation de
l’exploitation du fonds de commerce. Ce motif ne peut prospérer que si les faits
se sont poursuivis ou renouvelés plus de 2 mois après mise en demeure exercé par
le bailleur en vue de les faire cesser.
- pour non exploitation des locaux en bon père de famille
- pour changement de destination des locaux sans en avertir le propriétaire
- pour absence de réparation ou d’entretien des locaux en cours de bail
- s’il est établit que l’immeuble doit être démoli en vue de sa restauration ou
rénovation.
NB : Sauf péril, le locataire pourra rester dans l’immeuble jusqu’au commencement des
travaux.
- s’il veut faire habiter ses parents ou lui-même dans les locaux accessoires. Mais
cela devient impossible quand il est de nature à causer un trouble au preneur ou
en cas d’indivision des locaux principaux ou des locaux accessoires.
On appelle droit de reprise, le droit accordé au bailleur, dans certains cas, de reprendre
son local à l’expiration du bail.
Est réputé bail à usage professionnel, toute convention, écrite ou non, entre une personne
investie par la loi ou une convention du droit de donner en location tout ou partie d’un
immeuble, et une autre personne physique ou morale, permettant à celle-ci, le preneur,
d’exercer dans les lieux avec l’accord de celui-là , le bailleur, une activité commerciale,
industrielle, artisanale ou toute autre activité professionnelle.
NB :
Fin du bail :
• Le bail ne prend pas fin par la vente des locaux donnés à bail
En cas de changement de propriétaire de l’immeuble où se trouvent les locaux donnés
à bail, l’acquéreur est de plein droit substitué dans les obligations du bailleur, et doit
poursuivre l’exécution du bail.
• Le bail ne prend pas fin par le décès de l’une ou l’autre des parties
En cas de décès du preneur, personne physique, le bail se poursuit avec les conjoints,
ascendants (grand-père et père ; grand-mère et mère) ou descendants (fils et petit-fils)
en ligne directe (différent des collatéraux : frères, oncles, neveux, cousins et nièces) qui
en ont fait la demande au bailleur (par acte extra judiciaire) dans un, délai de 3 mois à
compter du décès.
• S’il y a existence de plusieurs demandes, le bailleur fait désigner judiciairement
le successeur.
En l’absence de toute demande, dans ce délai de 3 mois, le bail est résilié de plein
droit.

J- Les droits de propriétés industrielles et commerciales


Il s’agit de biens de nature incorporelle qui procurent à leurs titulaires un monopole
d’exploitation (pour les créations nouvelles) ou un monopole d’utilisation pour les
signes distinctifs (dessins et modèles industriels).
Exemple :
- Les brevets d’invention : il s’agit d’un titre de propriété délivré à un inventeur ou
à son ayant-cause en contrepartie de la divulgation de son invention. C’est
également un document papier délivré par l’autorité publique et dans lequel est
décrite l’invention. Il protège une invention qui se définit comme la solution
nouvelle à un problème technique. Le brevet confère à son titulaire une protection
d’une durée de 20 ans, sous réserve du paiement de redevances de maintien en
vigueur.
- Les dessins et modèles industriels : il s’agit de création de forme, de traits ou de
couleurs sous lesquels le créateur peut obtenir un monopole d’exploitation
temporaire, à condition qu’elles soient originales (c'est-à-dire elles portent
l’empreinte personnelle de l’auteur).
- L’originalité s’oppose à ce qui est courant, banal, connu ou ordinaire. La durée de
protection des dessins et modèles industriels est de 5 ans. Elle peut être portée à
15 ans par 2 renouvellements successifs de 5 ans chacun.
- Les marques de fabrique de commerce ou de service : il s’agit de signe matériel ou
d’empreinte distinctive d’un produit ou d’un service et qui sert à reconnaître ce
produit et à le distinguer d’un autre. Elle peut prendre les formes les plus variées :
nom patronymique (GUINESS) ou nom de fantaisie (COCA-COLA), chiffres
(501), lettres (BF), dessins (vache).
La marque est dite déposée lorsque son titulaire la dépose au greffe du tribunal de
commerce en vue d’obtenir un monopole d’exploitation, car elle constitue un élément
essentiel de la stratégie de l’entreprise. La marque est enregistrée pour une durée de 10
ans indéfiniment renouvelable pour des périodes consécutives de 10 ans chacune.
K- Les autres éléments incorporels
Il s’agit, entre autres, des licences et autorisations administratives (Ex : pour les débits
de boissons, la carte de transporteur routier…)
On appelle licence d’exploitation, la permission accordée par les pouvoirs publics en
vue de l’exercice de certaines professions, ainsi que pour l’importation et l’exploitation
de divers produits. C’est également l’autorisation d’exploiter un brevet. On compte
parmi ces autres éléments incorporels les contrats d’assurance relatifs au fonds de
commerce (Ex : assurance incendie), les contrats de travail conclus pour l’exploitation
du fonds, le bénéfice des clauses de non-concurrence.
L- La clientèle
Elle désigne l’ensemble de ceux qui s’approvisionnent habituellement ou
occasionnellement auprès d’un commerçant déterminé. On distingue la clientèle
captive, c'est-à-dire l’ensemble de ceux qui sont liés aux commerçants par un contrat
d’approvisionnement ; on distingue également la clientèle attirée, c'est-à-dire ceux qui
s’adressent aux commerçants de façon habituelle. Il y a enfin l’achalandage qui désigne
la partie de la clientèle retenue par l’emplacement du fonds de commerce ou clientèle
de passage.
NB : La clientèle, l’élément le plus important du fonds de commerce.
La clientèle est l’élément le plus important du fonds de commerce, car sans elle le
fonds ne saurait exister. Elle est la résultante du fonds de commerce et en
conditionne son existence.

Paragraphe 2 : Les éléments corporels


A- Le matériel et l’outillage
C’est l’ensemble des biens mobiliers corporels qui servent durablement à l’exploitation
et qui, de ce fait, présentement une stabilité réelle.
Ex : L’outillage industriel, le matériel d’équipement et d’entreposage, les meubles de
bureau, le mobilier d’hôtel…
NB : Ils ne font pas partie du fonds lorsque le commerçant cumule la propriété des
locaux où il exerce son activité et celle du fonds. Ils sont alors considérés comme
des immeubles par destination, soit à raison de leur affectation à l’exploitation,
soit à raison de leur attache à perpétuelle demeure
B- Les marchandises en stock
Ce sont les matières premières destinées à être transformées ou les produits et biens
destinés à la vente.
NB : Nature juridique du fonds de commerce
Le fonds de commerce est un bien meuble (composé d’éléments mobiliers), unitaire
(différent des éléments qui la composent ; il peut être vendu, donné en location-
gérance, nanti, ou apporté en société), incorporel (car son acquisition se fait par
la délivrance d’un titre).
C- Installations
D- Aménagements et agencements
E- Le mobilier
SECTION II : OPERATIONS JURIDIQUES SUR LE FONDS DE COMMERCE

Paragraphe 1 : La location-gérance du fonds de commerce


Selon l’acte uniforme, « la location-gérance est une convention par laquelle le
propriétaire du fonds de commerce, personne physique ou morale, en concède la
location à un gérant, personne physique ou morale, qui l’exploite à ses risque et périls ».
En la matière, il y a séparation de la propriété du fonds et son exploitation ; et le
locataire-gérant a la qualité de commerçant.
L’entreprenant ne peut être partie à un contrat de location-gérance.
A- Les conditions de la location-gérance
1-Les conditions de fond
Elles sont relatives au bailleur d’une part et au locataire-gérant d’autre part.
a- Les conditions exigées du bailleur
Celui-ci doit remplir 2 conditions cumulatives :
• Il ne doit pas avoir été interdit ou déchu de l’exercice d’une profession
commerciale ;
• Il doit avoir exploité pendant deux (2) ans au moins en qualité de commerçant le
fonds mis en gérance.
NB : Ces conditions ne sont pas applicables aux personnes morales publiques, aux
incapables en ce qui concerne le fonds dont ils étaient propriétaires avant la
survenance de leur incapacité, aux héritiers d’un commerçant décédé en ce qui
concerne le fonds exploité par ce dernier, de même qu’aux mandataires de justice
chargés de l’administration du fonds de commerce après autorisation du juge.
b- Les conditions relatives au gérant :
• Il doit avoir la capacité commerciale ;
• Il ne doit pas être frappé d’incompatibilité, de déchéance ou d’interdiction de faire
le commerce.
2- Les conditions de forme et de publicité
Le locataire -gérant doit se faire immatriculer au registre du commerce et du crédit
mobilier.
Quant au bailleur, il doit faire modifier son inscription personnelle avec la mention
expresse de la location-gérance.
Le contrat, lui-même, doit être publié sous forme d’extrait ou d’avis dans un journal
d’annonces légales dans les quinze (15) jours suivant sa conclusion.
B- Les effets de la location-gérance
La location-gérance produit des effets entre les parties et à l’égard des tiers.
1-Les effets à l’égard des parties
La location-gérance confère au locataire-gérant la qualité de commerçant ; alors que le
bailleur cesse d’être commerçant.
Le contrat est conclu intuitu personae ; le locataire-gérant ne peut ni céder ses droits ni
sous-louer le fonds sans l’autorisation du bailleur.
Jusqu’à la publication du contrat, le bailleur est solidairement responsable avec le
locataire-gérant des dettes contractées par celui-ci à l’occasion du fonds. Ainsi :
• Pour les dettes nées avant le contrat, le bailleur est seul responsable
• Pour les dettes nées après le contrat et avant sa publication, le bailleur et le
locataire-gérant sont solidairement responsables.
2-Les effets à l’égard des tiers
Dans le délai de trois (3) mois à compter de la publication du contrat, les créanciers du
bailleur du fonds de commerce peuvent s’ils estiment que la location—gérance met en
péril le recouvrement de leurs créances afférentes à l’exploitation du fonds, saisir le
tribunal qui pourra déclarer celles-ci immédiatement exigibles.
De même, la fin de la location-gérance rend immédiatement exigibles les dettes
afférentes à l’exploitation du fonds contractées par le locataire-gérant pendant la période
de la gérance.
Paragraphe 2 : La cession ou vente du fonds de commerce
Définition
Convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une chose, et l’autre à l’acheter. (Art. 1582
CCIV)
Contrat par lequel une personne, le vendeur, transfère ou s’engage à transférer un bien
à une personne, l’acheter, qui a l’obligation d’en verser le prix en argent.
A-Conditions

1- Conditions de fond
a-Conditions générales de conclusion des contrats :
-Le consentement (erreur, dol violence)
-La capacité
-L’objet
-La cause (en vue de son exploitation théorie de l’accord)
b-Conditions particulières
Le contrat de vente existe, dès qu’il y a accord sur l’objet et sur le prix.
NB : L’écrit n’est pas nécessaire, mais indispensable
c-Eléments obligatoirement compris dans la vente :
-Clientèle (clientèle captive, surtout)
-Enseigne
-Non commercial
NB : les autres doivent être précises dans le contrat
Le prix est librement fixé par les parties.
2- Conditions de forme et de publicité
Publicité dans un journal d’annonce légale.
B-Effets
1- Vers le vendeur
-livrer la chose
-garantir l’acheteur contre
-son fait personnel
-les vices cachés
-l’éviction
2- Vers l’acheteur
-payer le prix (convenu)
-prendre livraison de la chose
C- La garantie du vendeur non payé
-Action résolutoire (c'est-à-dire, en annulation de la vente)
-Droit de rétention (cas des ventes à terme)
-Privilège du vendeur (droit de préférence), opposition
Paragraphe 3: Le nantissement du fonds de commerce
Définition
C’est un gage sans dépossession ; une garantie offerte par l’exploitant du fonds de
commerce à ses créanciers.

A-TYPES DE NANTISSEMENT

1-Nantissement conventionnel
2-Nantissement judiciaire
1- Le nantissement conventionnel
a- Conditions
a1-Conditions de fond
Constitution (éléments grevés)
Il porte sur :
-La clientèle
-L’enseigne
-Le nom commercial
-Le droit au bail
-Les licences d’exploitation
NB : Les autres éléments du fonds de commerce doivent faire l’objet d’une mention
expresse.
a2-Conditions de forme et de publicité
Forme écrite (authentique ou sous-seing privée dûment enregistrée)
Les mentions (à peine de nullité)
-nom, prénom, domicile des parties
-N° d’immatriculation de parties au RCCM
-Désignation précise et siège du fonds (et de ses succursales)
-Eléments du fonds nanti
-Le montant de la créance garantie
-Conditions d’exigibilité de la dette payable et ses intérêts
-L’élection de domicile du créancier dans le ressort de la juridiction où est tenu le
RCCM.
b- Effets
Droit du créancier gagiste
-Il doit être au courant de tous les événements susceptibles d’affecter le fonds de
commerce, de mettre en péril le recouvrement de sa créance. (C'est-à-dire ces
événements doivent être portés à sa connaissance).
Ex :
Le déplacement du fonds de commerce (au moins quinze (15) jours avant ce
déplacement
L’inscription d’un nouveau nantissement)
La demande de la réalisation du bail (dont la décision ne peut intervenir que 2 mois après
notification)
Muni d’un titre exécutoire, il peut faire ordonner la vente du fonds huit (8) jours après
sommation de payer demeurée infructueuse.
Il bénéficie du droit de suite ; du droit de préférence ; il dispose du droit de surenchère
du 6ème
Les créanciers (nanti et privilégié) viennent dans la procédure de distribution des fonds,
chacun selon son rang d’inscription.
2- Le nantissement judiciaire

-Même constitution et mêmes mentions (que nantissement conventionnel)


-Inscription définitive au RCCM après que la décision ait force de chose jugée.
-Conséquence : inscription même situation entre créancier nanti conventionnellement et
celui judiciairement.

Vous aimerez peut-être aussi

pFad - Phonifier reborn

Pfad - The Proxy pFad of © 2024 Garber Painting. All rights reserved.

Note: This service is not intended for secure transactions such as banking, social media, email, or purchasing. Use at your own risk. We assume no liability whatsoever for broken pages.


Alternative Proxies:

Alternative Proxy

pFad Proxy

pFad v3 Proxy

pFad v4 Proxy