De Cyrille Droit Des Affaires
De Cyrille Droit Des Affaires
De Cyrille Droit Des Affaires
SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE II : LE COMMERÇANT
SECTION I : DISTINCTION AVEC L’ARTISAN
Paragraphe 1 : Notion d’artisan
A- Définition de l’activité du secteur de l’artisanat
B- Les diverses catégories d’artisans
C- Définition de l’entreprise du secteur de l’artisanat
Paragraphe 2 : Les conditions d’exercice des activités du secteur de l’artisanat
A- L’exigence d’une qualification professionnelle
B- La capacité d’exercice
C- Le fonds de l’artisanat
Paragraphe 3 : Les obligations des acteurs de l’activité du secteur de l’artisanat
A- Inscription au registre des métiers (pour les personnes physiques)
B- Immatriculation au répertoire des entreprises du secteur de l’artisanat et
au registre du commerce et du crédit mobilier (pour le GIE et la SARL)
C- Obligation de tenue des livres comptables
D- Obligation d’immatriculation auprès de l’administration fiscale (pour les
artisans et entreprises du secteur de l’artisanat) L’obligation
d’immatriculation à la CNPS (pour les artisans et les entreprises du
secteur)
E- L’obligation de souscription à une assurance responsabilité civile
professionnelle
F- L’obligation de souscription à une assurance responsabilité civile
professionnelle
SECTION II : DISTINCTION AVEC L’ENTREPRENANT
Chaque matière fait l’objet d’un acte uniforme. L’OHADA enregistre aujourd’hui 8
actes uniformes à savoir :
- Acte Uniforme pour le droit commercial général adopté le 17 avril 1997 et entré
en vigueur le 1er janvier 1998. Modifié en 2010
- Acte Uniforme sur les sociétés commerciales et le groupement d’intérêt
économique adopté le 17 avril 1997 et entré en vigueur le 1er janvier 1998.
Modifié en 2014
- Acte Uniforme sur les sûretés adopté le 17 avril 1997 et entré en vigueur le 1er
janvier 1998.
- Acte Uniforme sur les procédures simplifiées de recouvrement des créances et
voies d’exécution adopté le 10 avril 1998 et entré en vigueur le 10 juillet 1998.
- Acte Uniforme sur les procédures collectives d’apurement du passif adopté le 10
avril 1998 et entré en vigueur le 1er janvier 1999.
- Acte Uniforme sur l’arbitrage adopté le 10 mars 1999 et entré en vigueur le 11
juin 1999.
- Acte Uniforme sur l’organisation et l’harmonisation des comptabilités des
entreprises adopté le 23 mars 2000 et entré en vigueur le 1er janvier 2001.
- Acte Uniforme sur les contrats de transport de marchandises par route adopté le
22 mars 2003 et entré en vigueur le 1er janvier 2004.
NB :* D’autres Actes Uniformes sont en chantier ; il s’agit notamment de l’Acte
Uniforme sur le Droit des Contrats et de l’Acte Uniforme sur le Droit du Travail
* Ces textes n’abrogent pas tous les textes nationaux en matière commerciale.
La loi relative au droit commercial général dispose : « est commerçant, celui qui fait de
l’accomplissement des actes de commerce par nature sa profession. » Il ressort de cette
définition que la qualité de commerçant n’est acquise que lorsque l’individu accomplit
les actes de commerce par nature et en fait sa profession habituelle. Il existe différents
types d’actes de commerce à savoir les actes de commerce par nature, les actes de
commerce par forme et les actes de commerce par accessoire. A côté de ces actes, nous
avons les actes mixtes
Paragraphe 1 : Les actes de commerce par nature
L’acte de commerce par nature est celui par lequel une personne s’entremet dans la
circulation des biens qu’elle produit ou achète ou par lequel elle fournit des prestations
de service avec l’intention d’en tirer un profit pécuniaire.
C- Les actes de commerce à titre isolé
-L’agriculteur qui achète les produits des autres pour les transformer et les revendre dans
une proportion plus grande que sa propre production.
-L’agriculteur qui loue aux autres ses machines agricoles.
-L’éleveur qui vend les animaux après les avoir nourris exclusivement ou en majeure
partie avec des produits achetés en dehors de l’exploitation.
-L’éditeur ou l’exploitant d’un brevet ou le directeur d’un journal (car il spécule sur le
travail d’autrui).
2-Les opérations de banque, de bourse, de change, de courtage, d’assurance et de
transit.
• Les opérations de banque et de change
Il s’agit d’opérations portant sur l’argent et le crédit. Elles consistent à faire le commerce
de l’argent et le crédit. Elles doivent être professionnelles et avec les capitaux d’autrui.
Elles englobent la réception des fonds du public c'est-à-dire les opérations de dépôt, les
opérations de crédit y compris le crédit-bail, l’émission de carte de paiement et de crédit,
les transferts de fonds entre comptes, l’escompte d’effets de commerce.
Les opérations de bourse
Il s’agit d’opérations portant sur des valeurs mobilières et donnant accès à une partie du
capital de la société.
• Les opérations de courtage
Ce sont des opérations par lesquelles un intermédiaire appelé « courtier » met des
personnes en contact en vue de la conclusion d’un contrat.
Exemple : Le courtage en assurance, le courtage en douane.
NB : La commercialisation de l’opération est indépendante de celui qui l’exerce.
• Les opérations de d’assurance
Elles consistent à garantir les risques des tiers. Il s’agit en clair, pour une compagnie,
d’acquérir les primes payées par les assurés et à verser aux créanciers d’indemnités, les
sommes auxquelles leur donne droit la réalisation du risque couvert, en prélevant au
passage leur bénéfice.
• Les opérations de transit
Elles consistent à accomplir toutes les formalités d’entrée et de sortie des marchandises
selon les règles douanières, pour le compte du client.
3 Les opérations de manufacture, de locations de meubles, de transport et de
télécommunication.
• Les opérations de manufacture
Il s’agit de toutes les opérations de fabrication, de transformation de produits réalisée à
partir de matières premières achetées dans les usines et destinées à la vente. Il s’agit
également de toutes celles qui consistent à fournir des prestations à autrui en travaillant
les matières premières qu’il a fournies.
• Les opérations de location de meubles
Il s’agit d’opérations consistant dans le louage de biens meubles à autrui.
• Les opérations de transport
Il s’agit de tous les actes liés au transport de personnes et de marchandises par terre, par
mer ou par air. En clair, elles consistent à assurer le déplacement de voyageurs ou de
marchandises.
NB : Il a été jugé que le chauffeur de taxi qui exploite seul le véhicule dont il est
propriétaire et en tire la source principale de ses revenus exerce une activité artisanale.
• Les opérations de télécommunication
Il s’agit de tous les actes liés au moyen moderne de communication qui sont téléphone,
le télex, le télégramme, fax, Internet…
4-Les opérations des intermédiaires de commerce
Elles permettent à l’offre et à la demande de se rencontrer et de s’ajuster l’une à l’autre.
Elles sont exercées soit par des courtiers, soit par des commissionnaires, soit par des
agents d’affaires (agences de voyages, matrimoniales,…) ainsi que les opérations
d’intermédiaire pour l’achat, la souscription, la vente ou la location d’immeubles, de
fonds de commerce, d’actions ou de parts de société commerciale ou immobilière.
E- Le billet à ordre
C’est un écrit par lequel une personne appelée souscripteur s’engage à payer à une
échéance déterminée une somme d’argent à un bénéficiaire.
F- Le warrant
C’est un billet à ordre souscrit par un commerçant et garanti par des marchandises
déposées dans un magasin général ou qu’il s’engage à conserver lui-même.
NB : Les actes de commerce se prouvent par tous moyens même par voie électronique
à l’égard des commerçants.
Tout commencement de preuve par écrit autorise le commerçant à prouver par
tous moyens contre un non-commerçant. Les livres de commerce et les états
financiers sont admis par le juge comme moyens de preuves si besoin est)
Paragraphe 3 : Les actes de commerce par accessoire
Ce sont des actes de nature civile accomplis par un commerçant pour les besoins de son
activité commerciale. Rappelons au passage que cette catégorie d’actes émane de la
Doctrine et la Jurisprudence.
Exemple : La location d’un local pour les besoins de son commerce, l’acquisition d’un
véhicule par un commerçant pour les besoins de son commerce, le cautionnement
consenti par le PDG d’une SA ou le gérant d’une SARL, le gage qui garantit une dette
commerciale…
NB : Les actes civils par accessoire : Il s’agit d’actes de nature commerciale accomplis
par un non-commerçant pour les besoins ou à l’occasion de son activité principale
qui est civile.
Exemple : L’éleveur qui achète des bestiaux pour engraisser sur ses pâturages avant de
les revendre. Le médecin qui, dans une localité où il n’y a pas de pharmacie, vend des
produits pharmaceutiques à ses clients.
C- Les conditions de la commercialité par accessoire
Tous les actes accomplis par un commerçant sont présumés effectués pour les besoins
de son commerce. Il faut donc que :
▪ L’auteur de l’acte soit commerçant
▪ L’acte soit accompli pour les besoins de son commerce, qu’il en soit le complément
nécessaire ou au moins normal.
D- Le domaine de la commercialité par accessoire
La commercialité par accessoire s’étend aux domaines contractuel et extracontractuel.
Dans le domaine contractuel, on distingue par exemple : le gage, le cautionnement ou
encore le bail pris ou donné par un commerçant pour son commerce.
Dans le domaine extracontractuel, la responsabilité délictuelle ou quasi-délictuelle du
commerçant et commercial si le préjudice subi par le tiers l’a été à l’occasion de
l’exercice du commerce (même si causé par son préposé ou par une chose sous sa garde).
Ce sont des actes qui sont commerciaux pour une des parties, civils pour l’autre.
Ex : Les contrats de travail conclus par un commerçant avec des salariés.
La vente de produits agricoles par un commerçant à un agriculteur.
La vente d’une voiture de tourisme par un concessionnaire automobile à un
particulier.
F- La compétence du tribunal en cas de litige
Si le demandeur est civil, il a le choix entre le tribunal civil et le tribunal de commerce.
Si le demandeur est commerçant, il ne peut saisir que le tribunal civil.
G- La preuve
Si la preuve est faite par le non-commerçant contre le commerçant, c’est la liberté de
preuve (témoignage, aveu, serment, écrit).
Si la preuve est faite par le commerçant contre le non-commerçant, c’est la preuve
littéraire qui s’applique c'est-à-dire la preuve écrite (les factures, les livres et documents
comptables…)
H- La mise en demeure
Le commerçant qui veut mettre en demeure le non-commerçant doit le faire par acte
extrajudiciaire (citation en justice, sommation de payer, commandement de saisie.)
Le non-commerçant quant à lui, peut mettre le commerçant en demeure par tous les
moyens (lettre recommandée, sommation de payer, assignation ou citation en justice,
télex, fax, téléphone, Internet…).
I- La solidarité
La solidarité ne se présume pas entre codébiteurs civils d’un créancier commerçant. Car
en matière civile, la solidarité doit être expressément stipulée (écrite dans un texte). Mais
elle se présume entre codébiteurs commerçants d’un créancier civil : ce qui signifie que
l’un quelconque d’entre eux peut être actionné en paiement pour le tout par le créancier.
J- La prescription
Les obligations nées à l’occasion de leur commerce entre commerçants, ou entre
commerçants et non commerçant se prescrivent par 5 ans si elles ne sont pas soumises
par des prescriptions plus courtes.
SECTION 2 : CRITERES ET INTERETS DE LA DETERMINATION DES
ACTES DE COMMERCE
L’acte uniforme n’épuisant pas la liste des actes de commerce, il faut donc trouver un
critère permettant de classer les actes non envisagés par l’acte uniforme.
Paragraphe 1 : Les critères
La prescription des créances commerciales est de 5 ans alors qu’elle est de 30 ans pour
les créances civiles. Le délai de grâce est écarté lorsqu’il s’agit du paiement d’une lettre
de change ou d’un billet à ordre ; car la rigueur de l’échéance est de mise pour le
paiement de ces effets par le commerçant sauf délai de grâce accordé par le juge. En
droit commercial, la clause compromissoire est valable sauf pour les actes mixtes. On
appelle clause compromissoire : la clause par laquelle des parties à un contrat s’engagent
à soumettre à l’arbitrage, les litiges qui pourraient naître relativement à un contrat.
CHAPITRE II : LE COMMERÇANT
Plusieurs personnes se livrent à des activités mais on ne peut dès le premier abord les
qualifier de commerçant, d’entreprenant, de civil ou d’artisan. Il faut donc déterminer
les conditions pour avoir ces différentes qualités.
SECTION I : DISTINCTION AVEC L’ARTISAN
L’activité dans le secteur de l’artisanat s’exerce soit par un artisan soit par une
entreprise.
Paragraphe 1 : Notion d’artisan
A- Définition de l’activité du secteur de l’artisanat
L’entreprise du secteur de l’artisanat est toute entreprise exerçant dans l’une des
branches d’activités du secteur de l’artisanat, qui emploie en permanence moins de deux
cents personnes et qui réalise un chiffre d’affaires annuel hors taxes inférieur ou égal à
un milliard de francs CFA.
NB : L’effectif exclut les apprentis, le ou les conjoints du chef d’entreprise, ses
ascendants, descendants, collatéraux ou alliés jusqu’au 3ème degré inclus.
L’entreprise du secteur de l’artisanat peut revêtir les formes juridiques suivantes :
- Individuelle ou familiale
L'entreprise du secteur de l'artisanat est dit individuelle, lorsque l'activité est exercée à
titre individuel, en son nom et pour son compte, par une personne physique ayant la
qualité d'artisan.
L'entreprise familiale du secteur de l'artisanat est une organisation au sein de laquelle un
ou plusieurs artisans membres de la famille ont le contrôle effectif de la société ou, à
tout le moins, exercent une influence sur la gestion
- Société civile professionnelle
Les artisans peuvent exercer en commun leurs activités dans le cadre d'une société civile,
professionnelle. Cette société jouit de la personnalité morale. Elle est constituée pour
une durée fixée par les statuts.
Cette société peut être créée avec le concours et la participation de personnes n'ayant
pas la qualité d'artisan. Dans ce cas, trente pour cent au moins du capital doit étre détenu
par des artisans.
- Société coopérative du secteur de l’artisanat
L'entreprise du secteur de l'artisanat est constituée sous la forme de société coopérative
lorsqu'elle a pour objet la réalisation de toutes les opérations ou prestations de services
susceptible de contribuer, directement ou indirectement au développement des activités
dudit secteur de tous associés ainsi que de l'exercice en commun de ces activités.
- Groupement d’intérêt économique du secteur de l’artisanat (GIE)
La dénomination "groupement d'intérêt économique du secteur de l'artisanat" est
exclusivement réservée aux groupements exerçant dans l'une des branches d'activités du
secteur de l'artisanat.
Peuvent être associés d'un groupement d'intérêt économique du secteur de l'artisanat:
- les artisans inscrits au registre des métiers de la Chambre de Métiers
territorialement compétente;
- les sociétés coopératives du secteur de l'artisanat et leurs unions
- Société à responsabilité limitée du secteur de l’artisanat (SARL)
Peuvent être associés d'une entreprise du secteur clé l'artisanat constitué sous forme de
société à responsabilité limitée :
- les artisans, personnes physiques, inscrits au registre des métiers de la Chambre
de Métiers territorialement compétente;
- les entreprises constituées sous forme de société à responsabilité limitée.
C- Les diverses catégories d’artisans
L’activité du secteur de l’artisanat est exercée à titre principal par une personne physique
ou morale dont la maîtrise technique et le savoir-faire requièrent un apprentissage ou
une formation assortie d’une pratique du métier. L’activité des personnes ayant la qualité
d’artisan s’exerce en toute indépendance, à l’exclusion de tout lien de subordination au
sens du code du travail.
- Le maître -artisan
- L’artisan
- Le compagnon- artisan
- L’apprenti-artisan
- L’aide familial
1- Le maître- artisan
Le maître-artisan est tout artisan qui, parallèlement à son activité, est jugé apte à donner
une formation professionnelle à une ou plusieurs personnes qu'il accueille dans une
entreprise ou dans tout autre établissement.
Le titre de maître-artisan peut être conféré à l'artisan ayant satisfait aux conditions
suivantes:
- justifier de sa qualité d'artisan au sens de loi du 5 juillet 2014;
- être titulaire au moins d'un brevet professionnel, d'un diplôme ou à défaut, jouir
d'une expérience professionnelle ;
- être inscrit depuis dix ans dans le métier figurant au registre des métiers et avoir
pratiqué effectivement ce métier pendant cette période;
- justifier d'un agrément délivré par le ministre en charge de l'Artisanat, attestant
sa capacité à transmettre son savoir-faire
Le titre de maître-artisan se matérialise par des panonceaux et des diplômes.
3- Le compagnon- artisan
B- La capacité d’exercice
L’exercice d’une activité du secteur de l’artisanat est ouvert à toute personne majeure
ou mineure émancipée ayant la capacité juridique.
Toutefois, les mineurs non émancipés de plus de dix-sept ans sont autorisés à exercer
une activité du secteur de l'artisanat.
C- Le fonds de l’artisanat
Pour l’exercice de son activité, l’artisan doit disposer d’un fonds dénommé « fonds de
l’artisanat ». Ce fonds est composé d’éléments corporels et d’éléments incorporels.
NB : Ce fonds obéit au même régime juridique que le fonds de commerce.
Paragraphe 3 : Les obligations des acteurs de l’activité du secteur de l’artisanat
G- Inscription au registre des métiers (pour les personnes physiques)
Le registre est disponible à la chambre des métiers de Côte d’Ivoire. Elle se fait 3 mois
au plus tard après l’identification à la chambre des métiers du ressort territorial, sous
peine d’une amende de 30.000FCFA à 300.000FCFA à titre de pénalité de retard.
Cette inscription donne droit à la délivrance d’une carte professionnelle. Toutefois, elle
ne confère pas la qualité d’artisan.
Un entrepreneur dont le chiffre d’affaires dépasse les seuils fixés ci-dessus ne peut
acquérir la qualité d’entreprenant.
Paragraphe 2 : Les droits de l’entreprenant
Aux termes de l’article 2 de l’acte uniforme relatif au droit commercial général : « est
commerçant celui qui fait de l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa
profession.»
A ces conditions, s’ajoute une troisième d’origine jurisprudentielle qui prévoit
l’accomplissement d’actes de commerce à titre indépendant.
A - L’accomplissement d’actes de commerce par nature
Pour avoir la qualité de commerçant, il faut accomplir les actes de commerce par nature.
Cette règle vaut pour les commerçants personnes physiques.
B - L’accomplissement d’actes de commerce de façon professionnelle
Cela signifie qu’il faut une répétition habituelle d’actes de commerce. Ainsi, quelques
actes isolés ne confèrent pas la qualité de commerçant, l’habitude implique la
répétition des actes et des opérations. L’activité habituelle ne doit donc pas être
l’accessoire d’une autre activité.
Ex : l’agriculteur qui se borne à transformer ses propres produits avant de les vendre
n’est pas commerçant. Il le devient en revanche s’il transforme dans une mesure
importante les produits d’autres exploitants. La profession suppose l’état de celui qui se
livre à une activité de nature à lui procurer des ressources pour subvenir aux besoins de
son existence.
Ex : le particulier qui spécule habituellement à la bourse c'est-à-dire qui intervient
activement sur le marché boursier pour les achats et les reventes des valeurs mobilières.
NB : Cette activité professionnelle n’est pas exclusive ; ainsi, une même personne peut
exercer 2 professions distinctes dont l’une seulement est commerciale.
Ex : le notaire qui fait personnellement des prêts avec les fonds qu’il a reçu en dépôt ou
qu’il emprunte à ses clients pour les prêter de nouveau à des tiers.
Par ailleurs :
- Celui qui fait le commerce clandestinement par l’intermédiaire d’un prête-nom est
un commerçant (de fait) ;
- Celui qui, malgré une interdiction d’exercer le commerce, à la suite d’une
condamnation, passe outre l’interdiction est un commerçant (de fait) ;
- L’étudiant qui achète pour revendre en vue d’en tirer sa subsistance et financer ses
études est un commerçant (de fait).
C -L’accomplissement d’actes à titre indépendant
Il s’agit de l’exercice personnel d’une activité commerciale. Cela signifie qu’il faut agir
pour son compte à ses risques et périls. Ainsi :
- Les salariés ne sont pas commerçants (car exerçant pour le compte d’autrui, ils
sont unis à leurs employeurs par un lien de subordination qui est incompatible
avec l’indépendance de la profession commerciale.
- Les agents commerciaux (représentants mandataires) : leur profession a un
caractère civil car inscrit sur un registre spécial tenu au greffe du tribunal de
commerce.
- Les gérants salariés et succursalistes
- Les mandataires sociaux (c'est-à-dire les organes des sociétés commerciales :
administrateurs et PDG ou gérants des SARL)
En revanche, le locataire gérant est un commerçant ; de même que le prête-nom et celui
pour lequel il agit.
Remarque : la qualité de commerçant ne résulte donc :
1. Ni de l’affirmation ou de la déclaration qu’une personne est commerçante.
2. Ni de l’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier qui fait
présumer seulement la qualité de commerçant.
3. Ni de l’inscription sur les listes électorales des chambres de commerce et
d’industrie et des tribunaux de commerce.
4. Ni de la possession de certaines cartes professionnelles délivrées par
l’administration ou par des organismes professionnels.
5. Ni du paiement des impôts propres au commerçant.
NB : Distinction entre commerçant et autres activit
+Cas du commerçant et des professions libérales
Les professions libérales mènent des activités intellectuelles : il s’agit des avocats, des
notaires…
Malgré cette différence, ces activités bénéficient du droit au bail comme des
commerçants.
Paragraphe 2 : Les conditions d’accès à la profession commerciale
Pour faire le commerce, il faut avoir la capacité commerciale. Elle est fixée à 21 ans
accomplis. C’est pourquoi sont exclus les mineurs non émancipés et les majeurs
incapables. Quant à la femme mariée, il lui est exigé une profession séparée.
A - Les conditions de capacité
L’exercice du commerce est une profession dangereuse qui suppose une certaine
maturité d’esprit, une certaine expérience, une pleine connaissance des aléas qu’il
entraîne ; c’est pourquoi le législateur en interdit aux incapables dépourvus de ces
qualités. Les incapables ont pour but de protéger l’incapable lui-même et sont
sanctionnées par le défaut de qualité de commerçant et par la nullité relative des actes.
Relativement au mineur émancipé, il faut qu’il soit âgé de 18ans, qu’il soit muni d’une
autorisation spéciale des parents en vue de faire le commerce et que cette autorisation
soit publiée au registre du commerce et du crédit mobilier.
Concernant les majeurs incapables c'est-à-dire ceux dont la faculté mentale est altérée
par une maladie, une infirmité ou un affaiblissement dû à l’âge, ils sont dans la même
situation que les mineurs non émancipés.
1-Les incompatibilités
Nul ne peut exercer une activité commerciale lorsqu’il est soumis à un statut
particulier établissant une incompatibilité. Il n’y a pas d’incompatibilité sans texte.
Ainsi, l’exercice de certaines fonctions, professions ou responsabilités est déclarée
incompatible avec le commerce afin de protéger leur dignité qui s’accommoderait
mal avec de l’esprit de spéculation propre à celui-ci. Cette restriction à la liberté
d’entreprendre vise un but d’intérêt général. Sont frappés d’incompatibilité les
fonctionnaires et personnels des collectivités publiques et des entreprises à
participation publique, les officiers ministériels et les auxiliaires de justice (avocat,
huissier, notaire, commissaire-priseur, agent de change, greffier, administrateur et
liquidateur judiciaire) l’expert-comptable agrée, le comptable agrée, le commissaire
aux comptes et aux apports, le conseil juridique, courtier maritime. Celui qui exerce
le commerce malgré l’incompatibilité est commerçant et supporte les contraintes et
obligations du commerce car il est commerçant de fait. Quant aux actes accomplis,
ils restent valables à l’égard des tiers de bonne foi qui peuvent s’en prévaloir.
En revanche le contractant en situation d’incompatibilité ne peut pas s’en prévaloir.
Celui qui a conclu avec une personne en situation d’incompatibilité reste tenu.
L’incompatibilité conduit à des sanctions disciplinaires telles la révocation du
fonctionnaire, ou la destitution de l’officier ministériel.
2-Les interdictions
Nul ne peut exercer une activité commerciale directement ou par personne interposée
s’il fait l’objet d’interdiction générale, définitive ou temporaire prononcée par une
juridiction de l’un des Etats parties ou par une juridiction professionnelle (dans ce cas
l’interdiction ne concerne que l’activité commerciale considérée). Ainsi, elles touchent
certaines personnes pour des raisons de police ou de direction de l’économie.
Ex : fabrication et vente de certains produits, boissons alcoolisées, de jouets dangereux.
L’interdiction peut être prononcée par le tribunal comme peine mais elle peut être levée
par le même tribunal 5 ans après l’avoir prononcé.
L’interdit qui continue d’exercer le commerce est un commerçant de fait et ces actes
sont inopposables aux tiers de bonne foi (la bonne foi est toujours présumée). Mais ces
actes sont opposables à l’interdit.
3-Les déchéances
Les déchéances frappent ceux qui ont déjà fait la preuve de leur indignité dans l’exercice
de cette profession ; il s’agit entre autres de tous ceux qui ont été emprisonnés pour un
crime ou pendant au moins 3 mois sans sursis pour délit contre les biens.
Ex : vol, escroquerie, abus de confiance,…
NB : Il peut exister un fonds de commerce sans bail. C’est le cas lorsque le commerçant
est propriétaire de l’immeuble dans lequel il sert ses clients.
1- Conditions de fond
a-Conditions générales de conclusion des contrats :
-Le consentement (erreur, dol violence)
-La capacité
-L’objet
-La cause (en vue de son exploitation théorie de l’accord)
b-Conditions particulières
Le contrat de vente existe, dès qu’il y a accord sur l’objet et sur le prix.
NB : L’écrit n’est pas nécessaire, mais indispensable
c-Eléments obligatoirement compris dans la vente :
-Clientèle (clientèle captive, surtout)
-Enseigne
-Non commercial
NB : les autres doivent être précises dans le contrat
Le prix est librement fixé par les parties.
2- Conditions de forme et de publicité
Publicité dans un journal d’annonce légale.
B-Effets
1- Vers le vendeur
-livrer la chose
-garantir l’acheteur contre
-son fait personnel
-les vices cachés
-l’éviction
2- Vers l’acheteur
-payer le prix (convenu)
-prendre livraison de la chose
C- La garantie du vendeur non payé
-Action résolutoire (c'est-à-dire, en annulation de la vente)
-Droit de rétention (cas des ventes à terme)
-Privilège du vendeur (droit de préférence), opposition
Paragraphe 3: Le nantissement du fonds de commerce
Définition
C’est un gage sans dépossession ; une garantie offerte par l’exploitant du fonds de
commerce à ses créanciers.
A-TYPES DE NANTISSEMENT
1-Nantissement conventionnel
2-Nantissement judiciaire
1- Le nantissement conventionnel
a- Conditions
a1-Conditions de fond
Constitution (éléments grevés)
Il porte sur :
-La clientèle
-L’enseigne
-Le nom commercial
-Le droit au bail
-Les licences d’exploitation
NB : Les autres éléments du fonds de commerce doivent faire l’objet d’une mention
expresse.
a2-Conditions de forme et de publicité
Forme écrite (authentique ou sous-seing privée dûment enregistrée)
Les mentions (à peine de nullité)
-nom, prénom, domicile des parties
-N° d’immatriculation de parties au RCCM
-Désignation précise et siège du fonds (et de ses succursales)
-Eléments du fonds nanti
-Le montant de la créance garantie
-Conditions d’exigibilité de la dette payable et ses intérêts
-L’élection de domicile du créancier dans le ressort de la juridiction où est tenu le
RCCM.
b- Effets
Droit du créancier gagiste
-Il doit être au courant de tous les événements susceptibles d’affecter le fonds de
commerce, de mettre en péril le recouvrement de sa créance. (C'est-à-dire ces
événements doivent être portés à sa connaissance).
Ex :
Le déplacement du fonds de commerce (au moins quinze (15) jours avant ce
déplacement
L’inscription d’un nouveau nantissement)
La demande de la réalisation du bail (dont la décision ne peut intervenir que 2 mois après
notification)
Muni d’un titre exécutoire, il peut faire ordonner la vente du fonds huit (8) jours après
sommation de payer demeurée infructueuse.
Il bénéficie du droit de suite ; du droit de préférence ; il dispose du droit de surenchère
du 6ème
Les créanciers (nanti et privilégié) viennent dans la procédure de distribution des fonds,
chacun selon son rang d’inscription.
2- Le nantissement judiciaire