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Objectif du cours

Introduction générale

CHAPITRE1 : LA LOGIQUE SCIENTIFIQUE PRINCIPALE.

1.1. Raisonnement déductif


1.2. Le raisonnement inductif
1.3. Le raisonnement hypothético-déductif

CHAPITREII : LES THEORIES DE LA CONNAISSANCE

2.1. Le Rationalisme
2.2. L’Empirisme
2.3. Le Scepticisme (doute, méfiance, incrédulité)

CHAPITRE 3 : Qu’est-ce que la science

3.1. Quelques styles de classification des connaissances


3.2. La Classifications des sciences d’Auguste Comte
3.3. L’ordre des sciences formelles
3.4. Quel intérêt a-t-on accordé aux mathématiques dans l’histoire des
Connaissances humaines? Pourquoi développer une épistémologie des
Mathématiques ?

CHAPITRE 4 : LA PHILOSOPHIE ET LES SCIENCES FORMELLES

4.1. Quelle importance ?


4.2. La philosophie des mathématiques
4.3. Enoncés formels et énoncés empiriques.
4.3.1. Énoncés formels
4.3.2. Les énoncés empiriques

CONCLUSION
Bibliographie sommaire
1
Objectif du cours

Les fondamentaux de ce parcours permettent aux étudiants d’acquérir un certain


nombre de savoir et de savoir-faire leur assurant une base solide pour une
carrière d’ingénieur ou de scientifique. Il importe donc de leur donner les
moyens de développer une analyse critique de la nature de ce qu’ils ont appris
ou qu’ils apprendront dans leur formation future.

- Le premier objectif de ce cours est de présenter les bases de


l’épistémologie des sciences dites empiriques, entendue comme la théorie
de la connaissance scientifique.
- Considérer l’épistémologie comme étant la base fondamentale non
seulement de la connaisse, mais de la connaissance scientifique,
- De faire la différence entre les différents raisonnements qui constituent la
base de la connaissance scientifique
- Développer un esprit critique, leur permettant de mieux réfléchir et
chercher davantage à comprendre les phénomènes sociaux.

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I- Introduction générale

Pour parvenir à la définition de l’épistémologie, on se pose des questions


subtiles telles que : D’où viennent nos idées ? Comment parvenir à la
connaissance ? Qu’est-ce que la connaissance ? Qu’est-ce qu’une « bonne »
justification ?

Le terme épistémologie est apparu au début du XXe siècle pour désigner une
branche de la philosophie spécialisée dans l’étude des théories de la
connaissance. Elle s’intéresse, à la définition de la connaissance, aux moyens
pour parvenir à la connaissance et à la justification et sa validité. Elle est une
branche de la philosophie qui s’occupe de la connaissance scientifique et plus
spécifiquement des principes, axiomes, méthodes et résultats. Parlant des
sciences, nous devons comprendre que toutes les disciplines scientifiques
proviennent en effet d’une seule : la philosophie. Celle-ci étant alors
étymologiquement appréhendée comme l’amour du savoir dans sa posture
encyclopédique et panoramique.

Ces différentes disciplines vont s’émanciper l’une après l’autre de la tutelle


maternelle et acquérir ainsi leur autonomie, tout en convergeant cependant vers
un seul but : l’épanouissement ou l’accomplissement de l’homme. C’est ainsi
que dans l’antiquité, la médecine fut la première à se déserter la maison
maternelle, avec hypocrate ; les mathématiques vont lui emboiter le pas avec
pythagore ; l’histoire avec Hérodote ; à la renaissance, la physique avec
Newton ; à l’époque des lumières, la chimie avec Lavoisier ; et, dans les temps
modernes, l’ensemble des sciences humaines que sont la sociologie, avec
Auguste Comte, et Emile Durkheim, et la psychologie avec Piaget ; sans oublier
la linguistique avec Ferdinand de Saussure, etc. c’est-à-dire que les disciplines
scientifiques sont des filles de même mère, et pour cela, elles concourent toutes
chacune à sa manière à l’épanouissement de l’être humain. C’est dire que
l’inclination au cloisonnement est suicidaire pour la science au sens générique
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du terme, en ce sens qu’une discipline scientifique prise individuellement ne
saurait favorisé elle seul l’épanouissement plénier de l’humain. D’où la
nécessité d’une collaboration symbiotique et synergique en vue d’un
enrichissement asymptotique du patrimoine épistémologique universel, pour le
plus grand bien de l’humanité et de la société.

Pour comprendre pourquoi la philosophie s’intéresse aux sciences, aux sciences


formelles et singulièrement aux mathématiques, nous retenons trois raisons
principales.

 L’histoire et la philosophie des sciences : elle présente les grands


philosophes comme des autorités intellectuelles qui ont mêlé, dans leur
réflexion, les différents domaines du savoir humain.
 Les considérations théologico-métaphysico-scientifiques : elles
insistent sur l’hypothèse d’un Dieu mathématicien. Pour espérer décrire,
expliquer et comprendre correctement, par le biais des sciences, l’œuvre
de l’architecte divin, il importe de s’y appliquer en recourant au mode et
au langage par lesquels l’univers vint à l’existence. Kepler
avoue avoir découvert, par le biais des mathématiques, le plan de Dieu.
 L’axiomatique : elle met en relief, la liberté, la cohérence, la rigueur, la
précision, bref, un ensemble de notions qui font des mathématiques un
mode de pensée pourvoyeuse d’intelligibilité.

CHAPITRE1 : LA LOGIQUE SCIENTIFIQUE PRINCIPALE.


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L’histoire des sciences est traversée par deux courants majeurs : le rationalisme
et l’empirisme.

Le rationalisme privilégie le raisonnement et plus particulièrement le


raisonnement déductif qui va de l’abstrait vers le concret comme mécanisme de
production de connaissance. De PYTAGHORE à Descartes en passant par
Platon qui sont les précurseurs de ce courant épistémologique, considère que
toute connaissance valide provient essentiellement de l’usage de la raison.

Pour l’empirisme toute connaissance provient essentiellement de l’expérience.


Les sciences progressent en accumulant des observations : extraire des lois par
un raisonnement inductif qui va du concret vers l’abstrait.

Ainsi, toute démarche scientifique se veut à la fois logique et heuristique. En


d’autres termes, la démarche scientifique peut se définir soit du point de vue
formel (type de raisonnement), soit du point de vue matériel (type de protocole).
Elle est logique ou (formel) en ce sens qu’elle concourt au progrès, de la
connaissance, par la formulation et la résolution des questions relevant de la
connaissance rationnelle. Toute connaissance scientifique est fondée sur les
différents raisonnements tels que : déductif, inductif, hypothético-déductif,

1.1. Raisonnement déductif

Elle consiste à passer des propositions prises pour prémisses à des


propositions qui en résultent, suivant des règles logiques. Le raisonnement
déductif recourt essentiellement au syllogisme et présente un caractère rigoureux
et progressif. Dans la rédaction, cela se reflète par des formulations du type : «
De ce qui vient d'être exposé/dit, on peut déduire que/ conclure que... il ressort
que.../il résulte que... ». Dans la pratique, la méthode consiste à appliquer un
principe général à un cas particulier. L’exemple type du syllogisme en est une
excellente illustration (en trois temps de pensée) :

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 Tout homme est mortel
 Or Socrate est un homme
 Donc Socrate est mortel.

Mais le chercheur doit veiller à la rigueur de son raisonnement afin de ne pas


aboutir à des truismes (banalités) ou à des conclusions fausses du type :

 Tout homme est mortel


 Or Socrate est mortel
 Donc Socrate est un homme
 Ou encore Socrate est mortel
 Or Socrate est un homme
 Donc tout homme est mortel

N.B. Dans la pratique, la méthode déductive consiste à vérifier une hypothèse


générale sur le plus grand nombre d'observations particulières.

La déduction consiste à partir des idées générales communément admises pour


déduire d'autres idées qui en résultent nécessairement, sans recours à
l'expérience.

Ainsi, le chercheur qui s'appuie sur des manuscrits pour aboutir à une conclusion
historique, recourt au raisonnement déductif. Mais il faut distinguer la
déduction comme opération logique de la déduction comme méthode de
recherche. En tant que raisonnement, la déduction est une démonstration de
nature mathématique ; en tant que méthode de travail, elle consiste en une suite
logique d'opérations allant des indices de travail vers des idées plus générales
qui en sont issues. Elle est le contraire de la méthode empirique qui est fondée
sur l'observation et l'expérimentation. Le principal intérêt de la déduction est son
extrême précision. Aussi, elle nécessite le respect de quelques principes de base

1.2. Le raisonnement inductif

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Il s'agit d'une opération mentale qui consiste à passer des faits à la
règle, c'est-à-dire des cas singuliers ou spéciaux aux propositions plus
générales. Cela signifie que le chercheur doit remonter, par le raisonnement,
vers des faits plus généraux à partir des indices particuliers qu'il aura réunis lors
de la phase de documentation.

Il procède pour cela par inférence et par analogie, c'est-à-dire par


comparaison et extension aux phénomènes semblables à celui étudié.
C'est pourquoi la méthode inductive n'est pas considérée comme un
raisonnement rigoureux (à l'inverse de la déduction), même si elle peut aboutir à
des résultats valides. En réalité, l'intérêt principal de l'induction est, comme l'a
démontré le philosophe J. S. Mill, de permettre le passage de « l'observation à la
loi », c'est-à-dire d'autoriser la généralisation, tout en sachant que toute
généralisation peut être faussée ou abusive

1.3. Le raisonnement hypothético-déductif

L’approche hypothético-déductive va du général au particulier. La détermination


d’une théorie de portée générale précède la vérification dans une situation
particulière. La première partie du processus de recherche est composée de
l’exposition de la problématique de recherche, de l’élaboration du cadre
théorique et l’énonciation des hypothèses et de la spécification du cadre
opératoire.

 La problématique de recherche

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On désigne problématique de recherche, l’étape introductive du projet de
recherche à l’intérieur de laquelle sont formulés le problème général de
recherche, la question générale et les questions spécifiques de recherche.

À partir de la question générale de recherche, le chercheur devra dégager une ou


plusieurs questions spécifiques. Cet exercice a pour but de circonscrire encore
davantage le territoire à explorer. Le processus par lequel le chercheur passe de
l’idée très générale de recherche au problème, ensuite à la question générale de
recherche et finalement aux questions spécifiques s’apparente à celui de
l’entonnoir. Plus le chercheur avance dans l’élaboration de son plan de travail,
plus l’objet de recherche se précise.

 Le cadre théorique

La notion de théorie est centrale à la compréhension de l’activité scientifique.


En effet, une bonne partie de l’activité scientifique consiste dans l’élaboration,
la mise à l’épreuve, la défense ou la révision des théories. Les théories sont
employées pour décrire, contrôler, prédire, expliquer et/ou comprendre les
phénomènes appartenant à un domaine particulier. Comprendre ce que sont les
théories, c’est donc éclairer une bonne partie de l’activité scientifique.

Ainsi, la théorie est un ensemble de notions, d’idées, de concepts abstraits


appliqués à un domaine particulier. Bâtir, concevoir, élaborer une théorie,
exposer une théorie sur quelque chose ; faire la théorie de quelque chose. Nous
avons par exemple : théories artistiques, théories littéraires, théorie
économiques,

Les théories sont les constructions intellectuelles, hypothétiques et synthétiques,


organisées en système et vérifiées par un protocole expérimental ; ensemble de
lois formant un système cohérent et servant la base à une science, ou rendant
compte de certains faits : théories mathématiques, physiques, théories de la

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chaleur, de l’électricité, des ensembles, des nombres, de quanta, de la relativité,
théorie de la révolution, théories atomiques, quantiques…

 Les hypothèses de recherche

La formulation des hypothèses de recherche représente pour le chercheur


l’aboutissement de sa réflexion conceptuelle. Tel qu’il sera vu plus loin, cette
étape constitue également le premier pas vers la partie empirique du projet de
recherche.

Il s’agit donc d’un point charnière du projet de recherche.


Mais à quoi réfère spécifiquement l’expression hypothèse de recherche?
Selon Mace (1988, p. 35), « l’hypothèse de recherche peut être envisagée
comme une réponse anticipée à la question spécifique de recherche. »
Pour sa part, Sekaran (1992, p. 79) définit l’hypothèse de recherche comme
étant : L’hypothèse de recherche est un énoncé vérifiable répondant aux
questions de recherche spécifiques soulevées dans la problématique. La teneur
de cet énoncé est fonction des relations anticipées par le chercheur entre les
variables formant le cadre théorique de sa recherche

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CHAPITREII : LES THEORIES DE LA CONNAISSANCE

On appelle théorie scientifique, la forme que prend en général la connaissance


qui résulte des observations et des expérimentations des scientifiques portant sur
un domaine particulier de phénomènes. Par exemple, le mouvement des corps
macroscopiques. Une théorie se distingue toutefois d'un simple compte rendu
d'observation par le fait qu'elle exprime des hypothèses générales à propos des
phénomènes qu'elle décrit. Ces hypothèses consistent à représenter les
phénomènes au moyen de concepts théoriques, dont les référents n'appartiennent
pas toujours au domaine de l'observable. Ainsi, la mécanique newtonienne
permet de représenter les phénomènes du mouvement au moyen des concepts de
masse et de force ; en établissant une relation entre ces deux concepts et les
phénomènes observables, selon laquelle la force est le produit de la masse par
l’accélération (f= ma), elle énonce une hypothèse générale à propos de ces
phénomènes. C'est cette hypothèse générale qui permet d'aller au-delà de la
seule description des phénomènes et d'en fournir des explications et des
prédictions.

En représentant les phénomènes au moyen des concepts de masse et de force, on


peut, en vertu de l'hypothèse selon laquelle la force est le produit de la masse par
l'accélération, procéder à un calcul qui nous permet de prédire et d'expliquer le
comportement des corps que nous étudions. Pour prendre un autre exemple, la
théorie mendélienne de l'hérédité, en introduisant le concept de gène et en
décrivant le comportement des entités hypothétiques qu'il désigne, permet de
prédire et d'expliquer la transmission des caractères observables des individus de
génération en génération. Toutes ces descriptions nous conduisent à la
rationalité, à l’empirisme et au scepticisme

2.1. Le Rationalisme

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Toute connaissance vient de la raison (démonstration, logique discernement..).
Les sens donnent une vue confuse et provisoire de la réalité des choses. Notre
perception peut nous duper tandis que le raisonnement pur conduit de façon sûre
à des connaissances valides. Toute science s’appuyant sur l’observation
(médecine, astronomie, physique) est douteuse, tandis que les sciences qui
procèdent de la pure déduction sont certaines et indubitables (géométrie,
logique).

2.2. L’Empirisme

Tout ce que l’esprit humain connaît lui vient de l’extérieur (expérience


sensible). Nos connaissances ne sont pas innées mais acquises grâce à nos
expériences sensorielles (Théories des idées de Platon). L’empirisme est le
fondement de la démarche scientifique: le scientifique n’a accès à la réalité que
par l’intermédiaire de l’observation et de l’expérience. L’observation fournit une
base sûre et objective à partir de laquelle peuvent être extraites des vérités, lois
générales.

L’expérience sensible est à l’origine de nos connaissances. La connaissance se


fonde sur l’accumulation d’observation et de faits mesurables dont on peut
extraire des lois générales par un raisonnement inductif allant donc du concret
(monde sensible) à l’abstrait (lois générales).

1.3. Le Scepticisme (doute, méfiance, incrédulité)

Le scepticisme est un mouvement philosophique qui ne croit pas en la possibilité


d’atteindre avec certitude la connaissance et la vérité. La vérité n’existe pas, ou
il est impossible de l’atteindre. Le scepticisme est contradictoire : Affirmer que
« rien n’est vrai » c’est affirmer que nous avons alors une certitude : que cet
énoncé est vrai. En effet, si rien n’est vrai, alors l’énoncé selon lequel « rien
n’est vrai » n’est pas vrai. Le sceptique s’auto-réfute.

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CHAPITRE 3 : Qu’est-ce que la science

Une science est, avant tout, un savoir qui jouit d’un protocole d’institution, de
réalisation, de diffusion et d’impact. Ce type de savoir s’effectue dans un
domaine précis de discursivité et de rationalité. Il se présente sous une forme
systématisée de la pensée objective

A partir de ce qui précède, on dira qu’il existe une multitude de domaines de


connaissance qui méritent le titre de « science », ou le statut de
« connaissance scientifique». Un mathématicien, un physicien, un astronaute,
un philosophe, un psychologue, un juriste, un économiste, un théologien, un
biologiste, un linguiste, un criminologue, un toxicologue, produisent ainsi,
chacun à son échelle et dans son domaine, un travail qualifié de « recherche
scientifique », c’est-à-dire un travail objectif.

Il existe des centaines de disciplines académiques, regroupées en sciences


formelles (Logique, Mathématiques, Informatique théorique), en sciences de la
nature (Physique, Biologie, Chimie, Géosciences, etc.), et en sciences humaines
et sociales (Psychologie, Sociologie, Histoire, Anthropologie, Sciences
juridiques, Sciences économiques, Sciences géographiques, Sciences politiques,
Sciences du langage, etc.), sans rien dire des disciplines technologiques, ou des
disciplines littéraires et artistiques. Chacun de ces domaines se subdivise de plus
en plus en sous-disciplines, et chacune réclame l’originalité de son objet, de ses
applications, et, surtout, de sa méthode.

Le nombre des disciplines (une centaine à ce jour rien que pour les sciences
formelles : soit environ 60 en Mathématiques, 10 en logique, et 25 en
Informatique théorique) est considérable. Mais la dissémination des disciplines
s’accompagne d’un appauvrissement des méthodes, car chaque méthode finit par
emprunter aux méthodes voisines et éloignées.

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Ainsi, la définition de la science peut être formulée de plusieurs manières en
tenant compte des facteurs et angles d’intérêt. Par exemple, on peut considérer
les dimensions suivantes : fonctionnelle, opératoire, conceptuelle, historique,
pragmatique, instrumentale, axiomatique (certain, clair),, etc. D’ailleurs, nos
lectures des encyclopédies et des dictionnaires spécialisés, ainsi que les textes
des savants et de philosophes montrent bien les différentes définitions qu’on
donne de la science, selon les différents angles et centres d’intérêt. Tous les
champs ou domaines de rationalité qui sont constitués sont qualifiés de «
scientifiques » quand on considère leur caractère et leur prétention à
l’objectivité. Pour éviter la confusion, on utilise souvent des termes distinctifs.
Par exemple, on parle des « sciences dures », « sciences exactes », « sciences
pures », des « sciences fondamentales », « sciences de la nature », « sciences
formelles », « sciences cognitives », « sciences de l’esprit », « sciences
biologiques », « sciences de l’homme et de la société », « sciences des structures
», « sciences appliquées », « sciences expérimentales », etc.

Pour ce qui concerne notre exposé, nous allons retenir qu’une science est, avant
tout, un savoir qui jouit d’un protocole d’institution, de réalisation, de diffusion
et d’impact. Ce type de savoir s’effectue dans un domaine précis de discursivité
et de rationalité. Il se présente sous une forme systématisée de la pensée
objective.

A partir de ce qui précède, on dira qu’il existe une multitude de domaines de


connaissance qui méritent le titre de « science », ou le statut de « connaissance
scientifique». Un mathématicien, un physicien, un astronaute, un philosophe, un
psychologue, un juriste, un économiste, un théologien, un biologiste, un
linguiste, un criminologue, un toxicologue, produisent ainsi, chacun à son
échelle et dans son domaine, un travail qualifié de « recherche scientifique »,
c’est-à-dire un travail objectif.

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Le substantif « Science », qu’on utilise parfois imprudemment au singulier, a un
caractère polysémique, parce qu’il subsume, en fait, une réalité plurielle. La
reconnaissance de cette pluralité de domaines dits « scientifiques » conduit elle à
penser que toute pensée objective constitue nécessairement une pensée
scientifique ? On trouvera ainsi, selon l’angle de considération propre à chaque
école épistémologique, non pas une définition carrée et unique, mais plutôt des
définitions de la science ou des sciences. Le philosophe est celui qui reçoit
activement, c’est-à-dire celui qui interroge, de façon critique, les outils de la
pensée que sont les notions, les catégories, les concepts en vue d’une
communauté de pensée, Lesquels science et philosophie sont difficilement
séparables. Dans la perspective d’une philosophie considérée comme l’alfa et
l’oméga de toutes connaissances.

En effet, des difficultés surgissent de toutes parts dans la quête d’une définition
du terme « science ». Pour les surmonter, il faut prendre des précautions
supplémentaires. Ces précautions (historique, sémantique, heuristique, logique,
méthodologique, épistémologique, paradigmatique, etc.) ont une importance
dans la mesure où on pense que la signification véritable de la science, c’est
d’être une méthode de pensée et d’action caractérisée par le refus de s’en tenir
aux apparences, la recherche de la rigueur, la systématisation des connaissances
fragmentaires, la testabilité ou la réfutabilité.

Pour être sûrs que nous parlons des champs de rationalité scientifique qui ont été
bien constitués dans l’histoire de la pensée humaine, il faut procéder à des
classifications des sciences qui, sont inégales importance épistémologique

Aussi, pour éviter les confusions et autres amalgames, des épistémologues ont
dû ériger des critères de distinction. C’est le cas de Platon qui sépare « doxa »
(ensemble des préjugés populaires, présuppositions) et « connaissance ».
Gaston Bachelard reprend cette distinction en demandant qu’on élimine un
premier niveau de difficulté constitué par la « connaissance vulgaire », la «
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connaissance préscientifique » qu’il convient de séparer d’avec la «
connaissance scientifique ». La distinction appelle l’usage de critère démarcatif
à appliquer parce qu’il est motivé par l’urgence d’une communauté de pensée.

3.1. Quelques styles de classification des connaissances

Il existe bien plusieurs tableaux de classification des sciences fondés sur des
critères bien différents, parce qu’on peut se fonder sur le but du savoir, les
facultés humaines, l’objet de la science, la simplicité, l’unité de la science, la
méthode, etc.

 Le but du savoir humain

Aristote assure dans son ouvrage de Métaphysique (1025b) que « toute pensée
est pratique ou poétique ou théorique ». D’où on retient la classification du
savoir en trois groupes :

a) les sciences théoriques dont le but est de faire connaître et d’expliquer les
choses. Ce sont les mathématiques, la physique et la philosophie première ou
métaphysique ;

b) les sciences pratiques qui ont pour rôle de diriger l’homme , soit dans sa vie
personnelle (éthique ou morale), soit dans sa vie familiale (économie), soit dans
sa vie sociale ou politique (politique) ;

c) les sciences poétiques dont le but est la production d’œuvres littéraires. Il


s’agit de la rhétorique, la poétique et de la dialectique ou la logique.

 Les facultés humaines

Francis Bacon (1561-1626) et Leibniz ont pris pour critère les facultés
humaines. Ils distinguent ainsi, pour ce qui concerne Bacon, trois groupes de
sciences. Il s’agit,

a) des sciences de la mémoire (histoire civile et histoire naturelle) ;


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b) les sciences de la raison (philosophie, c’est-à-dire l’ensemble du savoir
articulé sur Dieu, l’homme et la nature) ;

c) des sciences de l’imagination (poésie, histoire civile, histoire naturelle,


fables). Concernant Leibniz, il faut se rapporter à un texte tiré des Nouveaux
essais sur l’entendement humain.

 l’objet de la science:

André Marie Ampère (1775-1836) divise les sciences en deux grands groupes :
les sciences cosmologiques ou du monde matériel et les sciences noologiques ou
de l’esprit. Sa division dichotomique des sciences lui permet d’en dégager, au
total, 128 sciences différentes.

 la simplicité :

Selon l’expression du physicien Jean Perrin (1870-1942. Prix Nobel de Physique


en 1926), la pensée scientifique démontre le caractère illusoire de l’apparence et
cherche une explication « du visible compliqué par l’invisible simple ». Jusqu’à
l’introduction du « complexe », la pensée scientifique a fonctionné sur la base
du simple.

 l’unité ou l’unification des sciences.

On trouve cette idée chez Descartes (Règles pour la direction de l’esprit, Règle
I). Sous la forme de science unitaire, cette même idée devient un critère retenu
chez les néopositivistes du Cercle de Vienne et leurs épigones qui ont tenté de
réaliser la constitution d’une « théorie de l’unité de la science » intégrant avec
un même statut épistémologique toutes les disciplines depuis les mathématiques
jusqu’à la sociologie.

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3.2. La Classifications des sciences d’Auguste Comte

Pour bien parler des sciences, il faut, d’abord, pouvoir les identifier. Les
différents tableaux classificatoires offrent ainsi la possibilité de répertorier ce
qui, dans le cadre du savoir humain, rentre historiquement dans le groupe des
sciences. Ces différents tableaux classificatoires obéissent à des critères précis
comme nous l’avons indiqué. La classification qui retient ici notre attention est
la classification des sciences opérée par Auguste Comte.

L’auteur y offre un ensemble hiérarchisé de champs de rationalité :


Mathématique, Astronomie, Physique, Chimie, Biologie, Sociologie
(initialement appelée « physique sociale)

La mathématique, considérée comme une « science-mère », se diversifie, de


façon interne, en deux « sciences filles » :

 L’arithmétique (science des nombres ou théorie des nombres) comprend


l’algèbre, l’analyse, la statistique, etc.
 la géométrie (science des figures ou théorie de l’espace) comprend la
géométrie analytique (une invention de Descartes, cf. Discours de la
méthode, 2e partie. Il s’agit de l’application de l’algèbre à la géométrie),

La mécanique rationnelle (étude des mouvements dans l’espace), le calcul


différentiel, la géométrie projective, etc. i) L’exemple de la mathématique peut
servir à illustrer le cas des autres « sciences-mères ». La hiérarchisation des
sciences milite en faveur de la quête d’un pouvoir que procure la connaissance.
Cette quête des « savants-philosophes » procède à un rejet systématique de la
science contemplative telle que semblait l’enseigner Platon. Quelques bouts de
phrases de Descartes, Bacon et d’Auguste Comte susceptibles de nous édifier
sur ce point qui fait de la science un véritable instrument de pouvoir de
connaissance et transformation de la nature. Descartes pense que la science doit
« nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature » ; Bacon conseille

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une approche méthodologique consistant à user de la ruse en vue de connaître la
nature pour l’asservir à nos fins : « On ne lui commande qu’en lui obéissant ».
Quant à Auguste Comte, il ne s’écarte point de ses prédécesseurs. Il aborde la
science dans la même perspective. Il utilise une formule qui résonne comme une
devise positiviste : « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ». On comprend à
partir de là, comment Comte s’autorise à faire la police de la science en lui
interdisant les « spéculations inutiles » qui ont constitué, de son point de vue, ses
principales pesanteurs à l’état théologique et à l’état métaphysique.

Un exemple : « Si quelqu’un dit « Dieu existe » ou « le fondement premier du


monde est l’inconscient » ou encore « c’est une entéléchie qui forme le
premier principe directeur des organismes vivants », nous ne lui disons pas «
ce que vous dites est faux » ; mais nous lui demandons « que voulez-vous dire
au juste à l’aide de ces énoncés » ? Alors apparaissent deux espèces d’énoncés
: les énoncés appartenant à la science empirique dont l’analyse logique peut
déterminer la signification ou, plus précisément, dont on peut réduire la
signification à celle des énoncés les plus simples concernant des données
empiriques et les autres énoncés, pareils à ceux qui viennent d’être cités, qui
se révèlent vides de sens si on les entend à la manière des métaphysiciens »
(Otto Neurath, Rudolf Carnap, Hans Hahn, Wissenschaftliche
Weltauffassung ; der Wiener Kreis, Vienne, 1929, pp. 306-307).

3.3. L’ordre des sciences formelles

Dans la classification d’Auguste Comte, les mathématiques occupent la


première place, au moins, pour trois raisons :

a) Les mathématiques sont en première position des six genres de phénomènes


étudiés, compte tenu de la simplicité des notions qui la constituent et qu’elles
mettent en œuvre (le point, la figure, ensemble, etc.). Les mathématiques
forment, avec la logique, la combinatoire, la syntactique, la classe des sciences

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formelles. Les liens entre mathématiques et logique, par exemple, sont
complexes dans la mesure où la lecture de ces liens intègre des considérations à
la fois techniques et philosophiques. Le logicisme, par exemple, opère une
réduction des mathématiques à la logique (Russell, Whitehead), tandis que le
formalisme fait de la logique une partie des mathématiques et l’intuitionnisme
soutient une position intermédiaire, à savoir que ces deux sciences sont
partiellement réductrices l’une à l’autre.

b) Liée à la première raison, la seconde milite en faveur de l’idée d’une «


mathématicité » de la mature, une idée théologico-métaphysique qui favorise le
processus de la mathématisation des autres domaines du savoir humain. Les
différents domaines du savoir humain identifiés cherchent à s’inspirer de
l’intelligibilité de type mathématique porteuse des idées de sureté, rigueur,
cohérence, précision, liberté, et de l’éthique. L’étude philosophique des
mathématiques réside donc non seulement dans leur caractère technique ou
heuristique, mais aussi dans ce qui fait que les mathématiques sont considérées à
la fois comme un instrument, un langage voire un mode de pensée. Pythagore,
Platon, Aristote, Archimède, Galilée, Kepler, Descartes, Leibniz, Kant, Pascal,
Comte, Cournot, ont, chacun à son époque, caractérisé le lien fort qui existe
entre la philosophie et les mathématiques pour les différentes raisons évoquées.

c) La philosophie peut-elle se passer des mathématiques? Maurice Loi,


paraphrasant Emmanuel Kant, y répond : « Les mathématiques sans philosophie
sont aveugles, tandis que la philosophie des mathématiques sans mathématiques
vivantes est vide » (Maurice Loi, 1982, Penser les mathématiques, Paris,
Editions du Seuil, Avant-propos, p. 12).

En effet, la philosophie et les mathématiques sont deux types de connaissance


auxquels les noms des philosophes ont toujours été associés ou mêlés. On
trouve ainsi dans l’histoire des sciences et de la philosophie des noms consacrés
par l’histoire : Pythagore (immanentisme), Platon (participation), Blaise Pascal
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(démonstration), Descartes (mathesis universalis), Leibniz (caractéristique
universelle), Comte (positivisme), Cournot (probabilisme). Ces savants-
philosophes forment une catégorie composée des « philosophes géomètres ». Il y
existe une autre catégorie de philosophes (par exemple, Rousseau, Kant, Hegel,
Simon Weil, etc) qui ont montré un vif intérêt pour les mathématiques. Ils l’ont
assimilées tantôt à discipline générale, tantôt à un langage, tantôt à un
instrument voire un mode de penser. Au fond, aucun philosophe consacré par
l’histoire n’est totalement resté étranger à la pensée mathématique

3.4. Quel intérêt a-t-on accordé aux mathématiques dans l’histoire des
connaissances humaines? Pourquoi développer une épistémologie des
mathématiques ?

Les sciences formelles constituent un espace immense dans l’ensemble des


connaissances scientifiques. Il s’agit, entre autres, de la logique, de la
mathématique, de la syntactique considérées comme des « sciences-mères » et
qui ont la caractéristique fondamentale de transférer à toute pratique qui
s’affiche comme science leur structure, leur intelligibilité, leur langage, leur
mode de pensée. Elles existent d’abord comme domaines de savoir et comme
méthode ou instrument de consolidation, de validation et de consistance
rationnelle. A ces divers titres, l’épistémologie est tenue d’en tenir compte
dans l’examen externe et interne des champs de connaissance.

Etudier les sciences formelles consiste donc, avant d’en pénétrer les moindres
nuances, de les situer dans le cadre des classifications des sciences que retient
l’histoire des sciences. Cette dimension transparaît dans les considérations
générales. Après avoir indiqué les compartiments des sciences formelles,
notamment, des mathématiques, nous nous conterons à identifier les
principaux systèmes philosophiques qui structurent l’arrière-plan du champ des

20
mathématiques. Car, l’histoire des sciences mathématiques fait intervenir de
nombreux philosophes et leur vision des mathématiques (Platon, Aristote,
Descartes, Leibniz, Kant, Comte, etc.). Autrement dit, il s’agit non pas de faire
des mathématiques, mais plutôt de parler autrement des mathématiques, dire
en quelques mots, comment la philosophie opère en mathématique et dans le
sens inverse aussi.

A travers ce cours, il s’agit d’indiquer aux étudiants des repères historiques,


conceptuels, théoriques à partir desquels il est possible de mieux s’orienter,
par exemple, dans l’étude de l’histoire et de la philosophie des sciences. Ici,
nous privilégions l’expression « Logique et Epistémologie ». En effet, « pour
m’orienter dans l’obscurité en une pièce que je connais, écrit Kant, il me suffit
d’être en mesure de saisir un seul objet dont j’ai la place en mémoire » (cf
Kant, Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ?). Pour mieux s’orienter en
logique et en épistémologie, il faut être en mesure de s’appuyer sur un objet,
un repère, une clef.

En effet, nous l’avons déjà indiqué, les philosophes n’ont jamais été indifférents
aux connaissances de type mathématique. La preuve ? Ils ont pensé les
mathématiques et ont développé une pensée sur les mathématiques. Certains
l’ont fait sans nécessairement produire une structure ou une formule
mathématique (Platon, Aristote, Kant, Alain, etc.). « Nul n’entre ici s’il n’est
géomètre » (Platon). La République et le Menon font la promotion des
mathématiques dans la formation des citoyens.

D’autres l’ont fait en leur qualité de « géomètres philosophes ». Pythagore,


Thalès, Archimède, Descartes, Leibniz, Comte, Cournot. Ce qui revient à faire
le partage entre ce qui relève des automatismes quasi mécaniques, de
l’utilisation des techniques, des symboles, des formules, d’une part, et ce qui
constitue au contraire l’expression d’une conceptualité spécifique des

21
mathématiques en tant qu’elle s’organise dans un ordre autre que celui de la
rationalité proprement spéculative.

Autrement dit, les mathématiques ont une dimension spéculative que seul le
philosophe est à même de révéler bien que Wittgenstein ait affirmé que les
mathématiques et la philosophie n’ont plus rien à se dire. Or, les exemples que
nous indiquons laissent penser le contraire. C’est à cette dimension que s’attèle
la discussion consacrée aux mathématiques par les philosophes et qui s’articule
sur deux axes fondamentaux, l’un relevant des considérations générales et
l’autre, sur les philosophies qui structurent l’arrière-plan des activités
mathématiques des « mathématiciens créateurs ou concepteurs ».

Historiquement, quand on se réfère soit à Platon (mathématique), soit à Aristote


(logique), c’est pour évoquer l’intérêt des mathématiques pour le premier ou
celui de la logique pour le second. Par où on lit une opposition de style et de
pensée philosophique, selon que le privilège est accordé à l’une ou à l’autre des
deux matières. Cette opposition constatée dans l’Antiquité a refait surface au
XVIIe siècle. On en trouve les traces à travers les études effectuées par
Alexandre Koyré, un historien des sciences, qui présente Galilée (L’Essayeur) et
Descartes (Discours de la méthode) comme ceux qui ont bien illustré la thèse du
pan-mathématisme, c’est-à-dire la mise en œuvre des thèses de l’immanentisme
pythagoricien et de la participation platonicienne, débarrassée de leur caractère
mystique.

Mais peut-on véritablement privilégier l’une des deux matières au détriment de


l’autre quand on sait que la logique inspire consistance, cohérence, sécurité et
rigueur à toutes nos réflexions, scientifique ou non ? Les mathématiques elles-
mêmes peuvent-elles se passer de la logique? Non. Les fondateurs de la science
moderne ont eu raison de présenter les mathématiques comme un instrument, un
langage et un mode de pensée pour aborder la nature. L’intelligibilité
mathématique confère à tous les champs de rationalité une crédibilité
22
scientifique et éthique: « Le nombre est incapable de recevoir le mensonge », ou
« le nombre ne ment pas », affirmait Philolaûs. Ce faisant, ces penseurs ont
obtenu un résultat, savoir, fonder la connaissance humaine sur un socle solide
(Théo logico-philosophico-scientifique).

Peut-on entreprendre une pensée scientifique sans aucune dose de la logique ?


Impossible. Concernant la logique, on étudiera non seulement la logique des
concepts, des propositions, mais aussi une logique des mathématiques et une
logique mathématique. On fait toujours appel à la logique considérée comme un
organon (Aristote) indispensable à toute connaissance humaine.

CONCLUSION
On pourra enfin répondre à la question capitale qui inaugure cette discussion,
et qui consolide les rapports entre philosophie et mathématiques, en évoquant
deux auteurs : René Descartes et André Revuz. d’abord, avec Descartes, qui
parle de la liberté, de la fécondité, de la facilité, de la rigueur de l’esprit, de la
nécessité de cohérence, de la simplicité et de la beauté qu’inspirent « la longue
chaines de raisons, toutes simples et faciles » auxquels aucun philosophe ne
resterait plus longtemps indifférent. Secondement, nous laissons au
mathématicien André Revuz de conclure sur ce que représentent les
mathématiques et qui force le regard critique du philosophe: « La mathématique
n’est pas une technique rébarbative, utilisable seulement dans un domaine
limité, c’est un des modes fondamentaux de la pensée humaine et à ce titre, elle
est un élément indispensable de toute culture digne de ce nom. Il s’agit
d’enseigner cette manière de penser sans la mutiler, sans la réduire à son seul
aspect déductif, sans brimer l’imagination….

La simplicité des notions de base mises en lumière par la mathématique


nouvelle, la diversité des situations concrètes dont il est possible de les dégager,

23
leur lien étroit avec la logique dont elles permettent une étude simple, précise et
féconde, en font une matière de choix pour toute la culture digne de ce nom»
(André Revuz, Mathématique moderne, mathématique vivante, Paris, OCDL,
1963, p. 65).

Bibliographie sommaire

 Platon, La République, livre 7


 Galilée, L’Essayeur
 Descartes, Les règles pour la direction de l’esprit, règle 0
 R. Apéry, M. Caveing, and AL, 1982, Penser les mathématiques,
 Rheinberg Hans-Jorg, 2014, Introduction à la philosophie des sciences,
Paris, Editions La Découverte
 Les enjeux mystico-théologico-philosophiques des mathématiques
(Pythagore, Spinoza)
 Les enjeux éducatifs des mathématiques (voir La République, livre
 de Platon, J-J Rousseau, Emile, livre II)
 enjeux pédagogiques et épistémologiques des mathématiques (Galilée :
L’Essayeur / Comte : Cours de philosophie positive, 3e et 4e leçons)
 enjeux instrumentalistes des mathématiques (Galilée, Descartes,
A. Comte (Cours de Philosophie positive, 2e leçon : « Aujourd’hui la
science mathématique est bien moins importante par les
connaissances, très réelles et très précieuses qui la composent que

24
comme constituant l’instrument le plus puissant que l’esprit
humain puisse employer dans la recherche des lois des
phénomènes naturels »)
 enjeux ludiques des mathématiques (Paulus Gerdes)
 enjeux scientifiques des mathématiques (Galilée, Descartes,
Leibniz, Comte : références déjà indiquées)
 enjeux humanistes (Simone Weil, Réflexions sur les causes de la
liberté, Paris, Gallimard, pp. 89-90: mathématiques et liberté/
Hobbes, Le Léviathan, chapitre II / georg Cantor (1845-1918) a
toujours pensé que l’essence des mathématiques réside dans leur
liberté limitée par les exigences de cohérence/ Quant à Charles
Hermite (1822-1901), il soutient plutôt qu’en mathématique, on
est davantage serviteur que maître. Autrement dit, le géomètre
n’a guère de liberté face aux entités que lui fournit l’intuition)
 enjeux éthiques (Philolaûs : « le nombre ne ment pas »)
 enjeux linguistiques (Galilée, Descartes, Hobbes/ Hegel, 1970,
Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, trad. De M.
Gandillac, Paris, Gallimard, pp. 249-250)

Table des matières


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