Seance 4
Seance 4
Seance 4
1) Le nantissement conventionnel
La clientèle étant l’élément principal du fonds de commerce, le
nantissement porte certainement dessus. Les autres éléments sont
facultatifs : ils peuvent être inclus ou pas, mais on ne peut absolument
pas inclure les marchandises dans le nantissement du fonds de
commerce. C’est normal : elles sont destinées à être vendues.
Il faut absolument publier le nantissement, c’est-à-dire que les tiers
doivent être tenus au courant, parce que les conséquences du
nantissement peuvent être importantes pour certains.
En effet, le créancier nanti a un droit de préférence sur les autres
créanciers, c’est-à-dire que sa créance est privilégiée par rapport à celle
des autres créanciers qui n’ont pas de garantie sur le fonds de commerce.
Ils obtiennent gain de cause en premier et en intégralité avant les autres.
Ils ont aussi un droit de suite : c’est-à-dire que si le fonds de commerce
est vendu leur nantissement suit le nouveau propriétaire.
Par ailleurs, et comme nous savons que le droit au bail est important dans
un fonds de commerce, le propriétaire a l’obligation d’avertir le créancier
nanti de la demande de résiliation du bail.
A l’échéance de leur créance, les créanciers nantis peuvent demander la
vente du fonds de commerce aux enchères publiques, mais ils ne peuvent
pas se faire attribuer le fonds lui-même en paiement.
2) Le nantissement judiciaire
Dans ce cas, un créancier qui se sent menacé de ne pas être payé par
son débiteur peut demander en justice le nantissement sur le fonds de
commerce afin de s’offrir une garantie.
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Les conséquences sont les mêmes que celles du nantissement
conventionnel.
1) Protection de l’acheteur
L’article 5 du DL n.11/67 prévoit que les parties au contrat de vente du
fonds de commerce peuvent s’entendre sur les éléments qui font partie
de la vente. A défaut d’accord, sont réputés faire partie obligatoirement
du contrat de vente du fonds de commerce : le nom, l’enseigne, le bail, et
la clientèle.
La question qui se pose à ce niveau est celle de savoir si le vendeur du
fonds de commerce peut exercer la même activité une fois qu’il a vendu
son commerce. La loi libanaise précise que, pour être valable, la clause
de non-concurrence doit être limitée dans le temps et dans l’espace. A
défaut, elle est considérée comme inexistante. En fait, les tribunaux
chercheront surtout à s’assurer qu’il n’y a pas volonté, de la part du
vendeur, de chercher à attirer de nouveau sa clientèle « vendue » dans
son nouveau fonds de commerce, ce qui constituerait une concurrence
déloyale.
En France, on parle d’obligation de non-concurrence qui existe même en
dehors de toute clause, mais bien entendu, elle doit être limitée dans le
temps et dans l’espace.
D’autre part, le propriétaire de l’espace sur lequel est situé le fonds de
commerce a, selon le droit libanais, un droit de préférence sur l’achat du
fonds. Mais s’il ne le fait pas, il ne peut pas s’opposer à la vente du fonds
de commerce, tant que l’activité commerciale n’a pas changé.
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A partir de cette publication, les créanciers disposent de la possibilité de
faire opposition à la vente, afin de préserver leurs droits : ils bloquent ainsi
le paiement, à moins bien sûr qu’il ait déjà été effectué…
Là, d’autres actions sont possibles, peut-être même envers l’acheteur, si
on arrive à démontrer la connivence.